‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 286 sur 1429 · LA DEMOISELLE · texte numérisé non relu

LA DEMOISELLE

Alons le voir, puis qu'il vous plais,! : Se c'est li roys, si le gardons;

Se c'esi antre, si li copons Le chief...

LA ROÏHE.

Ma cousine, bien dil avez...

Elle s'arme d'une lourde épée, el toutes deux regardent, l'amante dil enfin :

Mons a vis cler et plain

Et cilz l'a noir, viel et froncié...

Et ce disant, d'un cœur ému sans doute, mais d'un bras ferme, elle coupe la tète au traître endormi. Le roi accourt enfin auprès de sa belle et l'épouse.

La nouvelle reine commence de tremoier.

Comment cacher son malheur? Elle avait auprès d'elle, dans la nuit tragique qui couvrit de ses ombres la vengeance de son honneur, une sienne cousine, amie dévouée. Elle voudrait maintenant, pour une première fois, se faire remplacer par cette amie dans le lit du roi. Mais le dévouement do l'amie ne peut plus aller jusqu'au silence; dans le lit du roi, elle veut être reine. Un nouveau meurtre enfouit encore un nouveau mystère dans les ténèbres de cette seconde nuit d'hymen, el l'incendie allumé des mains delà reine jalouse engloutit les traces du crime commis.

Les années s'écoulent, l'énergie du criminel faiblit; la reine confesse un jour ses fautes, et son chapelain révèle tout au roi. Celui-ci la condamne au dernier supplice, mais la sainte A'ierge, touchée du repentir de la malheureuse reine, s'interpose et l'arrache au bûcher, pour la rendre aux bonnes grâces du roi de Portugal.

FEMME SAUVÉE DU FEU (La). — Lemiracle de la femme sauvée du feu est tiré du manuscrit de la Bibliothèque impériale, n° 7208, 4. B, folio 39 recto à 50 verso, col. 2. (Ce manuscrit est celui connu sous le nom de Miracles de Notre-Dame, qui date du xiv* siècle.)

MM. Monmerqué et Francisque Michel en ont publié le texte, accompagné d'une version française, dans leur Théâtre français au moyen âge (Paris, 1839 , gr. in-8°, p. 327- 365.)

M. 0. Leroy avait déjà signalé fort inexactement cette pièce dans ses Etudes sur les mystères (Paris, 1837 , in-8°, p. 72) : « Une femme, dit-il, dans un égarement inexplicable, fait assassiner son gendre. A peine a-t-elle commis ce crime, qu'elle va s'en accuser à un bailli ; il la condamne à être brûlée vive. La Vierge la sauve. ■■>

Ï21 FKM

M. l'r. Miche! [Ibid., p. 327) a dit : •« Nous n'avons |)u découvrir dans quel ouvrage antérieur I auteur anonyme du ce miracle a trouvé le sujet qu'il a rais en action ; quoi qu'il en soit, ce draine nous semble intéressant par les détails qu'il contient .sur les mœurs populaires en Fiance, au xiv' siècle.»

Page 1