‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 541 sur 1429 · MYSTERE DE · texte numérisé non relu

MYSTERE DE

» Les domestiques de Jub se viennent ré-

paraphraser le lexte de la sainte Ecriture, cet ex- Ir.til sera très-court, d'autant plus que les ver., en

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DICÏIO.N.NAIttE DES MYSTERES.

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jouir du bonheur de leur maître. Cependant (iason, l'un d'entre eux, appelle vilain un des bouviers de Job. Le Rustique, fâché qu'on le traite ainsi, dit qu'il veut se faire passer chevalier.

GASON.

Si lu veux bien le contenir, Chevalier seras en peu d'heures.

LE RUSTIQUE

Ce seroit moull graul advciilure.

GASON.

Par Dieu, j'en ai faicl puis n aguie De mes mains plus de quinze mille.

« Que faut-il faire pour cela. répond le « Rustique? — Une bagatelle, réplique Ga- « snn, souffrir seulement quelques coups de « bâton. — Mais, continue le Rustique, qui « saura que je suis chevalier. »

GASON.

Moy-mesme, je leur iray «lire A tous, de maison en maison.

« Essayons donc, » dit Rustique.

CASON.

Or me pardonne donc la mort, El crie fort Chevallerie.

LE RUSTIQUE

Ma mon ! en despil de nia vie, El me veulx-lu faire niouiii ■'!

Nenny, mais je te vuei! ferir Cinq ou six coups, car c'est la guise. (Icy Cuson doit frapper le Rustique, et il duit crier chevalerie.)

LE RUSTIQUE

I!au ! Gason, bail ! il souQisl,

GASON.

Allen ung pou, c'e^l ion prouiEsl, Encore mon amy, endure,

LE ni'STIQl'E.

I>e chevallerie je n'ay cure; Je m'en repeus, j'en suis lassé.

CASON.

Le mal sera lanlosl passe :

Tu ne te doys poini remuer.

(// le bat.)

LE RUSTIQUE

Au meurtre \ lu nie veulx tuer, Je renonce à la gentillesse.

(// chel à terre.)

CASON.

Si lu n'es chevalier passé,

Par mon serment, je n'en puis mais.

LE RUSTIQUE

Pour Dieu, ne m'en parlez jamais:

Au deable la chevalerie,

sont forl mauvais. L'ou\ rage fui composé en 1178. ei fini la veille de Sainle-Calherine, 2i« jour de novembre de la même année, par Guillaume "".(Si nous avions pu déchiffrer son surnom, nous l'aurions

ajouté avec plaisii) Guithm perfieit hum librum

viijilla Santœ Kalherinoi cinno Domini tnill. 1111° ivxvni. Le manuscrit d'où nous lirons celle note. est un in-i" ués mal écrit, qui contient 364 pages à 23 vers chacune. (Bibl. du Roi.) Il a été imprimé depuis, avec quelques légères différences , in l",

Jamais je n'en auray envie, J en dy fy : j'ayineroye trop niieulx De la in<yiié, garder les beufz.

Tu es ung inaislre, par ma loy Jamais n'auray fiance en loy, Car lu le m'avoys conseillé.

CASON.

Tu estois lanl fisveillé

Que l'on ne te pouvoit tenir ?

LE RUSTIQUE

J'ayme mieux vilain devenir,

El manger du lart, et des poix,

Que de mener le genlilloix.

Car pard. ... il m'en souviendra.

Lorsque tel hout de l'an vienra.

Tu m'as si bien amillé mes liosses (183),

Oneques ne fus à telles nopees :

El pour maintenir la cousiume.

Tu m'as si bien cherpy ma plume,

Que souvent me le failli senlir.

CASON.

Si tu l'en cuides repentir.

Par ma l'oy, compains (184), c'est a tari.

LE RUSTIQUE

Tu dis voir, le deable y ayt part A la belle chevalerie, N'en parlons plus, je t'en supplie, El face chascun son meslier.

« Cependant le Seigneur, qui veuléprouver la palience de Job, appelle Satan et lui permet de le tenter.

SATHAN, en sautant de joyr.

De graul joye, je feray ung sault.

« Le malin Esprit va aussitôt inspirer ait roi de Sabbée et aux Chaldéens le dessein de piller les terres appartenant a Job. Le roi de Sabbée, qui adore Jupiter et le dieu Maliom, entreprend avec plaisir la guerre contre Job, serviteur du vrai Dieu : et, suivi de son chambellan et de son maréchal, il passe dans la terre de Us et enlève une partie des troupeaux de ce saint homme. Les Chai— déens arrivent ensuite et dérobent l'autre. On' vient rapporter ces fâcheuses nouvelles h Job, en même que les bergers lui apprennent que le feu du ciel a consumé ses troupeaux de brebis. A peine Job sait-il ces choses, que son messager lui raconte que la maison, où étaient ses enfants, est tombée, et les a lous ensevelis sous ses ruines. Ces ma heurs n'ayant pu ébranler la constance de Job, Satan demande au Seigneur le pouvoir de l'affliger encore. Dieu lui accorde ce qu'il demande, et Job ne ressent pas plutôt les coups de ce démon qu'il se trouve couvert de lèpre.

(Icy sa femme et ses domestiques le portent sur ung fumier.)

« Ses amis viennent le consoler : cepen-

saus date. (Bibl. du Roi.) La dernière édition est un in-16 de 236 pages dont voici le litre i La Patience de Job, selon l'IIysloire de la Bible; connue il perdu lous ses biens par guerre, et par fortune, et la grande pauvreté qu'il eut; et comme tout lui fut rendu par la grâce de Dieu : et est a xlix personnages. Paris, Nicolas Bonfons. 1579. i

(183) Le Rustique est bossu et contrefait.

i ISi! Compagnon.

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