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de musci. 1 .0 voici lié, comme il convient, achevons le reste, ei commençons à le battre sans retard.
premier sergent. Méchant, liens, lu auras ce coup de celle lanière plombée.
deuxième sergent. El celui-ci. Par fia foi due à ton Dieu! Sens-tu si ma lanière pesc? liens, ju-
gCS-PII.
premier sergent. Il n'a pas encore la chair assez bise ni assez rouge, Gainache. Frappe comme moi, si bien que chaque coup fasse lâche.
deuxième sergent. Ainsi l;iis-je, par l'âme de mon père! Regarde; est-ce frappé bien fort? Il n'y a pas, à ma connaissance, de vilain, quelque robuste qu'il fût, qui n'en fui rompu.
l'empereur. Il faut s'y prendre autrement, seigneurs, ou vous ne l'aurez pas. Enfoncez-lui sur-lechamp les peignes de fer dans lescôles, de manière à lui déchirer la chair, tellement que le sang en jaillisse : par ce moyen vous en viendrez sûrement à bout.
premier sergent. Nous le ferons sans alleu lie. — Gamache, prenons nos peignes et grattons-lui-en les râles pour le restaurer.
deuxième sergent. Qu'il en soit ainsi sans retard. Etrille ce côté de là; moi, de l'autie, j'étrillerai aussi fortement ce misérable.
ic.nace. Doux Jésus, lils du Dieu vivant, soyez ma consolation et mon réconfort en celle souffrance amère, Seigneur !
l'entereur. Ignace, Ignace, dis-moi, que gagnes-iu aux tourments de ce martyre? Il vaudrait mieux demander grâce, et crier merci à nos dieux, que de tant souffrir et de laisser ainsi honnir ion corps.
IGNACE. Non, Trajan, je suis si for! el si résolu contre la souffrance, que vous n'aurez pas même une plainte de moi, quels que soient vos supplices. Pour Dieu! ne pensez qu'à vous; croyez-en ce Dieu qui vous a fait, et qui vous défera de même, quand il lui plaira : c est Jésus-Christ, c'esteelui dont l'Ecriture ilil qu'il esl le plus grand des plus grands, le seigneurilesscigneurs, el le roi des rois.
l'empereur. Me parles-tu de pareilles solliscs? Je le montrerai quelle est la folie. — Seigneurs, je veux qu'on le délie sur-le-champ, n'attendez plus; et étendez des charbons ardents, sur lesquels nous le ferons aller nu-pieds; alors nous verrons ce qu'il en pourra eue.
premier sergent. Sire, à l'instant même vous serez obéi : je vais le délier du poteau. — Va nous chercher du l'en, Gamache, sur-le-champ.
deuxième sergent. Compagnon .Mal-Assis, volontiers. Allons j'en v;iis quérir.
tnt.0. Mésanges, sus! Secourez de suite Ignace et que le l'eu, apprêté pour ses pieds nus, ne lui cause ni mal ni frayeur. Dans son martyre pour moi, je ne veux pas l'abandonner, pas lui manquer. Fuites eu sorte, à son premier pas, d'éteindre le leu incontinent.
premier ange. Sire, nous ferons volontiers ce que vous dites : c'esl juste. — Michel, allons sans retard.
Michel. Ce que Dieu veut doil nous plaire; allons, ami !
deuxième sergent. Tiens! voici du feu que j'ai eu beaucoup de peine à allumer ; celui pour qui je l'apporte devrait m'en savoir gré.
premier sergent. Tu dis vrai; d'autant que, sans plaisanter, cela fait bien son affaire, — Sire, voulez-vous qu'on le fa^se aller dessus?
L'EMPEREUR. El quoi donc? Sans plus parler, je veux qu'il y aille loin nu -pieds, de sorte qu'il en ail la piaule cuite el brûlée.
PREMIER ANGE. Ignare, 11e redoute point le feu, va sûrement sans retard : nous sommes venus te garder, nous, anges des deux; el Dieu même nous a envoyés ici pour le défendre.
ignace. Je dois bien lui en rendre grâces. — Empereur, ne savez-vons point que je ne puis faire un
Dictions, des Mystères.
seul pas saiii avnn à nies côtés mon bon Dieu qui ne déçoil personne, qui me garde et me lient en vie. et auquel vous ne .portez que haine et (pie rage? Celles, il n'est pas d'inventions, de tourments , ni sur mon corps d'essais de supplices, que pour mon Dieu je ne soutienne avec la joie dans le coeur, quoi
qu'il arriva;. Non, les douleurs ou la crainte du feu anlenl, de l'eau bouillante ou des bêles sauvages, n'éteindront pas dans mon 1 œur la charité ou l'amour de mon Dieu ; non, je ne ci ai 11 s pas davantage de marcher nu-pieds sur ces charbons ardents : j'y vais à l'instant même. Maintenant, vois si j'y passe et repasse et m'y tient dessus tranquillement. Voilà, disje, des faits qui témoignent pour mon bon Dieu.
l'empereur. Prenez-le vite, et mettez-le, vous deux, en une si rude prison qu'il raballe de son caquet et de son éloquence.
deuxième sergent. Sire, je veux y mettre diligence pour l'amour de vous.
premier sergent. Je ferai de même sans retard. Allons, Ignace, avancez ! Certes, vous avez à subir des moments peu gais.
ignvce. Ami-, je n'ai aucune crainte; car mon Dieu, pour lequel je souffre, esl avec moi; il m'aidera.
deuxième sergent. Je sais bien qu'il le fera, vraiment. Allons, allons! entrez par cette porte; maintenant amusez-vous à votre aise !
premier sergent. Il peut bien dire vraiment qu'il est dans un lieu obscur et noir, cl où il ne peut avoir clarté de nulle part.
deuxième sergent! Mal-Assis, c'est un sot radoteur, il paye cher sa folie. Laissons-le ; allons vers l'empereur. Je ne crains point qu'il s'échappe : la porte el le pêne de la serrure sont trop forts.