‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 404 sur 1429 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

LES MÊMES, PAIL el JEAN.

julien. Je n'ignore pas. Jean cl Paul, que dés le berceau vous fuies attachés au service des empereurs.

jean. Nous le fûmes.

julien. Aussi esl-il convenable qu'auprès de ma personne, vous comptiez parmi les officiers de ce palais, où vous avez éle nourris dès l'enfance.

paul. Nous ne serviroospas.

julien. Est-ce donc moi que vous ne serviriez pas?

jean. C'est dit.

julien. Esi-ce que je ne suis pas pour vous un auguste?

paul. Si, mais trop différent des autres.

julien. En quoi?

jean. En religion et en mérite.

julien Je souhaiterais vous comprendre mieux.

paul. C'est-à-dire que les très-glorieux ellrés-renominés empeicurs Constantin, Cnnsians ci Con- Stanlius, aux ordres de qui nous étions, furent des princes très-chrétiens, et qu'ils se laisaieul gloire d'è:re les esclaves du Christ.

julien. Je le sais; mais je ne veuxpoini les im'ter en cela.

paul. Vous n'im'lez que le mal. Ils fréquentaient les églises, el déposant leur diadème ils adoraient à genoux Jésus-Christ.

julien. Eh! laissez-moi libre sur ce point.

jean. Voici comment vous ne leur ressemblez point.

paul. En honorant le Créateur, ils rehaussaient la dignité impériale; ils la béaiilîaicul par l'éclat de leur vertu el de leur sainteté; ton leur réussissait à souhait, el ils étaient des hommes foi is. ; ji i n n. El moi, donc.

jean. Non pus de même ; car la grâce de Liieu é ail toujours avec eux.

julien. Niaiseries! N'ai-je pas jadis clé assez simple pour suivie de telles pratiques? J'ai élé clerc dans l'Eglise...

jean. Hé! Paul ! il est bon, le clerc!

Paul. Chapelain du diable.

julien. Mais, m'apercevant qu'il n'y avait là rien à gagner, je me soumis au culte des dieux, el leur boulé m'a élevé au faite du pouvoir.

jean. Vous nous avez interrompu pour ne pas entendre l'éloge de-, justes.

julien. Eli! que m'importe?

paul. Rien. Mais nous ajouterons ce qui vous regarde. Ainsi, le monde n'etai.l plus digne deles pos-

nes. J'ajoute que les Actes de Gallicanus et de (S.) Jean el (S.) Paul, qui soûl réunis en une même relation, ont élé cependant coupés dans les Acta lanclorum et séparés par l'intervalle d'un jour dans les cérémonies de l'Eglise. Je pense, en définitive, que lirolsvilha a tiré de celle légende complexe, non pas un drame en deux actes, mais deux pièces qui se suivent à peu près comme dans Shakespeare les diverses parties de. Henri IV. Si mène je n'ai pas fait deGaMcamiscldu Martyre de S. Jean et S. l'nul deux œuvres entièrement distinctes, c'est que ces deux pièces oui un argument qui leur esl commun el qui les lie, jusqu'à un certain point, l'une à l'autre. > (Id.)

(17-2) i Cette r.,illcrie sacrilège de l'empereur Julien esl mot pour mol dans la légende. > (Id )

CAL

DICTIONNAll'.E DES MYSTERES.

CAU

séler, iU oui élé enlevés parmi les anses, cl la malheureuse république est resiée sous voire cominandenicnt.

julien. Et comment mallienreuse a présent?

je*n. A cause de son chef.

paul. Vous avez abandonné lonle piélé, vous avez imilé les superstitions des idolâtres : c'est a cause de cette iniquité que nous nous sommes retirés de voire présence et de la fréquentation des vôtres.

julien. Eli bien! quoique en beaucoup de clioses vous m'ayez largement maltraité, néanmoins je fais grâce à votre audace, et je désire vous élever aux premières dignités de ce palais.

jf.an. N'ayez pointée souci, ni les menaces ni les caresses ne nous vaincront.

julien. Je vous donne un délai de dix jours pour venir enfin à nous, et rcnlrer eu grâce devant notre grandeur; s'il en était autrement! j'agirais pour n'être jamais plus l'objet de vos risées.

paul. Ce que vous avez à faire, faites-le maintenant, car vous ne nous ramènerez jamais ni à vos audiences, ni dans ce palais, ni au culle dés dieux.

julien. Allez, retirez-vous et pesez mes avis.

jean. Si nous ne méprisons pas le délai accordé, c'est que nous donnerons pendant ce temps-là tous nos soins au ciel, cl que nous nous recommanderons a Dieu par le jeune et la prière.

t,\ul. Vraiment oui (175).

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