LES MEMES, LE PAPE, LEMPEREUR, LE FRERE DE L'EMPEREUR
le deuxième chevalier. Que Dieu veuille fortifier de sa giàce toute la compagnie si noble et si digne que je vois ici rassemblée !
l'impératrice. Que la reine des cieux soil votre amie de près et de loin, messeigueiirs, cl vous secoure dans l'adversité!
le frère. Chère daine, puisque vous avez daigné venir ici pour moi, Manifestez-moi sans délai voire aide, dame !
l'impératrice. Volontiers, mon ami, sur mon
àme! Mais auparavant j'ai à vous dire qn". n vérité personne n'est rélabli parfaitement du mal que vous avez, à moins que Dieu n'y opère par sa grixee ; et nul ne peut avoir la grâce de Dieu tant qu'il esl en étal de péché. Ainsi, ayez donc à vous confesser de tous vos péchés d'un cœur ronlr t cl repentant, Quand vous en aurez fini, je ferai tant, toutefois avec la grâce de Dieu, que tout voire corps reviendra complètement à la sanié.
le frère. Certes, dame, j'y consens, pourvu qre j'aie un prêtre.
LE pape Pénitencier, allez vous mettre là-bas pour l'écouter.
le premier CARDINAL. Volontiers, sire, sans hésiter.— Allons! dites ce qu'il vous plaira, sire; je suis prêt à vous entendre avec boulé.
le frère. Cher sire , je me confesse d'abord à Dieu et à tous les saints et les saintes, dont il y a un grand nombre, et puis à vous, de tous les péchés que je commis jamais en paroles et en actions; et d'abord... Oh! je veux parler plus doucement, afin que nul autre que vous ne m'entende. Bel et doux père, je le ferai très-volontiers.
(Ici il fait semblant rie se confesser , et Cuulre île donner l'absolution.)
le premier cardinal. Dame, veuillez, maintenant qu'il esl confessé et véritablement repentant , lui procurer quelque reco dort.
l'impératrice. Tenez, buvez, mon doux ami; par celte boisson je saurai siir-le champ si vous avez tout dil dans votre confession.
le frère. Hélas! mon mal me tourmente encore plus qu'avant que je fusse à confesse ; ce breuvage ne l'a point fait cesser le moins du monde.
l'impératrice. Messeigneurs, je vous le dis, il n'y a pas à douter que lui-même ne se soit déçu. — Certes, ami, vous avez dans voire confession lu quelque péché, ce qui empêche votre mal de cesser.
le frère. Est-ce pour cela? Amie , que la chose aille comme elle pourra aller. J'aime mieux, pour être bref, pourrir dans celle maladie cl mourir que de dire à nul homme, je vous le promets, une chose que je tiens cachée dans mon sein.
l'impératrice. Et c'est ce qui vous Ole la sanlé. Je vous te dis, vous ne guérirez pas que vous ne l'ayez révélée; n'en doutez point.
le frère. Eh bien! que le mal resle donc, je. mourrai, mais je ne révélerai rien à aucune personne vivante.
l'i.mpérelr. Frère, vous êies lou. Comment aimez-vous mieux mourir ainsi que d'avouer volrc pèche. Ile! pour l'amour de Dieu! ravisez-vous, frère; ôtez-vous de cet étal misérable , déclarez
lolll.
le pape. Mon fils, si vous ne perdiez que le corps, cela pourrait être indifférent ; niais vous perdrez l'aine l'aile à l'image de Dieu. Vraiment , c'est trop. Si elle va à damnation, le corps fera de même certainement tant que Dieu sera Dieu. Mon cher lils, je vous pr e donc de prendre un meilleur parti , et de lout dire sans en rien rabattre: ainsi vous ferez honte au diable, vous réjouirez les anges, et vous vous sauverez par ce moyen.
le frère. Il faut donc que je ne découvre. Soit, je dirai devant vous tous l'éuorinilé de mon crime, et croyez-le, mon Irère, c'est terrible. En jour de l'Ascension, après votre départ pour la Terre-Sainte, étant auprès de votre femme, elle me parut si belle (et vraiment elle l'était) que je commençai de la convoiter. Je ne sus pas m'en défendre , et le diable me lenta tellement de désirs insensés, que, oubliant le soin de votre honneur, je la requis plusieurs fois de commet-ire une action vilaine et honteuse. Elle, en femme de bien et sage, ne s'arrêta point à ni'cconter, et me lit mettre en prison. Je fus bien iraiié, niai-, à votre retour seulement, elle me rendit la
IMI
nïf.TiONN.viur. de* mystebes.