‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 378 sur 1429 · LE TROISIÈME CENDRE · texte numérisé non relu

LE TROISIÈME CENDRE

LE CHOEUR

le père. Le malheur et le désespoir ont remplacé la j'iie que nous donnait autrefois la fortune. 0 misère '. Hélas! hélas! le plaisir de la vie n'est plus. La beauté, la naissance, la grandeur d'une vie pure, l'éclat des jeunes ans, qu'est-ce, qu'est-ce donc? Ce n'esl rien sans argent. 0 misère! Hélas! hélas! le plaisir de la vie n'esl plus. Après les richesses, que reste-l il? Les larmes et les soupirs.

les jeunes filles, ensemble. Ah! noire père qui pleure ses biens perdus emporte avec lui, nous l'espérons, quelques déhris de sa ruine. 0 misère I Hélas ! bêlas ! le plaisir île la vie n'est plus. Approchons , écoulons; quels peuvent être ses desseins?

le 1ère, se plaignant à ses filles. 0 mes filles, chers témoignages de mon pas^é, uniques biens d'un père ruiné, consolations de nia détresse, donnez moi vos conseils dans ma douleur. 0 malheureux ! Riche autrefois, et maintenant si pauvre, je suis encore vi-

vint, mais quelles nui is anxieuses! cl combien cella pauvreté inaccoutumée est lourde à subir! 0 malheureux! Ce n'esl point tant ma détresse qui m'accable que la votre, et moi, le premier Jevais-jo condamner ces corps charmants à de longs j> unes? 0 malheureux !

la première FiLi.E à son pèie. Cher père, ne pleure plus, les larmes appellent les noires, oui, j'ose parler, et reçois de moi ce conseil, cher père. Ne nous reste- 1 -il pas une ressource dans la boule cl l'opprobre, et notre beauté «te peut-elle, livrée au public, soutenir noire vie, cher père? Moi d'abord, 6 mou père, si tu veux, je me livrerai, par tendresse pour loi, à ce houleux trafic, et ces premiers combats do la pudeur seront soulcniis par celle à qui lu donnas le jour la première, ô cher père.

ici on jelle de l'or à terre.

le père dit gaiement à ses filles : Vile, vite, réjouissez-vous avec moi, mes enfants, le temps de la misère esl passé, et voici, en lingots d'or, de quoi parer à nos besoins. O bonheur!

les filles, debout. Oh! nous olfrons nos actions de grâces cl nos louanges au Dieu unique qui a dans les siècles louange et honneur, force et gloire, cher père !

un gendre ou père. Homme d'une réputation connue, suivant le témoignage public, je viens le demander la fille, pour l'épouser en légitime mariage, si lu me l'accordes.

le père à sa première fille. Parle, ma fille. Veuxtu épouser ce jeune homme bien fait et noble?

la fille à son père. Tontes mes pensées sont conformes aux tiennes, dispose connue il le plaira de la fille, cher père.

le père ait gendre. Eh bien, je m'en remets à la bonne foi, que les liens de la loi et de l'amour vous enchaînent donc.

le père se plaignant de nouveau à ses filles. Venez, filles, chers témoignages, etc.

la seconde fille à son père. Non, cher père, non! n'ajoute pas les douleurs à nos douleurs, el de faute en faille ne nous induis pas à un crime irréparal le, ô cher père. Ne savons-nous pas qu'à quiconque fait le mal est fermée la porte des cieux? O.inon père, prends garde, nous l'en supplions... El de la piopre volonté, ne nous compte pas parmi les maudiis. O cher père! ô mon père, non, lu ne veux pas 1,0113 abaisser à l'éternelle infamie, el nous précipiter de notre pauvreté actuelle dans l'abîme de l'éternelle misère. O cher père.

On jette encore de l'or.

le père dit à ses filles. Vile, vile, réjouissez-vous avec moi, etc.

les filles À feur père. Oh ! nous offrons, etc.

le second cr.NDRE uu père. Iloiiiuic d'une réputation connue, etc.

le père à sa seconde fille. Parle, ma fille, etc.

la fille à son père. Toutes mes pensées, etc.

le père au gendre. Je livre celle enfant à la prudence, que les liens de la loi, elc.

le père, se plaignant de nouveau à sa troisième fille. O ma fille, ôcber témoignage de mon passe, ce n'est point tant ma propre misère qui m'accable que la lienne. Je n'ai donc plus que toi dans ma ruine. O malheureux !

la troisième fille à son père. O mon cher père, aie la patience d'écouler aussi mon conseil, el recueil!es-en la fin en deux mois : Crains Dieu, 0 mon père, et aime-le, ô cher père. Car ceux qui craignent Dieu ne manquent de rien ; ainsi l'indique l'Ecriture, et le Toul-Puissant fournil de tout ceux qui l'aiment, ô cher père. Ne te désespère point de la ruine, et ne suis point des fantômes : vois Job, o mon père, sa misère cl l'abondance qui s'ensuivit, o cher père,

ÔT5

FIL

Suinl Nicolas jetant de l'or pour ta troisième fois, if. père se jette nui pieds du snitil et dit : Arrêté i|\ii que lu sois, o seigneur. Arrête, je l'en prie, el dis-moi i|ui in es, loi qui, m'arracham à la houle, à l'infamie, soulages aussi le poids de ma misère. 0 bonheur!

mcolas au père. On m'appelle Nicolas. Remercie Dieu de ses dons el de ses bienfaits. Ne veux- tu point confesser la générosité et la grandeur de Dieu? D s, mon frère.

le père, te tournant vers sa troisième fille. 0 ma fille, élève 10 voix joyeuse, le temps de la pauvreté .'*.| passé, el \oici, en lingots d'or, de quoi subvenir à nos besoins, ee.

la fille à son père. Oh ! nous offrons, etc.

le troisième gendre nu père. Homme d'une réputation connue, etc.

le pere à sa l'Ile. Parle, ma fille, ele.

LA fille à son père. Toutes mes pensées, etc.

le pere au gendre. Je livre celte enfant à ta prudence, <pie les liens de la loi, ele.

le choeur entier s'écrie. 0 Christi pietas, ele.

FILS DE GETRON (Le). — Le Fils de Gétron est un des dix mystères du xin* siècle «pie contient le manuscrit de Saint-Benoitsu r-Lofre , de la Bibliothèque d'Orléans (cf. article Saint-Benoit sur-Loire [Manuscrit de]).

QUATRIÈME MIRACLE IrE SAINT NICOLAS.

PERSONNAGES

GÊTROif, prince de la cité femmes qui consolent Etid'Excoramle. 'rosine.

eefrosine, femme de Gé- clercs.

IIOII. LESSATELLlTEsdll loi Mur-

u.\ enfant, fils d'Eulio- morin.

sine el de Gétron. en habitant de la \ille

hausiorin, roi des Agarè- d'Excorande.

nés. le chœer.

Pour représenter comment saint Nicolas saura le fils de Gétron des mains de Marmorin, roi des Agarènes, le roi Marmorin, avec ses hommes armés, sera assis sur un siège élevé en forme de trône. On verra ailleurs la cité d'Excorande, capitale de Gétron, et dans la tille, Gétron arec ses amis, sa femme E«frosine et le fils que Dieu leur a donné. A l'orient de la cité, est l'église Saint-Nicolas, où l'enfant sera enlevé. Les satellites du roi Marmorin s'approchent, el soit parlant ensemble, soit par l'organe de l'un d'eux, disent :

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