JOS
DICTIONNAIRE DLS MYSTERES.
Joi;
dniit Satan, enrageant do voir ses soins superflus, vient aborder Job, sous la figure d'un pauvre, et lui demande la charité. Job, privé de tous ses biens, lui fait part de ce que sa mauvaise situation lui fournil.
(Ici Job lui donne des vert.)
« Salan va trouver sa femme, à qui il montre les vers que Job lui a donnés, et qui, par son pouvoir, paraissent autant de pièces d'or. La femme de Job, irritée à. celte vue, vomit mille injures contre son mari, et lui reproche que , possédant de l'or en abondance , il la laisse périr de nécessité. Job supporte ce nouvel assaut, et Dieu , touché de ses souffrances et de sa fermeté, ordonne à ses amis de lui fa re de riches présents, qui le rétablissent en son premier état. »
JONAS (Mystère de). — Les registres de l'hôtel de ville d'Abbevillefont mention d'un Mystère de Jonas, joué au xvic siècle dans le cimetière Saint-Jacques, lieu ordinaire des représentations. (Cf. F.-C. Louandre, Hist. d'Abbeville; 1834, in-8", p. 238.)
JOSEPH. — On trouve, dans les Annales de Corbie, la mention suivante :
« 120V. Les plus jeunes frères de Ileresburg firent pieusement la comédie de Joseph voulu et triomphant ; ruais les grands dignitaires de notre ordre en furent mécontents.» (Cf. G. -G. Leibnitz, Scriptor. Brunswic; Hanoverm, in-fol., 3 vol., 1710, t. II, p. 311.) Doni Martin Gkrbkrt (Deeantuet mus.sacr.; Saint-Biaise, 1774, in-V, 2 vol., t. 1", p. 82), indique le Joseph vendu.
JOSEPH (La vendition de). — 11 n'existe de la Vendition de Joseph qu'un exemplaire, appartenant à la Bibliothèque impériale, et une réimpression, fac-similé, tirée aux frais de M. le prince d'EssIing, à quatre-vingt-dix exemplaires seulement, numérotés, dont + sur vélin, 80 sur papier de Hollande (de l'imprimerie de A. Pinard, quai Voltaire, n- 15.) *
Ce drame da'e du xvr siècle.
La Bibliothèque du théâtre français, ouvrage aliribué au duc de LaVallière (Dresde, 17(58, in-8\ 3 vol., t. I". p. 31), en a t'ait mention et en a donné le titre.
Celte pièce contient plus de quaranlequalre mille vers.
Le titre est ainsi conçu ■
MORALITÉ de la vendition de Joseph, fils du patriarche Jacob; comment ses frères, es— mus par envye, s'assemblèrent pour le faire mourir; mais, par le vouloir de Dieu, après l'avoir piteusement oui tr âgé, le dévalèrent en une cisterne, etc., comme plus amplement est escript en la sainete Bible... Et est te dirt Joseph figure de la vendition de nostre saulveur Jhcsucrist...— On les vend à Paris, en la rue Neusve Nostrc-Dame, à l'enseigne Saint -Nicolas.
A la dernière page on lii : Nouvellement imprimée à Paris pour Pierre Sergent, démoulant en la rue Neusve, ele
Le roi Cordelamor se plaint d'avoir perdu le pays égyptien, usurpé par Pharaon ; un
centurion, entendant ces regrets, se l'ait fort de débarrasser son maître de son ennemi, sans qu'il en coûte aucune aventure, et en effet il séduit « le boullangier » du roi. Celui-ci s'engage à empoisonner son seigneur.
Cependant Jacob, entouré rie ses enfants, témoigne à Joseph celle profonde affection, celte « singulière fiance, » dont ses frères sont jaloux
Miséricorde et Justice demandent ?i Dieu l'accomplissement des prophétie.-.; Dieu leur
Joseph le doulx enlre ses Irens Figurera jouxte l'escripi La personne Je Jésus Christ.
L'Envie excite les frères de Jacob; elle dit d'elle-même :
Quand ie ileslye mon cacquet Ma langue va connue ung irai|uet
Sans nul airesl Plustost elle tourne que ung rouel Plus souple (pie n'est ung fouet
Quand il nie plaist.
En effet, Joseph est vendu par ses frères à des marchands « gallatidesel ismaéliles » qi i se rendent en Egypte. C'est là que Puliphar l'achète trente deniers. Aussitôt, éprise de lui, lafemmede Putipharlui déclare ses feux, que Joseph repousse avec horreur. La calomnie l'accuse pourtantdu crime qu'il n'a pas commis : ilva périr, lorsque l'explication d'uu songe lui rend les bonnes grâces de Pharaon. Il est devenu le maîlredc l'Egypte par la haulo faveur du roi ; il recueille les grains de sept années fertiles pour parer aux malheurs de sept années stériles. Le drame, suivant au plus près les saintes Ecritures, conduit en Egypte les enfants de Jacob sesfi ères. Joseph est reconnu, Jacob arrive et s'établit avec les siens auprès de son fils bien-aimé, dont la main prévoyante nourrit les Egyptiens. Après dix-sept "ans, Dieu appesantit ses regards sur son patriarche prédestiné, il le retire du monde; ses enfants l'enterrent pieusement, et Ruben termine ce long drame par ces mois :
Nostre père a vescu sans hlasm Reste prier Dieu au sourplus Que pardon il l'ace a l'aine Daulires biens il ne lny failli pus
Chantant (restons
Te Dettm Laudamiis.
(('.y finist la moralité de In Vendition de Joseph, \fili du patriarche Jacob.)
JOSEPH ;Les Histoires de). — Les registres dos comptes de l'hôtel de ville font mention do la représentation à Abbeville, durant lexvi' siècle, des H istoires\dc Joseph. (Cf. F.-C. Lolandre, Hist. d'Abbeville, 183V, 111-8°, p. 238. ) Peut-Cire s'agit-il d'une Vendition de Joseph. — Voy. ce mot.
JOSSE (Saint). — On ne connaît la Fie de saint Josse que par une mention fort in- ( -crlaiiie de Beauchamps. ( Recherches suites théâtres de France; Paris, 1735, in-8", 3 vol., t. I", p. 228. )
JOVEL D'OR ( Le). — Ce mystère est un de ceux que contient le manuscrit du xv*
ji;i
simule, connu sous le titre do Miracles de Notre-Dame par personnages, n" 7-208 'A et *B de la Bibliothèque impériale. (Deux vol. in-fol. parvo, I" volume, n" x, 1° 101. )
M. Paulin Paris ( Les manuscrits français de la Bibliothèque du roi, t. VI; Paris, Techener, 18V5, iu 8", p. 33V) en a donné l'aperçu suivant :
« D'un cvesque a qui Nostre Dame s'apparut, et lui donna un jouel d'or auquel avoit du kit de ses mam nielles. » Inédit. Ce mystère commence par la conversation d'un évêque avec deux clercs. L'évèque regrette que l'on ne fasse pas à la réunion des spectateurs un petit sermon sur les perfections de la Vierge; un prescheur arrive alors, et impose lie lu dire, il prend pour texte : Plenius e/fusum nomen luum. C'est a cet évêque que la Vierge donne son lait.
JOUR DES MERVEILLES (Le). — La Fête des Fous avait laissé dais le diocèse de Vienne un usage qui semble remonter à la plus haute antiquité, et dont parlent ainsi le sieur de Moléon et l'abbé d'Artigny :
« Le second jour de juin, fêle de sainte Blaudine et de ses compagnons martyrs, ou faisoit (au commencerùenf du xvnr siècle) une grande solennité a Vienne : elle s'appelloit la Fête des Miracles. Ou faisoit do gran les réjouissances dans des bateaux sur le Rhône, Le clergé de l'église de Saint-Sévère, c lui de la cathédrale, les moines, puis les religieux de Sainl-André-le-Haut, alloient tous en procession à l'église d.,- Sainte-B.'andine » ( Diî Moi.éûv, Voyages liturgiques en France ; Paris, 17l8,in-8°, p. 33.)
A Vienne, « le dimanche, dans I octave de l'Ascension, tout le clergé en surplis et en chape se promenait sur le Rhône dans des bateaux ornés de verdures et de fleurs, pour représenter les anciens Chrétiens de Vienne, qui, à pareille époque, cherchèrent avec soin et recueillirent respectueusement les sacrées reliques d'une induite de martyrs, qui furent brûlés et jetés dans le fleuve On trouve l'histoire de ces martyrs dans la lettre des Eglises de Vienne et ue Lyon aux Eglises d'Asie et de Phrygie, qU'Eusèbo nous a conservée La promenade en bateaux a été abolie, et on se contente de faire une procession ce jour-là, qui est toujours nommé la Fête des merveilles, Dies miraculorum. » ( L'abbé d'Artigny, Notice sur la fête des Fous, dans ses Mêm. de lillér., t. IV; et dans Leiiiïh, Collect. des meilleures dissert. ; Paris, 1838. in-8", 20 vol., t. IX, p. 201.)
JUIF VOLÉ ( Le ). — Le Juif volé est tiré du Manuscrit de Sainl-Renoît-sur-Loire, où il forme, sous le titre de Troisième miracle de saint Nicolas, la troisième partie de ce précieux recueil.
Le manuscrit date du Sun* siècle, et rien n'empoche de croire que les drames qu'il nous a conservés sont antérieurs; on a pensé, en effet, qu'ils pouvaient être reportés jusqu'au xii" et même jusqu'au xi* siècle.
DICTIONNAIRE HfcS MYSTERES Jl'l 4SI
Nous avons indiqué à l'article Saint-Benoit-sur-Loire (Manuscrit de ) les différentes éditions des Miracles de saitit Nicolas dont le Juif volé fait partie.
Le monologue du Juif ne nous paraît pas sans quelque vague rapport avec celui d'Harpagon dépouilié de sa cassette; et les curieux do ces sortes de rapprochements pourraient y étudier l'identité de l'esprit humain au travers des temps»