DIEU, LA SAINTE VIERGE, L'ANGE GABRIEL, SAINT MICHEL, UN ERMITE
dieu. Jj veux réconforter, sans attendre davantage, celui qui nous aime, vous, ma mère, el moi, de tout son cœur, et qui nous invoque doucement : c'est Ignace qui pour moi souffre un rude lourmenl. Allons! vous tous, suivez-moi où je vais vous mener.
notre-dame. Mon fils et mon Dieu, je suis de tout mon cœur à vos commandements. — Allons, anges! vous chaulerez devant nous deux.
Gabriel. Certainement, nous le ferons la joie dans le cœur. Heine de miséricorde, chacun de nous est d'accord pour faire votre volonté.
dieu. Ecoutez: dirigez votre roule;versceiermitage; et en allant chaulez, suivant l'habitude, de vos voix d'anges, un cantique qui vous soit familier et bien connu.
Michel. Vrai Dieu, tout ce qu'il vous a plu de commander sera fait. — S.ils, Gabriel! chaulons de manière à ne pas mériter de blâme.
Rondeau.
Vrai Dieu, en qui il n'y a point d'amertume, celui qui sert vous cl voire mère mérite la gloire éternelle : aussi chacun «i oïl— î 1 vous aimer el en secret et ouvertement. Vrai Dieu, etc.
Ni sur la terre, ni sur la mer, nul ne perd son temps en vous le consacrant ouvertement. Niai Dieu, en qui, eic.
dieu. Mère, découvrez, sans réplique, à noire ami, ce que je vous ai dil en venant de mes vol.mles.
notrf.-damf.. Je vais le lui dire, sans plus de dél.ii. — Bnii père, écoule ce que lu as à faire : tu vas aller droit à la prison dans laquelle a été mis le saint homme Ignace, qui n'y esl point sans la grâce i!e Dieu; el comme il a été rudement maltraite, réranforte-le doucement ; je t'en charge cl t'en prie. Tiens, voici un onguent dont lu l'oindras quand lu seras auprès de lui. C'est ainsi que lu lui rendras la santé; n'en doule pas. •
l'ermite. Et qui êles-vous, douce amie, qui venez ici en tel équipage? je crois que vous êtes [fille de roi. Je m'émerveille de votre beaulé, car de nus veux je n'en vis jamais de pareille; mais, dame, je iie suis pas moins ébahi que vous m'envoyiez en un pays el une contrée qui me sont étrangers et oit jamais je n'entrai : comment y p'iis-je aller?
dieu. Mon ami, je le le dirai. Ne l'effraye pas d'y aller. Tu vas d'abord nous suivre au pas, ensuite ces jouvenceaux le conduiront, aussitôt qu'ils nous auront laissés. ILs vont porter au prisonnier de ma pari de la nourriture dont il a besoin.
l'ermite. Voire volonté sera laile, sire, du tout au tout aveuglément. Je vois que vous êtes Dieu, notre seigneur, el voici la Vierge Marie. Ah Dieu! quelle noble compagnie m'est arrivée ici '.
notre-d\me. Seigneurs anges, sans retard, remet lez-vous en roule; nous remontons aux deux., mon (ils el moi.
Gabriel. Humble vierge, j'obéis. — Michel, mettons-nous en roule, et ,en allant, chantons d'accord; cela ne doit pas nous être pénible.
Rondeau.
Ni sur la terre, ni sur la mer, nul ne perd son service en vous le consacrant ouvertement. Vrai Dieu, etc.
dieu. Mes anges, allez-vous-en sur-le-champ en la prison où Ignace a élé mis, el donnez-lui de ma put ce pain el ce put de boisson. Dites-lui d'en apaiser sa faim et de ta'avoir toujours dans son cœur; et ne lui manquerai d'aucune manière. Faites; puis mellez-vous en route el conduisez sur-le-cbainp ce prud'homme dans la prison.
Gabriel. Sire , nous accomplirons très-volontiers votre commandement. — Allons, prud'homme ! laites le troisième avec nous.
l'ermite. Certes, volontiers, mon doux ami, puisque cela plail à Dieu.
micuei.. Prud'homme, votre sainteté vous a mérité que Dieu nous envoyât vers vous pour vous conduire au lieu où esl Ignace. Nous y serons bientôt sans mensonge; vous le verrez.
Gabriel. Il dit vrai; el vous trouverez la prison miverie, c'est certain; et nous y entrerons lout droil sans difficulté.
l'ermite. Seigneurs, j'éprouve une grande joie de ce que vous me dites.
Michel. Voici la prison, saint ermite : cnli'ons-v tous.
Gabriel. Je ne dirai pas : « Oit éles-vous, .gnace?» Je vous vois assez. Vous êtes tourmenté de la faim, el le Dieu des cieux l'a bien vu : lui-même a pourvu a vos besoins. Tenez, voici ce qu'il vous envoie. Mangez donc el buvez gaiement, el ayez toujours le même amour pour lui : toujours il vous réconfortera. Nous n'avons rien a vous dire de plus, el nous
nous en allons tous deux; ma, s cet homme va i ester ici, el vous en dira plus long que moi.
icnace. Ah, mon bon Dieu ! je vous rends grâces de la boulé que vous montrez h mon égard en ms repaissant de vos mains si richement.