‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 546 sur 1429 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

LE juif. Ah! je suis mort! j'ai tout perdu. Pourquoi ai-je vécu ? 0 ma mère, 6 mon cruel père, pourquoi m'avez -tous donné le jour? Hélas! à quoi me sert d'être né ou de vivre? ô ma mère nature, pourquoi as-ltl conçu h: dessein de mon existence, loi qui pouvais prévoir mes malheurs et mes larmes. Quel crime ai je donc commis pour étie précipité dans une telle ruine? moi si ricliC il y a peu de temps, à qui rien au moins ne manquait, ni l'argent, ni les vêlements précieux, ni l'or, me voici dans la misère, el la pauvreté m'est d'autant plus lourde, que loul va manquer à la fois à mes anciennes habitudes, et que, n'en ayant jamais supporté l'extrémité, elle sera pour moi plus funeste. Vais quoi ? combien ne in'élais-je pas trompé! moi, qui, ce malin encore, adorais le nom de Nicolas! bille me coûte cher, celle confiance vaine dans I opinion des Chrétiens ; j'ai là nue belle preuve; ce Nicolas ne devait-il pas eue un aune moi-même, et loul surveiller suis moi? J'ai bien sujet (l'être dans l'afllicliou cl de pleurer, mais je ne pleurerai pas seul, (un saint ) et crois-le, je ne nie lamenterai pas sans vengeance. Je veux l'assommer honteusement de coups de foiiet ; ce soir je suis faligoé, et je veux le donner le répit d'une nutl, mais si, demain malin, lu n'as pas réparé le mal arrivé par la faule, d'abord je l'accablerai de coups, el après le fouet, tu iras au feu.

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