LAZ
jesus. Espère la vie de ion frère, tu dois et tu peux, croire à sa résurrection. Car, sache-le, quiconque aura foi en moi, ou me cédera, ne mourra pas.
martiie. Oui, c'est ma croyance profonde, mon frère revivra prochainement, dans ce jour où, au bruit du dernier jugement, la chair des nations sera tirée de ses cendres.
Jésus. Je suis votre résurrection, et jamais la désespérance n'entre parmi ceux dont l'esprit est tout entier au service de mon l'ère. Va, appelle de suite Marié, et conduisez-moi aussitôt au tombeau de votre frère. C'est, devant tout le monde, que doit paraitre plus éclatante la vertu supérieure de mon Père.
maiithe approche de sa sœur , et lui dit dans l'oreille: Le maître te demande.
(Marie sort de la maison.)
les juifs. Le sein de Marie est bien agile : l'infortunée va pleurer au tombeau. Il ne faut pas la laisser dans cette désolation qui met ses jours en danger.
(Ils ta suivent; elle les précède et se jette aux pieds du Seigneur.)
maruî. 0 source très-douce de bonté, nos cœurs sont bien tristes à cause de notre frère. En votre absence, la mort a osé pénétrer ici et nous enlever notre frère. Ayez pitié de nous, par grâce ; nous n'avons de secours à attendre (pie de vous seul. Ayez pitié de nous tous; ayez pitié, vous qui avez charge de consolation.
Jésus frémissant et pleurant. Conduisez -moi au tombeau et montrez-moi l'endroit de la sépulture. Je suis touché de votre malheur; vos soupirs, vos ennuis m'ont ému.
un des juifs présents, frappé de surprise. N'est-ce pas celui qui a rendu la lumière à l'aveugle? n'availil donc pas aussi le pouvoir d'écarter la mort loin du malade? Mais lui qui a établi une religion parmi les peuples, comment a-l-il le dessein de ne pas céder aux prières des deux sœurs?
Jésus entrant dans le tombeau. Ecartez de suite celle piètre, ouvrez le cercueil. Vous verrez des miracles, el dans un instant vous glorifierez le nom de Dieu.
marthe. Il y a déjà deux jours qu'il est là , son cercueil exhale l'odeur fétide de la chair pourrie.
Jésus. Ne désespérez pas, vous verrez la gloire de Dieu le Père et la puissance de son Fils.
(Les yeux levés vers le ciel, Jésus prie.)
Jésus. 0 Dieu, dont on m'affirme la Vertu et le Fils éternel et non produit dans le temps, il faut que lu honores Ion Fils, et (pie lu glorilies mon nom. (A Lazare.) Je te dis à voix intelligible: Sors d'icibas el réjouis le cœur de les parents. Sois désormais le désespoir de mes ennemis et le plus sur témoin pour ceux qui doutent.
(Lazare se relève.)
Jésus lises serviteurs : Il s'est levé, olezlui les linges, pour qu'il puisse marcher. D'où vient voire stupeur: Tout est possible à Dieu, et ceci n'en est que la preuve.
le choeur. Te d, nm laudamus, etc.
LAZARE (La Résurrection de) d'Hilaire.
— Le Lazare d'Hilaire, disciple d'Abailard,
esl conservé dans le manuscrit des OEuvres de cet auteur, qui , connu depuis 1616, a passé, en 1837, de la Bibliothèque de Rosny dans le riche dépôt de la Bibliothèque impériale.
Celte pièce appartient à la première moitié du xnc siècle.
M. Champollioii-Figeac l'a éditée, pour la Dictionn. des Mystères.
première fois, en 1838, parmi les œuvres d'Hilaire : Hilarii versus clludi; Paris, Técheuer, 1838, in-8°, do xv-61 pages.
L'éditeur a noté la sing liante précieuse soit des didascalies, soit des farcitures du langage mi-latin, mi-français.
M. O. Leroy, dans ses Epoques de l'hist. de France (Paris , Hachette, 1813, in -8", p. 79], en a cité un fragment. Il est d'avis que ce drame fut représenté et que les rôles de Marthe et de Madeleine furent joués par des femmes.
Nous en donnons une traduction aussi littérale que possible. — Voy. Hilaiue, disciple d'Auailard.
(Il faut pour celte représentation les personnages suivants.)
LAZARE