SCÈNE XIX
les mêmes, cochet, le bourreuu.
LE bourreau. Si j'ai lardé à venir ici, sire, ne vous courroucez pas. De qui voulez-vous faire justice ? dites-le-moi.
le deuxième chevalier. Ne te bâte pas; liens-loi coi. Seigneurs, je n'ai ni la v lonlé ni le eoMir de faire périr celle demoiselle. Dût le roi me détruire et brûler mon corps, ses plaintes el ses doux regrets m'ont fait verser des larmes. Ainsi, je veux que, sans la tenir ici davantage, vous la meniez dans ma prison. Je m'arrangerai de manière à lui sauver la vie encore aujourd'hui. Allez.
le premier sergent. Puisque tel est votre plaisir, qu'il n'en soit plus question; je liens que vous parlez comme il faut, par mon àme! — Debout! levezvous, dame, venez -voiis-ch.
la fille. Sire, j'obéirai volontiers à voire volonté.
le deuxième chevalier. Cochet, fais ce que je vais le dire, el lu n'y perdras rien. Allume ici un grand feu, comme si lu brûlais une femme; et si, par hasard, quelqu'un le dit : < De qui fait-on justice ? » ne sois pas embarrassé à répondre. Dis, soit tout haut, soit tout bas, que c'est la tille du roi qu'on brûle pour son méfait.
le bourreau. Sire, puisque vous me le commandez, cela sera fait ainsi que vous le demandez. Allons! je vais choisir mes I ùches el les placer comme il faut, afin que le feu aille el prenne partout.
le deuxième sergent. Sire, la fille du roi est en sauvegarde en votre maison, tout ébahie el plongée dans la tristesse.
le deuxième chevalier. Tandis que le bourreau attise sou feu, vous deux, tenez-vous ici, je vais, si je puis, dissiper son chagrin ; je la ferai échapper par mer, el, autant que je le pourrai, je lui donnera-, de la joie au cœur.