SCÈNE l
Guillaume, maire, sa fille, gcibouii, sa
femme, aubin, son gendre.
Guillaume. Giiibour, je veux vous faire pari de mes intentions : je vais, sans pins larder, aux champs visiter mes moissons, afin que, au jour de la técolte, je sois sans faute pourvu d'ouvriers, en homme sage. Je sais bien qu'il faut que je fasse scier, et cela ne peut grandement larder.
guibour. Sire, c'est bien cela, en vérité; je ne suis pas pour vous contrarier en rien, ei d'ailleurs, conVaincue que vous dites bien , je suis de vôtre avis.
la fille. Ah! mon cher père, je vous en prie, emmenez-moi avec vous sans difficulté, je prendrai un peu de distraction : il y a longtemps que je ne suis sortie d'ici, et je ne puis avoir meilleure compagnie.
Guillaume. Je le veux bien, ma fille. Venez, puisque cela vous plaît.
la ni.LE. Allons! sire nie voici prête. — Adieu, nia mère.
GUIBOUR. Gardez-vous d'aller dans quelque chemin qui ne soit pas bien sur. — Certes, ta femme éprouve une grande joie d'aller avec son père, Aubin. Mon (ils, je le prie de tout mon cœur de venir avec moi jusqu'à l'église, el de nie tenir compagnie.
Aubin. Si je vous le refusais, je ne me tiendrais pas pour sage. Ma daine, allons! c'est avec joie que je veux faire votre volonté.
cuibour. Marchons; pourvu que je puisse avoir, sans trop de peine, une place près du prédicateur, je serai bien aise, en vérité. Avançons.