LES MEMES, LE ROI, GRIFFON LE SAVOYARD, SERGENT D'ARMES
amille. Sire roi, Dieu veuille mettre paix en votre royaume!
le ROI. 11 en serai! bien temps désormais, Amille; et puisse ce dessein lui plaire! Peut-être même il veut que cela soit , car maintenant que je liens mon plus grand ennemi, je crains bien peu tous les autres* Or, si j'ai Gombaut, c'est par vous, Amille, et je veux saiis délai vous récompenser de votre action d'éclat, en vous donnant pour épouse Luhias , dont la renommée s'occupe beaucoup : ainsi vous serez comte de Blaye, seigneur Amille.
AMILLE. Monseigneur, je ne veux pas vous dédire; mais, s'il vous plaît, vous pourriez mieux faire, en la donnant a mon compagnon; car par ses hauts faits, qui frappent les yeux, il en est beaucoup plus digne que moi.
LE ROI. Eh bien donc! Amis, avancez. Je vous donne la belle Luhias : elle est comtesse et vierge ; qu'en dites-vous
amis. Ce que j'en dirai, mon doux seigneur! Si cela est agréable a mon compagnon Amille, j'y consens, et je vous en dis mille fois merci.
n ARDRE. C'est Chose convenue...
LE COMTE GRIHAUT, Allons! il l'a u I décider au mieux in quel lieu et comment les noces se feront.
le roi. Je vous dirai mon avis surce point : Amis s'en ira à Blaye; Amille et vous, Hardre, vous l'accompagnerez avec vos gens. Je vous enjoins démettre
de l'activité à terminer la chose, afin que personne îe puisse ni n'ose en dire que du bien.
HARiiRË. Volontiers, sire, puisque tel est votre plaisir. — En avant, seigneurs; sans débats, sonnions à nous mettre en route; etvous, Griffon le Savoyard, allez devant pour nous frayer la route.
le sergent d'armes. Videz de céans promptemcnl; il vous faut partir d'ici, s' vous ne voulez gagner de bons coups de ma masse.