LE ROI, LE COMTE GRIHAUT
le roi. Comte Grimant , il faudrait être tout fait fou pour entreprendre la guerre sans raison. Gombaut m'a fait le plus de mal qu'il a pu; mais enfin , il est à ma merci et je le tiens prisonnier, ce dont je remercie Dieu. Or, qu'en pourrai-je faire?
le comte grimait. Si vous étiez débonnaire envers lui au point de lui pardonner, sire, et de le laisser s en aller à la condition qu'il vous jurerait d'observer une paix stable à votre égard , ce sciait une grande courtoisie. Je ne sais si vous êtes, sue, enclin à ce faire.
le roi. Grimaut, vous me rendez tout ébahi : eh quoi! le laisser s'en aller vivant! On en rirait bien! Non, certes, puisque je le tiens prisonnier, jamais il ne sera relâché : il a trop mal agi , le félon traître !
grimait. Sire , vous avez cause et juste titre (d'être courroucé) contre lui, je n'en fais aucun doute; mais si vous lui faisiez celte grâce, c'en serait une.
le roi. Vraiment! oui-dà! prenez la prune! Qu'il vive tant qu'il pourra, il mourra dans ma prison, quoi qu'on en dise.