LES MÊMES, VOISINS
premier voisin. Que Dieu soit céans ! Qu'avezvous à crier et à vous lamenter? Est-ce à cause de quelque grand malheur?
GUILLAUME. Oui, vraiment, Robert, doux voisin : Auliiu est mort.
PREMIER voisin Eh ! Dieu miséricordieux ! Vois'n Guillaume, cela me fait de la peine. Par Notre- Dame dePonloise ! j'aurais voulu l'empêcher. Maintenant un mot : A quoi sert un si grand bruit? certes, à rien. Je sais bien qu'il faut que la nature en ce cas paye son tribut" mais ayez douleur plus petite, vous ferez bien.
la FILLE. El comment? Je tiens, Robert, que Dieu m'avait donné le plus courtois, lé plus sage, le plus amoureux, le plus doux et le plus libéral de tous les hommes du pays. Ah ! si mon cœur se serre de chagrin, il n'y a rien d'étonnant.
guibour. Certes, lu dis la vérité. Il n'y avait dans tout le pays ta pareille pour être bien mariée a un homme bon et beau. Maintenant il est mort: que Dieu, dans sa bonté, lui fasse miséricorde !
le premier voisin. Ecoulez : si vous avez quelque chose à me commander, dites-le-moi sans retard : je le ferai.
Guillaume. Robert, alors je vous prierai de me faire venir un coffre. Une autre fois je m'offre à en faire autant pour vous (à faire m'offre pour vous autant).
le premier voisin. Je vais vous le chercher surle-champ, quoi qu'il advienne.