SCENE I
le second soldat. 0 roi excellent, nous avons exécuté vos ordres; nous avons soumis beaucoup de nations, el parmi les choses que nous avons acquises, voici un enfant que nous vous amenons.
le troisième soldat {ou tous les soldats ensemble). Ce bel enfant, de visage si gracieux, si gentil el âe grande famille, devrait, à noire avis, rester attaché à votre personne.
le roi. Par Apollon, maître universel! louanges el grâces vous soient rendues, pour m'avoir soumis tant de pays el reçu d'eux ces tributs! (A l'enfanl.) Cher enfant, dis-nous ion pays, la famille, el la religion des gens de ton pays. Sont-ils gentils ou chrétiens?
l'enfant. Mon père domine sur les peuples d'Excorande; il se nomme Gétron, el il révère le Seigneur, créateur de l'Océan et de touies les choses, de vous, enfin, comme de moi.
le roi. Mais le dieu Apollon esr le dieu qui m'a créé; c'est un dieu de vérité el de bonté. Il gouverne la terre, il règne sur l'air, nous ne devons croire qu'à lui seul.
l'enfant. Voire dieu est menteur el méchant, imbécile, aveugle, sourd et muet; vous ne devez pas adorer un lel dieu, incapable même de se conduire loin seul.
le roi. Enfant, ne dis pas de telles choses, ne dédaigne pas mon dieu , car, en l'irritant lu ne pourrais jamais sortir d'ici.