‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 331 sur 1429 · SCÈNE XVIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVIII

LES mêmes.

la fille. Vrai Dieu, qui sans commencement et sans fin êtes en trois personnes une essence , une divinité; vous qui files l'homme à votre image! 0 vous qui le miles dans le paradis terrestre, où il pouvait à son aise vivre toujours en santé sans mourir, mais d'où, par un crime, ilsetit expulser! 0 vous qui , depuis, pour réparer le méfait humain, avez donné votre Fils, lequel, animé par une charité infinie, voulut déguiser sa divinité ici-bas pour nous ouvrir l'entrée des cieux et pour réconcilier l'homme avec Dieu! ah! père de miséricorde , réconfortez la malheureuse affligée qui se plaint et se lamente el qui esl dans une grande confusion et dans une désolation profonde. Très-douce Mère de Dieu, comment pourrait-il se faire que je ne fusse pas dans une très-grande douleur? Je suis condamnée au feu par mon propre père. Celui qui naturellement devrait avoir davantage pitié de moi , m'a prise tellement en haine qu'il me condamne à ê re brûlée, comme si j'étais une misérable homicide. Hélas! n'esl-ie pas une cruauté? Certes , oui , et c'est une chose bien inique d'un chevalier, car je n'ai jamais commis de mal, et ce n'est que

pour fuir un péché évident que je me suis coupe celte main. Très-doux Dieu , j'aime encore mieux l'avoir perdue que d'être connue par mon père et de cohabiter charnellement avec lui; et s'il me faut mourir pour cela, doux Dieu qui êtes la liant , bien que le corps soit mis en cendres , doux Dieu , veuillez défendre mon àmc des dénions.

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