SCÈNE V
LE COMPÈRE, GUIBOUR.
le compère. Commère, qu'il plaise à Dieu de vous donner un bon jour!
GUIBOUR. Beau compère, et qu'il vous pardonne vos méfaits, el à moi les miens! Comment se porto ma commère? je pense qu'elle va bien.
le compère. Oui vraiment, Dieu merci ! Et vous, commère?
cuibour. liieii. Je me loue de Dieu, compère, car il nous a fait une bien grande grâce de donner noire fille à un si bon enfant, qu'elle ne pouvait trouver mieux ; c'est mon avis.
le COMPÈRE. Commère, je suis trop mal à mon aise dans un lieu où j'entends diffamer ou blâmer une personne que j'aime; je la défends de lout n.ou pouvoir, el j'avise au moyen de l'informer uour bon honneur.
guibour. Pourquoi tenez vous ce lau^'e? dites, compère.
le compère. Ma commère, je vais vous le dire. L'on répèle par toute cette ville que votre gendre prend tes ébats avec vous comme avec votre fille, quand cela lui plaît, el sans difficulté, cl que tous deux vous ne laites qu'un : ainsi paile-l-on communément, el (l'oa ajotlié) que ce n'est pas pour rien qu'il esl si soigné dans sa mise, car i' niielienl commerce avec la mère el la fille.
guibour. Ilélas! esi-ce qu'il court sur mon compte un ici bruit par la ville? Compère, par la foi que je \011s dois, jamais je ne l'épousai. Je ne sais qui a mis un lel conte en avant, mais il a commis un péché mortel. A Dieu ne plaise que je sois jamais accusée d'un méfait pareil!
le compère. Commère, Dieu aide mou àme! je vous en donne avis de bonne loi. Ne m'en donnez ni louange ni blâme, belle commère.
guibour. Au contraire, je vous en sais bon gré, compère, et vous prie, quand vous l'entendrez répéter de soutenir hardiment que cela n'est p s.
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DICTIONNAIIIE DES MYSTERES.
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i.e compare. Je vous en crois bien, en vérité; maintenant vous vous donnerez de garde. Que Dieu vous conserve! Jusqu'au revoir.
guibour. Compère, puissiez vous avoir un "our rcil'pli de bénédictions! Je vous remercie.