‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 495 sur 1429 · SCÈNE XLV1I · texte numérisé non relu

SCÈNE XLV1I

l'impératrice, l'hôtesse, le COMTE.

l'hôtesse. Mon cher seigneur, comment vous va ? et quelle mine?

le comte (malade). Mauvaise, en vérité, mauvaise mine; mon mal empire de jour eu jour. Si tel élait le plaisir de Dieu notre sire, je voudrais mourir.

l'hôtesse. Sire, pour Dieu! ne dites pas cela; ayez espérance, au contraire, car je vous amena une femme passée maîtresse, qui vous guérira de ce mal, je vous le promets, si vous faites ce qu'elle dira.

le comte. Si elle se mêle de me guérir, je lui donnerai, eu vérité, si elle le veut, la moitié de mou comté; qu'elle n'en doute point.

l'impératrice. Sire, je n'en prendrai pas tant : ce que j'en ferai sera pour l'amour de Dieu; et maintenant, voici ce qu'il faut faire.

le comte. Ma bonne amie, dites ce que vous voulez.

l'impératrice. Sire, il vous faut avoir un prêtre à qui vous vous confessiez de cœur. Diles-lui loul, n'oubliez aucun péché; car autrement vous ne feriez rien , si vous en ouietiitz sciemment un seul.

le comte. Dame, ne vous déplaise, un peu avant que vous vinssiez ici, je m'étais déchargé de mon mieux par la confession (que Dieu me donne joie !) de tous le> péchés que je commis jamais, et dont je nie souvenais alors.

l'impératrice. S'il en esl ainsi que vous le dites, je le verrai loul à l'heure : sire, ne vous abusez pas, faites-y bien attention.

le comte. En vérité, je ne sais rien que je n'aie dit.

l'impératrice. C'est bien, attendez un peu : je saurai bientôt s'il en esl ainsi. (Ici elle fuit infuser l'Iieroe.) Tenez, sire; maintenant buvez ceci, et av.dez-le.

l'hôtesse. Sire, certainement tout le mal s'en est allé de votre visage : vous n'avez plus en banl ni en bas aucune pustule ni aucun bouton ; votre chair e.si aussi nette que celle d'un nouveau-né. Par mon àme ! voici une belle cure, noble el éclatante.

le comte. Daine, vous avez, certes, bien mérité de moi une récompense. Allons! demandez, que voulez-vous avoir de moi? Puisque je me vois en bonne santé el guéri, en vérité, vous aurez tout b souhait.

IMP

VA

l'impératrice. Sire, louez Jésus Christel sa douce mère de vous avoir guéri si radicalement de celle amère douleur. Je ne veux p.is d'autre récompense, et il ne sérail pas juste que j'en eusse, car Ceci vient d'eux. Belle hôtesse, allons-nous-en toules deux eu votre logis.

l'hôtesse. Allons, mon amie, je le veux bien. — Sire, nous nous en allons ensemble. Si vous le jugez a propos, faites-lui du bien : C'esl i pauvre étrangère; sur mon àme ! je l'ai hébergée pour l'amour de Dieu, je ne sais combien de jours.

le comte. Je la ferai riche pour toujours, n'en doute/, pas, mon amie: et vous ne vous en trouverez pas mal, je vous le promets. Gardez-vous de la laisser aller, jusqu'à ce que j'aie réfléchi à ce que je puis vous donner à toutes deux selon mes désirs.

l'hôtesse. Monseigneur, certainement , pourvu qu'elle le veuille.

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