‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 333 sur 1429 · LE ROI, BARONS, CHEVALIERS, SEIGNEURS, RÉMOND, LE SÉNÉCHAL · texte numérisé non relu

LE ROI, BARONS, CHEVALIERS, SEIGNEURS, RÉMOND, LE SÉNÉCHAL

le roi. Seigneurs, qu'est-ce que ce grand feu? Allez, je vous prie , savoir, et sur-le-champ , qui l'on brûle.

le premier chevalier. J'y vais , sire, Dieu me garde! — Sire, je désire savoir pourquoi on a fait ici un si grand feu.

le deuxième chevalier. Le roi m'a commandé, à ton ou à raison , de faire brûler sa fille, et je l'ai fait. Jamais il ne la verra en face.

LE PREMIER CHEVALIER; Ah! quel malheur! que j'en suis trisle et affligé! Je n'ai pas le courage de le dire au roi. Ah! douce el courtoise Jouve, celles, j'éprouve du chagrin de votre mort, el je voudrais pouvoir y remédier. Que Dieu veuille pardonner ce méfail! 11 le fera.

le roi. Approche; dis-moi, loi qui y as été, qu'y a-l-il?

le premier chevalier. Je ne puis en savoir la vérité; mais votre sénéchal y est : mandez-le, il vous dira de point en point ce que c'est.

le roi. Toi qui as ce pourpoint doublé, va proniplemcnt dire à mon sénéchal qu'il vienne sans faille me parler un peu.

REBOND. Par ma foi! j'y vai-, mou très-cher sire.

Fil.

— Sénéchal, ne vous tenez plus ici; mais venez prompienti ni auprès du roi : il vois manda;

le deuxième chevalier. Je m'y rendrai de très-bon cœur, puisque c'est, ami, son commandement. — Sire, je viens à votre ordre : j'y suis tenu.

le noi. Dis-moi la vérité, puisque lu es venu ici : ma fille est-elle brûlée?

le deuxième chevalier. Oui, sire. J'eusse préféré être piisonnier à Tarse plutôt qu'elle subit une pareil'e mort; mais je n'osai vous contredire. Que son àme soit en gloire avec Dieu, noire Seigneur!

le roi. Ali! Mère de Dieu, Vierge pueelle, Salan m'a bien pris dans ses lacs! J'ai trop vilainement agi en faisant mourir celle que j'eusse dû défendre et garantir de mort contre tous, si j'eusse eu en moi de la raison et du sens. Combien ne dois je pas être désolé ? Ab ! je crains que le démon ne m'emporte tout vivant en enfer. Je veux bair celui qui me conseilla de la prendre et qui m'en parla le premier.

le comte. S're, sire, à quoi donc pensez-vous? Voulez-vous toujours nourrir une douleur pareille ? Il faut en prendre voire parti, puisque la chose est 11 réparable. C'est tout dit, en un mot; laissez ce chagrin , montrez-vous homme , et oubliez tout cfla.

le roi. Comte, jamais je n'aurai de joie, et j'ai bien des raisons pour qu'il en soit ainsi : j'ai commis une grande iniquité contre Dieu, et comment obtenir le pardon de mon méfait?

le comte. Sire, ce sera ce que vous pourrez faire de mieux.

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