MAD
UN AUTRE
El l'abuses-tu donc? Pour rien je ne voudrais Compter autaul de coups comme il faut que j'en
[donne.
UN AUTRE
Il ne plaint ni ne deult.
UN AUTRE
C'est de quoi je m'estonue.
On diroil à le voir qu'il ne sent point les coups.
UN AUTRE
Si est-il bien frotté et dessus et dessous
LE ROT
Ouvrez-lui l'estomac, car je veux qu'on lui voye Le poumon, intestins et les lobes du foye'; Et puis que chacun prenne à sa main un couteau Du col jusques aux pied- pour lui ôter la peau. >
(Ils le font en la manière prédite.)
MACLOU (Saint) — En 1408, l'évêque de Langres accordait au doyen, au chapitre, aux chanoines et à tous les clercs de l'église de Saint-Maclou, de Bar-sur-Aube, la permission do représenter la Vie de leur patron. La charte qui contient ce privilège a été publiée en latin par M. Vallet de Vinville, dans les Archives historiques de l'Aube; Paris, 1841, in-8°,p.l30, etdans la Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, t. III, Notice d'un mystère, p 450, note 4; l'original existe dans les archives du déparlement de l'Aube, liasse 116, B; nous en extrayons les passages importants :
« A l'honneur, la gloire et l'éclat du trèssaint et très-grand confesseur et évoque Maclou, votre patron, dans les première et seconde octaves de la fêle de la Sainte- Trinité, ou auparavant, si cela est plus commode, vous et quelques-uns des bourgeois de la ville d3 Bar. sur queloue place convenable dans la ville ou en dehors, en présence du clergé et du peunle, à haute et intelligible voix, en langue latine ou française, vous pourrez, avec grand respect, aidés d'autant de gens qu'il faudra, et sous les costumes nécessaires, réciter et représenter la vie et les miracles de l'illustre confesseur, après avoir dit la messe sur un autel élevé au lieu même de la représentation Langres, 1" mai 1408 »
Oi. ne retrouve plus le Mystère de saint Maclou, qui très-probablement n'a pas élô imprimé,
MADELEINE (Sainte). — Dans les premières années du mariage de Louis XII et d'Anne de Bretagne, et après la conquête du Milanais, vers 1499 et 1500, furent joués à Lyon la T't'e de sainte Madeleine, la Vie de saint Nicolas de Talent in, et le Mystère du Vieil Testament. « Les confrères de la Passion, qui éloienl les acteurs et les poètes dramatiques de ce temps là, jouèrent, en sa présence (d'Anne de Bretagne), la Vie de sainte Magdelaine, qui fut applaudie de la cour et de la ville. On voit encore dans les archives de l'hôtel de ville un acte consulaire qui ordonne à Clément Trie de prêter aux acteurs, pour orner leur théâtre, les pièces de décoration qui avoient servi aux entrées solennelles du roi et de la Reine...» ( Le U. P. de Colosu , Hist. lilt. de la ville
yon, 1730, in-4% 2 vol., t. il, p.
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de Lyon; 428.)
MADELEINE (La Vie de Maiue-). — « Ce mystère est à peu près de l'an 1500.
La Vie de Marie- Magdeleine, contenant plusieurs beanx miracles, comment elle, son frère, le Lazare et Marthe, sa sœur, vindrent Marseille, et comme elle convertit le duc et la duchesse; à vingt-deux personnages. Lyon, Pierre de lu liage, 1605, in-12.
« Marie-Madeleine, Marthe et Lazare vendent tous leurs biens et en distribuent le prix aux pauvres. Le. prévôt de Jérusalem, pour les punir de prêcher la doctrine de Jésus-Christ et de publier qu'il est ressuscité, les fait embarquer sur un vaisseau sans mais et sans avirons, et les livre a la fureur des flots. Ils essuient une tempête et arrivent auprès de Marseille. Ils vont se mettre à l'abri sous le vestibule du temple. Le duc et la duchesse de Marseille ordonnent un sacrifice aux faux dieux, et vont offrir des victimes au temple. Madeleine leur reproche leur idolâtrie; choqués de celte hardiesse, ils veulent l'en punir : elle, sa sœur et son frère. Ils ordonnent qu'on les rembarque le lendemain sur le même vaisseau, sans vivres et sans aucuns secours. Rentrés dans leur palais, le duc et la duchesse se sentent pressés de sommeil; ils se couchent ensemble. Madeleine leur apparaît en songe. Ils se réveillent el l'envoient chercher, tille les prêche, et leur prédit que la duchesse, qui jusqu'alors avoit été stérile, seroit bientôt enceinte. En etfet, la duchesse se sent grosse, et en avertit son mari. Ils bénissent l'un et l'autre Madeleine, et promettent de faire un pèlerinage a Rome. Ils laissent Marseille sous la protection ds la sainte et s'embarquent. La duchesse accouche et meurt. On porte sou corps sur un rocher, et on laisse l'enfant entre ses bras, parce qu'on ne peut le nourrir. Le duc est reçu à Rome par le Pape, qui le conduit en pèlerinage h Jérusalem. Le duc, après avoir resté deux ans a son voyage, revient à Marseille. En passant auprès du rocher sur lequel il a laissé sa femme, il veut la voir. On lâche de le détourner de ce dessein; il persiste, et on le met à terre En approchant, il voit remuer son enfant, et trouvo sa femme en vie. La duchesse lui apprend que c'est Madeleine qui l'a ressuscilée, et qu'elle l'a conduite en esprit à Rome et à la terre sainte. Ils rentrent ensemble dans le vaisseau el débarquent à Marseille, ils se jettent en arrivant aux pieds de Madeleine, et embrassent le christianisme. » (Bibliothèqne du théâtre français, ouvrage attribué au duc de La Vallière; Dresde, 1708, iti-8", 3 vol., t. Ier, p. 19.)
MARGUERITE { Sainte ). — Duverdier
( Bibliothèque française, p. 891) cite un Mystère de sainte Marguerite :
La Vie de sainte Marguerite, vierge et martyre, fille de Théodosius, a quarante quatre personnages. Imprimée à Paris , par Alain Lobriun, in-octavo.
Les frères Parfait (Hisl. du théâlr. fr.. Paris, 15 vol., in-12, 1735, t. II, p. 561) ont répété la m. te de Duverdier et datent cette pièce perdue de l'an 1518.
De Beauchamps, dans ses Recherches sur les théâtres (Paris, 1735, in-8\ 3 vol., t. I", p 224), en fait aussi mention.
M ARGUERITE DE NAVARRE.— Lesfrèrcs Parfait, dans leur Histoire du théâtre françois( Paris, 15 vol., in-12, 1735, t. 11, p. 270), ont donné sur Marguerite de Navarre les notes suivantes :
« Marguerite de Valois (187), sœur de François, premier du nom, roi de France, naquit à Angoulême, le 11 avril 1492, de Charles d'Orléans et de Louise de Savoie. Elle fut élevée à la cour de Louis XII, et elle épousa, le 9 octobre 1509, Charles, dernier duc d'Alençon, que Françoi - 1" lit reconnaître pour premier prince du sang. Le duc d'Alençon mourut à Lyon en 1525, du déplaisir de la prise de François I". Marguerite, quoique extrêmement touchée de ceile mort, se rendit a Madrid, auprès du roi son frère, et sollicita vivement pour sa liberté. François I", de retour en France, maria Marguerite avec Henri d'Albret, roi de Navarre; ce mariage se lit en 1527. Cette princesse avait beaucoup de connaissance des belles-lettres, et elle composait assez bien pour son temps, en vers et en prose. Elle estimait les savanls et se plaisait à leur faire du bien. Brantôme, pag. 308 et 309 de ses Dames illustres, dit « que la reine de
Navarre composoit souvent des comédies
et des moralités, qu'on appelait en ce
temps-là des pastorales, quelle faisoit
jouer et reorésenler par les tilles de sa
cour. »
« Florimond de Rémond (Histoire de l'hérésie, livre vin, chap. 3, p. 849) dit « que « le docteur Roussel mit celle princesse « dans le goût de lire la Biide, et qu'elle s'y « attacha avec tant de plaisir, qu'elle com- « posa une traduction tragi-comique de « presque tout le Non veau Testament, qu'ello « faisait représenter en la salle, devant le « roi son mari , ayant recouvert pour cet « ellel des meilleurs comédiens qu'elle put « trouver (188). »
« Marguerite de, Valois mourut au château d'Odos, en Bigorre, le 2 décembre 154-9, et fut inhumée à Pau. CharlesdeSainle-Marlhe, lieutenant criminel d'Alençon et maître des requêtes de l'hôtel de cette reine, composa
(187) Nous no prétendons point donner ici la vie do la reine de Navarre, mais seulement rapporter quelques faits, qui forment une espèce de liaison à noire dessein, qui est de parler de ses p'eces de théâtre.
(188) Florimond de Rémond dit que t'étaient des
comédiens italiens : mais quelle apparence y a-t-il que la reine île Navarre envoyai chercher des étrangers pour jouer des pièces françaises, pendant qu il y avait en France plnsicurs troupes de toméuiens, qui couraient le royaume.
MAR
DICTIONNAIRE DLS MYSTERES.
MAR
sou oraison funèbre, qu'il publia en lalin et en français. Scévole de Sainte-Marthe a placé son él>>ge entre ceux des hommes de lettres français. Ronsard, Dorât, Nicolas Denisot, Brantôme, Lacroix du Maine, Duver lier, etc., font mention de cette reine. Il reste même un volume d'épitaphes qu'on fit pour elle. Anne, Marguerite et Jeanne de Seiinour, Anglaises, composèrent pour elle plus de cent distiques latins, que Du Bellay, Dorât et Bail', et autres poètes célèbres, mirent en notre langue.
« Voici les titres des pièces dramatiques que Marguerite de Valois composa (189) : Comédie de la Nativité. — Comédie de l'Adoration des trois Rois. — Comédie des Innocents.— Comédie du Déierl. — Comédie des deux Filles, deux Mariées, la Vieille, le Vieillard et les quatre hommes. — Farce de Trop, Prou, Peu, Moins. »
M. O. Leroy, dans ses Epoques de l'hist. de France; Paris, 1843, in-8% p. 389, a rappelé les mystères de la spirituelle et belle Marguerite de A'alois, mais il les déclare si ennuyeux qu'il n'en peut rien citer, quoique joués au château de Béarn, selon l'autorité de Brantôme. Ces mystères ont été imprimas en 1544.
MARTIAL DE LIMOGES (Manuscrit de Saint-). — Eu 174-1, le savant abbé Lebeuf, examinant Vétat des sciences en France depuis Robert le Fort, lit connaître l'existence d'un manuscrit de l'abbaye de Saint-Martial de Limoges, dans lequel il signalait un drame de la Nativité (Dissertations sur l'Hist. ecciés. et civile de Paris, 1741, in-8°, t. II, p. 65). Les Bénédictins crurent devoir, sur cette autorité, reculer jusqu'au xi* siècle les origines du théâtre, quoiqu'ils fussent d'avis que les drames du Manuscrit de Saint- Martial n'avaient pas été représentés. {Discours sur l'état des lettres en France au xi* sièvle, dans VHist. liltér. de la France ; Paris, 1746, in-4% t. VU, p. 127.)
Le xviii* siècle n'y attacha pas autrement d'importance.
Par suite de la Révolution, le manuscrit ayant passé de l'abbaye de Saint-Martial de Limoges dans le riche trésor de la Bibliothèque impériale, il y resta assez longtemps ignoré. De Roquefoi t-Flaméricourt {De l'état de la poésie fr. dans les xn* et xm* siècles ; Paris, 1815, in-8% p. 258), s'en tenait, au commencement du xix* siècle, au jugement incomplet de l'abbé Lebeuf; et dans le XVI* volume de l'Histoire littéraire de la France, continuée par l'Institut (Paris, 182V, in-8°), M. Amaury-Duval n'appréciait pas autrement que les Bénédictins les fragments du Manuscrit de Suint-Martial.
Enlin Raynouard publia le texte. {Choix de poésies originales des troubadours, t. II, p. 139.) M. Fr. Miche] eu donna une réédition pour la Société des bibliophiles français. M. Thomas Wright, on Angleterre,
(189) Os pièces ite iliéàire sont comprises dans le Recueil des œuvres de la reine de Navarre, imprimée» en 1547, sous le litre de Marguerites de la
reproduisit ces deux éditions. {Early Mysteries, Anciens mystères et poëmes latins des xn' et xin* siècles, publiés sur les manuscrits originaux ; Londres, Nichol, 1838, in-8% de xxvm-135 pa.-ies.) Enfin on retrouve encore ce texte, accompagné de la traduction de Raynouard, dans le Théâtre français au moyen âge, publié par MM. Monmerqué et Fr. Michel (1 vol. gr. in-8"; Paris, 1839).
Jusque-là les fragments, parfaitement distincts pourtant du manuscrit original, étaient restés confondus. Ce fut M. Magnin, qui, avec l'extrême sûreté de vue dont il a tant de fois fait preuve dans ses écrits sur le théâtre, mit en lumière trois morceaux, entièrement divers, que rien ne rattache les uns aux autres, et que avant lui personne n'avait remarqué :
1° Un court fragment de YOffice du Sépulcre (ce qu'on a appelé un peu après le Mystère de ta Résurrection), dans lequel figurent les saintes femmes.
2° Le Mystère de l'Arrivée de l'Epoux ou des Vierges sages et des Vierges folles, dans lequel, a cause de la vulgarité de certains détails, la langue romane est introduite.
3* Enfin, un Office du Mystère de la Nativité. (Cf. les Comptes rendus du cours professé à la Faculté des lettres, quelque inexacts qu'ils soient, dans le Journal général de l'Instruction publique, 1835. 12 juillet, p. 370, et 20 juillet, p. 395; et surtout le Journal des Savants, cahier de janvier 1846.)
MM. Jubinal, Francisque Michel , Monmerqué, Morice, O. Leroj, reproduisirent ces observations.
Le Manuscrit de Saint-Martial fut d'abord attribué au commencement du xn' siècle par l'abbé Lebeuf, qui le data de 1131a 1161. Les Bénédictins en reculèrent l'âge jusqu'au xic siècle, et M. Raynouard le reporta, en s'appuyant sur des preuves philologiques, à la première moitié du xi' siècle. Il en résulte qu'il est à peu près certain que les drames du Manuscrit de Saint-Martial sont des restes, plus précieux encore en raison de leur haute antiquité, non pas môme du commencement du xr siècle, mais bien du x'; Raynouard n'était pas éloigné de les faire remonter jusque-là, et M. Magnin les a fixés définitivement à cette époque.
Très-certainement l'abbé Lebeuf croyait que la pièce du Manuscrit de Saint-Martial avait été représentée. Les Bénédictins formulèrentune opinion contraire. M. Magnin, s'appuyant sur l'existence d'une rubrique du mystère des Vierges, qui indiquait un jeu de scène, et que R;iynouard avait laissée confondue dans le dialogue, fut d'avis que ces drames avaient dû être, non pas seulement récités, mais représentés dans l'église. — Voy. Vierges sages (les).
Enfin, c'est au même érudit qu'est due la publication du fragment de mystère des
Marguerite des princesses, tres-illustre rogne de Na~ varie.