L'ERMITE, SAINT IGNACE
l'ermite. Sire, entendez : certainement , Dieu vous aime et vous lient pour un loyal serviteur; car In -même il m'est venu chercher à plus de mille liens de dislance, lui el Marie sa mère, qui clait escortée d'anges, ne demandez pas comment ; il m'a donné celle boite d'onguent, el enjoint de vous en oindre de manière à vous procurer guérison cl à fermer toutes vos plaies. Puisque c'csl la volonté de- Itieu, sire, vous devez bien vouloir que je vous guérisse.
ignace. Ami , je suis sa créature : puisqu'i' veut me faire celte grâce, agissez à votre volonté; j'y consens.
l'ermite. Je veux vous oindre par lout le corps, sans plus tarder. Dieu ! comme cel onguent sent bon! Jamais (en vérité, j'ose le dire) je ne senlis ni Heur ni aulre chose aussi délectable.
Ignace. Sire, sa vertu esl encore meilleure que sa douce odeur :j'en suis déjà la preuve, car je n'ai plus ni contusion, ni plaie, ni blessure, el je suis tout à fait en bonne santé.
l'ermite. Que le souverain père des cieux en so:t loué '.
ignace. Que la Vierge-Mère el son lils en soient loués aussi!
l'ermite. Sire, avec votre permission, je puis m'en aller d'ici, puisque vous èles soulagé de tous vos maux.
Ignace. Cher frère el cher ami loyal, je n'ose vous retenir par crainte du mal qui pourrait vous en arriver : c'est ce que je considère. Allez-vous-en à la garde de Dieu ; piiisse-l-il vous donner sa gloire à vitre mon! El pour l'amour de Dieu, souvenez vous de moi en vos prières.
l'ermite. Malheureusement, elles onlpeude valeur; el j'ai plus besoin des vôtres, sire , que vous des miennes. A la volonté de Dieu!