NOM
arrive a la porte du ciel chargée ne deux besaces, chacune desquelles renferme un l livre : l'un contenant tout le bien qu'il ;i fait dans le monde, et l'autre le mal qu'il y a commis. Elle trouve saint Pierre assis dans une chaire, assisté de saint Michel qui tient les balances de la Justice divine, et de sa Miséricorde. Le Diable vient aussi se présenter comme accusateur.
« D'abord la Justice prend les deux livres qui sont dans les besaces, et les met séparément dans les deux bassins de la balance. Malheureusement Le livre du Mal se trouve plus pesant. L'aine gémit et se désespère : Miséricorde la console, va la présenter au trône de Dieu même , dont voici la décoration : »
(Miséricorde mnyne l'Ame dévote ayant ses patinostres entre ses mains, en la eompaquie des Sainctz. Et est à noter que Paradis sera [nia au cosié des Cieuli, oit sont les Juges, un peu assez loin. El dans ledict Paradis (177) y aura la Trinité, i\'ostre-Dame, et les Sain Is suivant leur ordre (178j e.'c... « qui t'Ame \nicl ses Oraisons.)
« Lorsque l'Ame a fait sn prière à chaque «aint eu par iculier, Miséricorde la mène à la Vierge Marie , qui obtient sa grâce. »
(Adonc Dieu baille à Xostre-Dame grâce de Dieu, en façon d'une Leclre scellée comme ung pardon.)
« Miséricorde fort satisfaite de ses soins, ramène l'Ame à saint Pierre , qui joignant li lettre de grâce au livre des bonnes œuvres, trouve que ce dernier bassin l'emporte sur celui du mal. Il ordonne cependant, qu'avant d'être reçue au paradis, cette âme ira expier le reste de ses péchés en purgatoire. On la conduit dans ce triste lieu , où Raison, Confort, Patience, et Espoir vienne it l'y consoler. Et son bon ange, par un même motif, lui fait parcourir toutes les parties de ce lieu souterrain , et en premier lieu l'enfer, où il lui fait remarquer des damnés de tous états. Les vois suivante comprennent un petit abrégé de cette de meure, et nous présentent en même temps
(177) On voit par ce passage que nos anciens niellaient une différence entre les cieux et le paradis, et qu'ils regardaient ce dernier endroit connue le séjour pari iculier de la majesté devine et des saints.
(I7h) Voici l'or. lie el les noms îles sainls el des saimes, à qui l'Ame dévoie adresse ses prières. Les anges Chérubin, Gabriel, saint Jacques, saint l'util, saim Jehan l'Evangélisle, saiulAiidry, lous les apôtres, saint Jean-Baptiste, saiul Esiiemie, saint Sébastien, saint Laurcnl, à lous martyrs, saini Nicolas, saint Claude, s i i ii l Aiitlioine, saint François, sainte Anne, la Madeleine, sainte Marguerite, sainte Katherine, sainte Barbe, sainte Apolline, sainte Geneviesve, el à louz les sainls ei saintes.
(179) L'âme étant purement spirituelle, ne peut avoir de forme qui tombe sous les sens. Cependant, comme nos anciens pi êtes dramatiques en introduisaient assez communément, on leiirpardonnera aisément de leur avoir attribué un corps capable d'être aperçu des spectateurs. Nous a\ons des exemples fréquents, que les âmes bienheureuses étaient représentées par des personnages couverts d'un grand voile blanc. Ah lieu que celles des réprotivésparaissaieni sons de longues robes noires ou couleur de feu. Cette idée leur parut apparemment la plus convenable, c i ils lie pouvaient ignorer ce que leurs
un morceau de poésie assez difficile, et qui est peut-être le seul endroit passable do tout le poëme.
l'ange
En cesle niontaigne et liault roc
I'endiiz au croc Abbé y a , et Moyne au froc , Empereur, Roy, Duc, Comte el Pape :
Boulciller aveeques son broc,
De joye à poc :
Laboureur aussy 6 son soc.
Cardinal, Evesqne, osa cliappe.
Nul d'eulï jamais delà n'eschappe.
Que ne les happe Lfi Dyable avec un ardent broc Mys ilz sont en obscure trappe
Puis fort les frappe ; Le Dyable qui tous les altrappe,
Avec sa rappe, Au feu les mettant en un bioc.
« Après un détail particulier (179), l'Ango fait passi r l'Ame dévote par le limbe des petits enfants. Elle paraît fort touchée de leurs pleurs. Son conducteur la ramène au purgatoire, où elle n'est pas plutôt entrée, que l'Eglise arrive et apporte de la part des fidèles qui sont sur la terre , Prière et oraison. Par ce moyen l'âme délivrée des tourments, monte droit au séjour des bienheureux. »
HOMME PÉCHEUR (L). — De Beauchamps (Recherches sur Us théâtres de Freinée* Paris, 1733, in-8", 3 vol. t. 1", p. 232) a fait mention de V Homme pécheur, la Bibliothèque du théâtre [rançois, ouvrage attribué au Une, de La Vallière (Dresde, 17G8, in-8", 3 vol., t. I", p. 12) , en donne une analyse trèssuccincte. Nous reproduisons la notice laissée t»ar les frères Parfait dans leur Histoire du théâtre françois (Paris, 15 vol. in-12, I7i5» t. III, p. 88-92):