‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 458 sur 1429 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

LE FRÈRE DE l'eMPEREI II.

le frère. Sainte Marie !q«c, va- l-il arriver? Mci

D1CTI0NNA1KE DES MYSTEKES.

IMP

yi-iix ont Innt île fois présenté a mon cœur la rare iieauié île madame l'impératrice que je suis un un homme mort si elle n'a pitié de moi , et si je ne puis avoir son amitié. Son renom, sa bonté, sa simplesse, sa courtoisie, sa douceur, sa largesse, son honnêteté, son maintien, son affabilité, sa franchise, ses manières prévenantes, tous ces trésors qu'elle possède ont tellement épris mon cœur , à force de la regarder, qu'il est enlacé cl pris dans les lilets du désir , qui me serre et m'enveloppe. Je ne sais que faire; car Souvenir s'éteini dans mon cœur. Plaisance accourt. Vouloir m'assaillit. Penser m'a rendu si stupéfait qu'en un mol je reste éperdu de tous mes sens quand Regard conduit et mène mon cœur à sa beauté souveraine! Alors je ne suis pas débarrassé de ma soif, au contraire : plus je suis ivre, plus je suis altéré; et plus je la vois, plus je m'abreuve; en suçant je bois Plaisance, et plus je la bois, plus je me dessèche. Sans relâche Ivresse m'excite, il me faudrait d'autres pensées, et je ne sais comment m* défendre maintenant. Je l'aime. Mais en vérité, ai-jc raison? Nenni , vraiment. Je commets une grande faute , dont je dois me haïr moi-même , en désirant trahir mon frère et lui séduire sa femme. Quel affreux déshonneur! oserai-je me proposer ce but, y mettre et employer mon temps. Le devoir s'y oppose. Il me faut anéantir celte ardeur insensée, ces désirs criminels. Dieu! mon cœur fou cl volage ne vientil pas de dire que je cesserais de l'aimer. Certes, je n'en ferai rien. Puisque ma bonne étoile l'a placée sur mon chemin, Dieu sans doute me l'a donnée; cl je mettrai mes soins à l'aimer. Si l'amour que je ressens pour elle me change la douceur en amertume , que m'importe? Aimer sans peine ne vaut rien; l'on aime d'autant plus la richesse, qu'elle a coulé plus cher; et celui-là a bien employé son travail, qui l'amène à bonne fin. Oh! certes, ma peine me sera récompensée par l'accomplissement de mon désir. Qu'ai-je dil! suis-je fou? La venu est-elle vice? Aile la présomption d'espérer ce que je ne puis atteindre : c'est-à-dire d'espérer pour amie une dame pareille? En vérité, elle ne m'aimera pas; elle préférera la mort à ce déshonneur, il faut donc que je cherche quelque moyen, si je ne veux mourir do mon mal. Ah ! Dame où tontes les qualités sont réunies, votre beauté m'a tellement enflammé d'amour pour vous qu'il faut que ma vie finisse, ou que vous soyez mon remède.

Page 1