‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 428 sur 1429 · MORALITE DE L'HOMME PRODUIT PAR SATURE · texte numérisé non relu

MORALITE DE L'HOMME PRODUIT PAR SATURE

Moralité de l' Homme produit par Nature au monde, qui demande le chemin de Paradis, et y va par neuf Journées. — La première est de Nature à Péché. — La seconde, de Péché à Pénitence, passant par Libéral- Arbitre. — La troisième, de Pénitence aux Divins Commandement. — La quatrième, des commandement aux Conseils. — L<i cinquième, des Conseils aux Vertus. — La sixième, des Vertus aux Sept Dons du Saint- Esprit. — La septième, des Dons aux Béatitudes.- -La huitième, des béatitudes aux fruits dudict Saint-Esprit. — La neufviéme , des Fruicts au Jugement et Paradii. — Imprimé a P.ris in-octavo par Simon Voslro.) Les frères Parfait fixèrent la date de cette moralité à l'an li92, s'appu.yant sur ce que Simon Vostre, l'éditeur, vivait à celte époque, et avouèrent n'avoir pu en découvrir un seul exemplaire. {Hist. du Théâtre françois; Paris, 15 vol. in-12, 1743, t. III, p. 92, 93.)

HONORAT (Saint).— De Beauchamps.jfiîccherchetsur les Thiâtret de France, Paris, 1733, in-8", 3 vol., t. I", p. 228), a donné, dans une liste de mystères, où se trouvent de nombreuses indications de légendes, Irès-.lifiiciles à distinguer des drames, la mention d'une Vie de saint Honorât en vers provençaux.

HONORINE (Sainte).— L'abbé rie Lnrue, dans ses Essais historiques sur les bardes, 1rs jongleurs et les trouvères normands et anglo-

ranl à Paris, tenant sa boutique en la Granl Salle du Palais, du coslé de la chapelle de Messeigncins les Présidons, ou sur les grands dégrez par OÙ ou munie audict Palais du cos:é de la Conciergerie, à l'enseigne de Suinci Jehan l'Evangeliste. > La veuve feu Jehan Trepercl , cl Jehan Jeannol, rue Neuve Noslre-Dame, à l'enseigne de l'Escu de Fiance, léinipt huèrent celle moralité en \'6i*X Quoique ces trois différentes éditions ne soient que le même ou- Vi âge, nous sommes obligés d'avertir, que quelquesuns se sont avisés de les prendre pour trois poèmes différents: ce qui est nés-faux. Au re>le, «elle moralité peut contenir environ vingt mille vers. La poésie eu est très-mauvaise.

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normands (Caen, Manuel, 183V, in-8\ 3 vol., 1. Ier, p. lOoj, l'ait mention d'un Miracle de sainte Honorine qui aurait été représenté à Caen, vers 1513.

ffOSTIF (Sainte). — Yoy. STE-HosTiE(La).

HROTSWITHE.— Le monastère de Gan- (ïersheim, ou Gandesheira, comme on disait encore il y a un peu moins d'un siècle, fondé, ou plutôt restauré, en 852, sous les auspices de saint Benoît, par un des arrière-petits neveux de Witikind, le comte Ludolfe, plus tard duc de Sa\e, qui entreprit cette œuvre pieuse à la prière d'Oda, sa femme, princesse de race franque; sécularisj seulement au commencement du xix* siècle, et dont la magnifique égli-e, ainsi que les principi m corps de bâtiments, avec leurs dépendances, subsistent encore, est devenu une des glorieuses merveilles de l'Allemagne, depuis la découverte, vers la fin du xv< siècle, des œuvres de la célèbre Hrolswillie.

La stupeur de Conrad Celles, ou peut-être mieux Meissel, h qui le hasard mit sous la main le précieux manuscrit, fut inexprimable en lisant des vers de la prose latine d'une femme germaine du x' siècle : Incrcdibili dicta i/uanto stupore, etc. Deux choses arrêtèrent Conrad (ou Chunrard) : l'élégance du style et la science de l'écrivain. Deuxmia/ssances se rencontraient, s'admiraient et s'effrayaient de leur exacte ressemblance ; la (1 rnière enviait à sa devancière les inintelligibles arguties de Callimaque, de Paphnuce surtout, et de Sapience.

Le nom de IIrolsicithe a été orthographié fort diversement depuis le xvi' siècle jusqu'à nos jours. Conrad Celtes l'écrivit Hrosvile, Schurztleisch lut Hroswitha, et Martin-Frid. Seidel llosicitha; les Bénédictins dans l'Histoire littéraire an tirent;/{/iof^i-i(/<a, et M. Magnin, en dernier lieu, s'appuyanl sur l'autorité du minuscrit, avec plus de poids pourlantqi]eSchurzfleisehT(ZZrostm"fAae... opéra... Vitemb. Sax., 1717, in-V, Pra?f., p. 2), fait connaître, en Franee, la célèbre saxonne sous la forme germano-latine de Hrotsvitha.

Hrotswithe sortait à peine des ombres du moyen âge, que J.-Chr. Goltsched interpréta son nom sous la gracieuse rubrique île liose-lilanche, et le charme de ces mots a eu assez de fortune, pour parvenir jusqu'à nos temps et partager les lettres, quoique peu après on eut remarqué, avec plus de perspicacité, que Hrotswithe elle-même avait fourni de son nom une interprétation bien différente, confirmée d'une manière irrésist b a par Jacob Grimm.

F.go ci.vjior. validus Gandeslieimensis, Moi, la voix forte de Gandesbeim.

Elevée à l'école de l'ancienne littérature latine, et pourtant panégyriste des Othon», chantre de Gandesbeim, à quel pays Hrostwilhe devait-elle le jour, en quel temps avait-elle vécu?

L'Allemagne la proclama saxonne. Conrad Celtes, et les membres de la Société celtique, Johann. Dalburg, Henric. de Buuau, Ohk.

de Stem, Wilibald Rvrkbamer, lo. Tholoph,

Henr. Groninger, lo. Verncr, Martin Mellerstadt, lo. Stab, Sébastien Sprenz émirent celte opinion. Elle fut défendue ou adoptée, durant les xvr et xm' siècles, et vers le commencement du xvm*, en Allemagne, en Angleterre et en France, par les deux Meibom, sur l'autorité de Henricus Bodo et de Johann Tritheim, par lo. Caspinian, Lilius- Gregorius Gyraldus, Georgius Fabricius , Caspar Bruehius, Antoine Possevin, Gabriel Bucelin, Gérard-Jean Vossius, lîeecler, Casimir Oudin , William Cave et Elias du Pin.

Mais tout en l'admettant comme saxonne, Seidel, Saxius, Wachler la firent sortir d'une famille qui ne remonte pas, à beaucoup près, jusqu'au x' siècle, et la nommèrent Helenua Itossoïc ou Itossew.

lo. Benr. Itœcler et Christian. Kortholt (Historia eccles., Nov. Testant., c. m, sect.x, p. 392), la confondaient avec une abbesse de Gandersheim, qui, sous le même nom, avait gouverné, bien des années avant qu'elle fut née, le monastère où Hrotswithe ne fut jamais que simple religieuse.

Enfin, l'anglais Laurent Humprhey suscita, au delà du Rhin, la plus vive polémique eu tentant d'arracher à l'Allemagne cette gloire nationale. Il affirma qu'elle n'était autre que Hilda Heresvida, dont le nom et la science nous ont été rapportés par Béda, et qui, da race royale, fille du roi Etlnvin, était morte, au vii° siècle, abbesse de Slreanshale, (auj. Witeby, Withbij), après une vie remplie des plus étonnantes vicissitudes qu'attestaient sa présence momentanée à Gandersheim comme religieuse.

Il n'était en elfet, rien moins que certain encore que Hrotsw ithe eûl vécu au x' siècle. Bœcler et Kortholt avaient reculé son tige aux dernières années du siècle précédent, et parmi ceux qui voulaient qu'elle fût morte à la fin du x', nul ne s'accordait sur la date, Du pin fixant cette mort à l'an 973, Onuphrius, Vossius, Gotlfrid Olearius et Oudin en 970, Possevin en 990; le vieux Tritheim lui-même, après avoir, dans ses Annales Hirsautjienses, affirmé qu'elle n'avait pas dépassé l'an 971, s'était contredit dans son Catulogus illustrium virorum, où il avait fait vivre Hrotswithe après l'an 1000. Enfin, Charles du Fresne soutenait que l'illustre écrivain appartenait aux révolutions littéraires du xir siècle, n'élant morte que vers 1120.

Avant son entrée à Gandersheim, Hrolswillie était absolument inconnue; ni sa famille, ni sa naissance, ni sa jeuuesse no sont parvenues jusqu'à nous. Tout ce qu'on sait d'elle, c'est qu'elle était à Gandersheim vers l'âge de vingt-trois ans, et que ce fut probablement vers ce temps qu'elle commença d'étudier. Ses études furent dirigées par une autre religieuse, nommée Bikkarde et par l'abbesse Gerberge 11.

C'est à tort, selon M. Magnin, qu'on a voulu, outre le génie littéraire, lui donner le génie musical; car rien dans les écrits de Hrotswithe, ni dans les biographies an-

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donnes qui subsistent, d'elle , ne justifie l'allégation de Schilling. (Universal lexicon der Tunskunt... Encyclopédie musicale; Slullgaid, I8;ii-I8:i9, 6 vol. in-8\)

Il ;i été publié un portrait d'elle, qui n'a rien d'authentique, par Leucfeld et Schurznéîscb, dans le Forlgcsetzte samtnlung von al. uiiil neuen theolog sachen; Leips., 17:t2. [Diarium theolegicum) ; Wjeland,dans le Der neuc deutschc Merliur (Mercure allemand) , Weimar, avril 1803, 1. I", p. 258, et Frédéric Seidel (Icônes cl Elogia) ont reproduit celle image.

Hrofswîthea laissé huit légendes, six pièces de théâtre, un panégyrique et un poème en vers. Ses légendes sont : l'Histoire de la Nativité de la Vierge Marie, l'Histoire de l'Ascension de Notre-Seigneur Jésus-Christ , la Passion de saint Gandolfe, le Martyre de saint Pelage, à C or doue , la Chute de Théophile, la Conversion d'une esclave, la Passion de saint Denijs et celle de sainte Agnès. Ses pièces de théâtre sont intitulées : Gallican, Dulcitius, Callimaque, Abraham, Paphnuce, et Sapience. On a encore d'elle le Panégyrique des Othons et un chant sur Les origines de Gandesheim. — Casimir Oudin s'est trompé en lui attribuant, en outre, l'Itinéraire et la vie de saint Willihald ou Vfunihald (cf. Surius, décembre), et Schurzlleiseh a relevé ces erreurs.

Un manuscrit principal de ses œuvres est parvenu jusqu'à nous; il est conservé à la bibliothèque de Munich. H n'y a pas h douter que ce ne soit celui dont se servit Conrad Celles, et dont il dit: «En visitant un couvent do Bénédictins, j'y trouvai un très-ancien manuscrit en lettres gothiques, et d'une main de femme. » (Oper.Hrolv. ; Norunberg, 1301, iu-fol.,p.2, verso.) Mais Conrad Celtes avait caché avec soin l'origine du manuscrit. Jean Avenlitl supposa, dans sa Préface du voyage de l'empereur Henri IV, que ce devait être le môme qu'un autre existant de son temps au monastère de Saint-Emmerand, à Ualisbunne, dans la bibliothèque duquel Conrad avait puisé le plus grand nombre de ses texlcs. Plus tard, on signala à Schurzfleisch un aulre manuscrit de Hrotswithe dans l'abbaye de Kiddaghusan. Ce manuscrit ne s'y trouva pas. Un manuscrit plus récent que celui de Munich, et qui, parmi d'autres pièces, contient le poëme sur les Origines de Gandesheim, a été et mis h prolit par M. l'ertz.

I.a première édition des œuvres de Hrotswilhe, format petit in-fol., n'est point paginée. Ou lit au premier feuillet : Opéra Hrotsvile, illustris virginis et monialis, germane, gente saxonica orte, nuper a Conrado Celte inventa, litre qui est suivi de la table des oeuvres de Hrotsvitha. Au dernier feuillet : Impressum Norunbergw sub privilegio sodulilii Celticœ a senatu Rhomani imperii impetralœ. Anno quingentesimo primo supra vdllesimum. Au verso du premier feuillet, on voit une magnifique gravure sur bois, qui n'a point été reproduite encore et qui représi nie Conrad Celtes ou Meisel offrant son

édition des OEurres de Hrotsvitha à Frédéric, duc de Saxe et électeur du Saint-Empire romain. Le second et le troisième feuillet contiennent une préface de Celtes, écrito pour le duc Frédéric. Selon la coutume du xvr siècle, on irouve ensuite diverses pièces do vers adressées au savant auteur, soit par le président de la société celtique, Johann Dalburg, évoque de Worms, soil par d'autres membres de la société ou par des amis. Ces pièces occupent le verso du troisième feuillet et le recto du quatrième. Au verso du quatrième feuillet, une auirc gravure sur bois, très-belle et très-curieuse, qui représente évidemment Hrotsvitha ellemême, oll'ranl, en présence de l'archevêque, lemanuscrit de sesœuvresatiI'apeJeanXIV, avec qui elle aurait eu, suivant quelquesuns de ses biographes, de longues relations. Au cinquième feuillet, commencent les œuvres de Hrotsvitha. M. .Magnin a critiqué, avec raison, Conrad Celtes pour avoir interposé l'ordre du manuscrit de Munich, base de toutes les éditions, et pour avoir donné le Livre des comédies avant le Livre des légendes. Cinq autres gravures sur bois complètent l'édition de 1501, que l'on Irouve folios 10 recto, i-2 verso , 15 verso, 19 recto, 2.1 verso. L'édition entière se compose de 82 feuillets; la bibliothèque de l'Arsen.d, 3067 B, en possède un exemplaire qui a appartenu a de Beauchamps, auteur des Recherches sur les théâtres, dont la signature se trouve au recto du prem e-r feuillet.

La seconde édition existante des œuvres de Hroswitha porle pour litre : Hnoswmi*, illustris virginis natione Germanicœ, gente Saxonica ortœ , in monasterio Gandesheimensi quondum rcligiosœ sacerdotis, ofera, partim soluto, partim vincto sermonis génère ab ea conscripta duobtis abhinc sœculis a Conrado Celle formis primum expressa,nunc denuo, multorum rogatu, ad usum publicum recognila, et ab inficeto scribendi more repurgata, cura et stldio Henkici Leonardi Scuurzfleischii. Accessit ejusdem Prœfatio, cum adjeclo indice. Vitemberg*: Saxoxcm, apid Christian. Scurôdterum, acad. typ.

anno mdccvii. M. Magnin a relevé l'incorrection de celle date, et l'a reportée à 1717. Ce livre est dédié à Henriette-Christine, duchesse de Brunswich et abbesse de Gandesheim ; elle contient lvi-232 pages, plus la dédicace de 8 pages et un index de 2i pages, de formai in-4°. On y trouve successivement une préface de Schurzfleisch, la préface en prose de Conrad Celtes, les pièces de vers des savants amis de Celles, la Vie de Rosxvitha par Henri Meibome l'aîné, et un index grammatical des termes cl des mots latins singuliers employés par Hrotsvitha. Ce travail de Schurtztleisch reproduit, quant au texte, sauf quelques variantes dont on n'a pas la clef, l'édition de Celtes avec une trèsgranile exactitude.

Le Panégyrique des Olhons a été imprimé, en outre, dans le Collect. scr. Germanie. ; Hanoviœ, 1019, et Francofurt., 1621de/i«/. Reuber. ; dans le Hist. Witickind. (inttrpro-

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bniiones; de Henri Meibqme l'aîné dans le Vter. Germanie, t. I", do Henri Meib. le jeune et enfin dans les Mnnum. Germanie. , l. VI, p. 317, <le M. Perlz.

Leuefeld (Antiquit. Gandesheim.), Leibnilz, ( Scr. rer. lirunswicar.) ont publié le poème de Hrotswi he sur son abbaye; AL Perlz (toc. sup. cit.) en adonné une édition nouvelle, collalionnée, comme nous l'avons dit plus haut, sur un manuscrit jusque-là inconnu.

M. G ustaveFrevtag, en Allemagne, dans une Notice sur Hrotswithe (De Hrolswilh poclr., Wratislawiac, 1839, in-8°) a réimprimé la comédie d'Abraham

AI. Magnin, en Franco, a donné» en entier le texte du Ihéàtie de Hrotswithe, revu avec soin sur le manuscrit île .Munich, collationné sur les éditions antérieures, et enrichi d'observations critiques d'une netteté si rigoureuse qu'ellesont élé adoptées généralement comme des conclusions inattaquables. Le texte a été traduit pour la première foi? avec une élégance châtiée et une exactitude qui ne laissent rien à désirer et qui rendent «ennuie impossible tout autre travail de même nature. (Chaules Magnin, membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, Théâtre de Hrotswitha, religieuse allemande du x' siècle; Paris, P.. Duprat, 18i5, in-8° ). Celte édition reproduit presque toutes les gravures sur bois de celle de Celles. Une préface et des notes la complètent, et en font un de ces précieux monuments scientifiques, accessibles a toutes les intelligences et à toutes les éducations, tels que la France seule a le secret d'en élever ù toutes les gloires.

Dix ans avant de donner le théâtre de Hrotswithe, M. Magnin. dans son cours professé à la Faculté des Lettres ( Journal général île l'instruction publique, k décembre 1834.— 6 mars 1830, xvr, xvir et xvin' art. du 1" semestre p. 250, 275, 328) avait, pour ainsi dire, révélé a l'Allemagne « ce rare oiseau de Saxonie. » selon l'expression de IL nri Bodo.

En 1839, un nouvel article du infime savant maintint éveillée l'attention du monde lettré. (Revue des Deux-Mondes, 1839, cahier du 15 novemb. e.

Déjà AI. Magnin formulait ses principales opinions au sujet de ce théâtre si curieux. C'était pour lui la preuve de la perpétuité du théâtre des temps antiques aux temps modernes, dans les siècles môme les moins littéraires du moyen-âge, et (îandersheim reste comme « l'un des plus glorieux berceaux de l'art des Lopc de Vega, des Caldéron et des Corneille. »

Les œuvres de Hrotswithe furent d'abord l'objet d'un doute injurieux.

bain Alaugerard, dans un article publié par le Journal Encyclopédique de 1783 et reproduit par l'Esprit des Journaux français et étrangers (Paris, in-12, avril 1788, p. 257 J, faisant connaître l'édition de Hrotswithe, par Conrad Celte, était obligé de réfuter une opinion d -jà fort répandue qui allri-

DICTIO.NNAiriF. DKS MYSTERES.

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nuait à Conrad Celtes lui-môme les œuvres de Hrotswithe, ou tout au moins son théâtre Depuis lors ses soupçons se sont anéantis.

L'année môme où parut la traduction de AL Magnin, en 18i5, un autre critique (celuilà écrivant pour les femuiPs et les gens du monde, et ne visant que médiocrement au labeur scientifique) examina le théâtre de la célèbre allemande.

AL Philarète Chasles, dans l'article que la Revue des Deux-Mondes publia de lui [Hrosvitha et ses contemporains, 1845, in-8", p. 707) a exprimé quelques-unes deces opinionssingulièresqu il estcurieuxderappeler. Suivant ce littérateur ingénieux, l'église, plutôt que la salle dj chapitre de Gandershciin, aurait été le théâtre des représentations de Hrosvitha; celle-ci a du jouer le rôle principal dans ses drames; cl très-certainement, quoiqu'eu aient dit quelques savants étrangers, entre autres M. Price, éditeur de AVarton, ces pièces de Hrosvitha ont élé destinées à la représentation et représentées eu effet. C'est ce que M. Chasles s'applique à prouver par la réunion d'un grand nombre de fails qui établissent très-positivement, en Allemagne cl au x' siècle, un très-grand mouvement intellectuel inexactement appréciéjusq u'»ci. Mais ce qui donne à cet article de AL Chasles ■il intérêt particulier, c'est la conviction qu'exprime son auteur de pouvoir retrouver sous la prose prétendue de Hrosvitha une forme rhylhmique et des vers rimes, libres, de toute espèce de pieds, dont l'abbesse de (Iandersheim subit la loi, même dans des phrases très-brèves. L'allitération et la rime sont deux éléments européens appartenant aux races barbares et illétrées, et ne se rattachent en rien ni à la civilisation ni à la poésie païennes : d'autant que ce n'est pas là qu'on les Irouve, mais seulement parmi ies plus anciens poètes du Nord. Hroswithe écrivant dans le Nord et pour être entendue des masses, a dû se servir au moins de la rime; et pour en prouver l'usage, le spirituel écrivain reslilue deux ou trois fragmen.s très-courts tirés d'Abraham

Personne n'a répliqué, que nous sachions. Dans la crainte d avoir à taxer do quelque légèreté le jugement de M. Philarète Chasles, on a ga nié un silence bienveillant. Alais, quoiqu'il soit difficile de porter sur une époque et des choses encore si obscures, un arrêt suffisamment motivé, il est à craindre que, dans l'ardeur des nouveautés, le critique n'ait confondu avec un système rhylhmique régulier, l'évidente abondance des assonances, des consonnances et des allitérations qui, au x" siècle, remplissent tous les écrits en prose ou en vers. Les prétendus vers libres de Hroswithe ne seraient donc que l'inévitable retour de ces sons analogues ou iJentiques. Ce qui confirmerait celte opinion, c'est que, nulle autre part, Hrosvitha n'a employé la rime, et que surtout, dans ces légendes, non mo'ins populaires que son théâtre, elle s'est servie non

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