SCÈNE IX
l/EMPEREUtl TRAJAN, SAINT IGNACE, DIEU, SAINT MICHEL, ANGES, CIIEVAL1EHS ROMAINS, SER- GENTS D'ARMES, PEUPLE.
le sergent. Monseigneur , nous vous amenons voire prisonnier.
l'empereur à S. Ignace. Dis-moi pourquoi tu as excilé des rebellions contre moi dans la cilé d'Anlioche ? car lu as tellement perverti les habitants qu'ils sont presque lous convertis au christianisme.
ignace. Oh! put ma volonté plaire à Dieu ! et je vous convertirais vous-même. Vous auriez laissé vos idoles et prié Jésus Christ, de manière à posséder un jour le royaume des délices perpétuelles !
l'empereur. Sornettes que tout cela ! Tais loi, sacrilie à nos dieux ; et en lous lieux lu seras le maitie et le prince de nos prêtres, et lu r. gneras avec moi toute ta vie.
ignace. Empereur, vos promesses n'excitent pas mon envie. Je ne cherche ni des honneurs ni des dignités qui ne sont que néant ; et il faut le dire, faiies de moi selon vos caprices , car vous ne m'amènerez pas au crime des sacriliceseï de l'hommage à vos dieux.
l'empereur. Seigneurs, allons, vile! dépouillez -le ici tout nu en nia présence, et donnez-lui sur les épaules tant de coups de lanières plombées qu'il ait la chair meurtrie et les os rompus, puis déchirezlui les côlés avec des peignes aigus et acérés ; ensuite frottez fort les plaies avec des pierres tranchantes.
deuxième sergent. Monseigneur, j'ai grand désir d'accomplir voire volonté. — Allons , maître dépouillez-vous, mais non pas pour vous coucher.
ignace. Ami, je suis tout joyeux et content de le faire.
premier sergent. Par ma foi ! tu es bien mal avisé de mieux aimer la peine et les tourments que le commandement avec l'empereur. Nous verrons lous la belle figure que lu nous feras. — En avant, Garnaclie! il le faul lier d'abord à ce poteau.
deuxième sergent. C'est vrai. Faisons vile. Liezlui les pieds, Mal-Assis : voici cinq ou six liens ; quant à moi, je lui lierai les bras de manière à ne mériter, je le crois, aucun reproche.
ignace. Mon Dieu, qui vous êtes laissé étendre et clouer sur la croix pour délivrer les vôtres de l'enler, accourez pour affermir mon cœur, et jecourez-inoi dans l'extrémité où je me trouve, en sorte que je ne me sépare pas de vous, mais que je puisse attirer ces mécréants à votre service.
deuxième sergent. Mal-Assis, il n'est pas temps
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