QUATRE JUIFS
JESUS-CHRIST
DOUZE APÔTRES, OU six OU
moins.
(Lazare étant malade, ses deux sœurs, Marie et Marthe, suivies de quatre Juifs, apparaissent en pleurs; elles se placent auprès de son lit el chantent ainsi : )
marie et Marthe. O sort Irisle, 6 sort dur, que ta colère est lourde! c'est toi qui accables de celte maladie notre frère , notre amour. Notre frère est malade, il nou> inspire de sérieuses inquiétudes. Mais, ô Dieu, aie pitié de nous, toi qui peux guérir.
les juifs, pour les consoler. Très chères sœurs, ne pleurez pas, ce n'est pas ici qu'il ne faut que songer à pleurer , priez plutôt Dieu et demandez la sauté de Lazare.
marie et siarthe auxJui'iS. Frères , allez vers le souverain médecin , allez vite vers l'unique roi; diteslui que noire frère est malade; qu'il vienne el qu'il lui rende ses forces.
les juifs , arrivés auprès de Jésus. C'est vous qui aimez celui qui esl gravement malade; on nous a donné ordre de venir en toute haie auprès de vous. O médecin souverain, visitez notre malade, et pour votre service, rendez-lui santé.
Jésus. Celle maladie de mon frère ne sera pas mortelle pour lui ; mais il faut qu'en lui je vous monlrc manifestement Dieu.
(.1 leur retour, Lazare esl mort , deux des Juifs conduisent Marie auprès du cadavre. Elle chante.)
marie, lai faute antique condamne toute l'huma* ni lé à la mort. O douleur! mon frère est mort maintenant; voilà le motif de mes pleurs! Un aliment défendu nous coûte cette mort , fardeau énorme. O douleur! mon frère esl mort maintenant; voilà le motif de mes pleurs! Quelle misère pour moi el pour ma sœur dans le trépas de noire frère! O douleur! mon frère est mort maintenant, voilà le motif de mes pleins ! O nmn frère , quand ma pensée s'arrête sur loi , combien mon désespoir n'est -il pas juste? o douleur! mon frère est mort mainte ant , voilà le motif de mes pleurs.
les deux juifs, poin la consoler. Cesse de gémir ainsi , suspends les ennuis, réprime les soupirs, ce désespoir extrême, ces cris, ces pleurs, sont vains. Les larmes n'ont jamais rappelé l'àine dans aucun cadavre. Retiens donc ces pleurs tout à fait inutiles pour los morts.
[Survient Marthe
aiec les. deux aulres Juifs; elle cliunte.) martue. 0 niorl exécrable', ô mort détestée! ô mort i|ui fait couler les larmes. Qu'on me laisse! je suis trop malheureuse I Et puisque mon frère est mort , pourquoi lui survivrais-je? t'est ce trépas de mon frère, si terrible, si inattendu, qui m'arrache ces cris. Qu'on me laisse! Je suis trop malheureuse! Et puisque mon frère est mort, pourquoi lui survivrais-je? Au lieu île mon frère, je ne refuse pas la mort ; je ne la crains pas! Qu'on me laisse! Je suis trop malheureuse ! Et puisque mon frère est mort, pourquoi lui survivrais-je? Puisque mou frère est mort, je repousse la vie. Malheur à moi ! Malheur! laissez-moi I Malheur! mon frère nest-ii pas mort?
DICTIONNAIKE DES MYSTERES. LOU Wî
doux, si clément, viens au tombeau, cl réveille mon frère (pic la mort charnelle a ravi si jeune.
jésus. Je le veux bien, ma soeur; c'est tout mon désir d'être conduit au sépulcre pour rappeler à la vie ce détenu de la mort.
(Marie conduit Jésus au sépulcre.)
marie. Seigneur, c'est là que nous l'avons mis, celui pour qui nous t'implorons cl dont nous demandons li vie au nom du Prie.
jé'-us à ceux qui l'entourent. Enlevez la pierre qui recouvre le tombeau et Lazare va ressusciter aux yeux de tout le momie.
les assistants. Il sera impossible de supporter l'odeur féiide de ce cadavre, car il y a au moins quatre jours qu'il est là.
les deux juifs pour lu consoler. Nous l'en prions , tais loi, essuie les pleurs. Cela ne nous est d'aucun prolil de gémir ainsi. Il faudrait, sans doute, pleurer , pleurer sans relâche, si nos larmes rendaient la vie. Mais, loul en le faisant du mal, lu ne réfléchis pas que le mort n'en profite de rien. Pourquoi ne réfléchis-tu pas que loin, cela lui est complètement inutile pour vivre de nouveau?
jésus à ses disciples. H faut que nous rentrions en Judée; j'ai dessein d'y fane quelque ciiose.
les disciples à Jésus. Il n'y a pas longtemps que l'on voulait le lapider en Judée , cl lu veux si tôt y retourner?
jésus. Lazare s'est endormi; il faut que j'aille le voir. Je vais y aller et je le réveillerai.
les disciples. S'il dort, il esl sauvé; le sommeil CSl compagnon de la santé.
jésus. Il n'en esl point ainsi ; Lazare est mort, mais nous le réveillerons au nom du Père.
tuomas , aux disciples. Eh bien partons et mourons avec lui.
(Ensuite Marthe ii Jésus.)
MARTHE. Si vous étiez venu plus tôt.... J'en ai grand ennui.... Je ne pleurerais pas tant... O mon bon (rère,je vous ai perdu Mais ce que vous pouviez quand il vivait encore.... Ah! qroile perte'.... faites le, quoiqu il soit mort... O mou bon jrcre, je tous ai donc per,.u... Demandez au Père sa ijiàce... Ali! quelle affliction!... et le Père se manifestera aussitôt... O mon frère, faut-il que je vous a.e perdu!
jésus. Sèche ces larmes, suspends ce désespoir qui T'accable, ton frère est mort, mais il sera bientôt derechef vivant.
marthe. Je le dis aussi, mon frère ressuscitera cl vivra, mais seulement lors de la résurrection de lous les hommes.
jésus Non , non , ma sœur , ne sois pas ainsi sans espoir. Ne suis-je pas, moi, la vie veriialde? Et quiconque croira en moi , vivra en niui qui suis la vie; et celui qui, dans la vie, aura cru en moi , ne sera pas la proie de la mort. Marthe, crois-tu, comme vérités, lous les mystères de ces paroles?
Marthe. O i.hrisi, Fils de Dieu, je crois que tu es venu dans notre exil pour notre bien seulement.
martue annonçant a Marie l'arrivée de Jésus. Ma sœur bien-aimée, Jésus est ici; calme la douleur , arrête les pleurs, viens l'attendrir par ta prière bien humide, et il rendra la vie à notre frère.
marie o Jésus. Nulle consolation mais apaiser mou désespoi
j ai foi en loi et lu peux loul
ne pouvait jaunis , ô lrils de Dieu , O Tout-Puissant , si
jésus , les yeux levés au ciel et priant. O Père , manifeste ton Verbe, ci je l'en prie, ressuscite Lazare. Fais par là connaître ton Fils au monde, ô Père, eldanscel instant. Je n'ai point adressé vers toi ma prière dans le doute , mais à cause de ces hommes qui m'entourent, afin qu'assurés de ta puissance, ils aient la foi aussitôt. (Au mort.) Lazare, sois du tombeau , respire et vis ; par la grâce el la puissance du Père, sors du tombeau cl jouis de la vie. (Lazare se levant.) 11 vil, défaites tous ces liens et laissez-le s'en aller librement.
Lazare debout nui assistants. Voici ia grandeur de Dieu; vous le voyez, il a fait le ciel et l'océan; et la mort tremble sous son einpbe. (Se tournant vers Jésus.) El toi, 6 Maine, ô Uoi , ô Seigneur! El toi , lu effaces les faines du genre humain. Ta parole s'accomplit à l'instant, et ion règne sera sans fin.
(Si on est à Matines, Lazare entonne : Te Deum
laudamus, et si c'est à Vêpres : Magnificat anima
MEA DuMIISUM.)
LEOCADE (La passion de sainte). — De Beauchairips, dans ses Recherches sur les théâtres; Paris, 1735, in-8% 3 vol., t. I", p. 22(ij, mentionne un Mystère de Notre-Dame, en vers fiançais, avec lequel serait imprimée la Passion de sainte Léocade et de sainte Christine. — Voy. Notue-Dame (Mystère de), Sainte Christine (£« Passion de).
LIBERTÉ DE DECEMBRE (La). — On a appelé la Liberté de décembre, Libcrtas decembrica), le temps de la fêle des Calendes ou de celle des Fous. — Voy. Fête des Fous.
LOTTS(Le»). — Les lotts, comme les couards, les sols, les scia/fards, sont l'un des noms qu'ont reçus au moyen âge les sectaleurs de la fêle des Fous. — Voy. Fête des Fols.
LOUIS (Saint). — La Bibliothèque impériale (n° 2191, gr. in-fol. vélin, de 352 pages) possède le manuscrit du Mystère de Saint- Louis par Pierre Gringore ou Gringoire, auteur du commencement du xvt* siècle.
Le premier el les derniers feuille's manquent malheureusement au manuscrit, et nous n'avons que le texte incomplet de ce drame.
Ce mystère est intitulé :
Cy comance la vie monseigneur saint Loys,
roy de France, par personnaiges, composée
par Pierre Gringoire, à la rcquesle des
i.iatstrcs et gouverneurs de la dicte con-