MIC
MO
El louic désolation
Or suis venu en la maison
Où me faull tant souffrir de maulx
Par la puissance aux infernaulx
Père Abraham je vous reipiier
Que vous me vueillez envoyer
Le povre ladre que tenez...
Hélas 1 funeste spéculation! Comment ai -je passé ma v:e, sans jamais faire de rliarilé, sans jamais avoir souci du bien. Je n'eus pour les pauvres qu'injure et souffrance. Aussi suis-je en ces liens où s'exercent les horreurs de toutes les tortures par la puissance des infernaux. 0 père Abraham, je vous conjure de n'envoyer ce pauvre ladre que vous tenez...
Abraham refuse au mauvais riche la goutte d'eau qu'il demande, au nern de la justice éternelle, au nom de
Je ne sçay mny que ce peull estre Je croy que Dieu y fait vertus.
Je ne sais ce que cela signifie, et jecroisrijueDieu y met de sa puissance.
LE BICHE
Par Dieu, tu es bien maloslrns Qui cuides que Dieu s'embesongne..
. . . De si ville créature.
Si seroit pour luy gr.int laidure...
Par Dieu, lu es bien malavisé de croire que Dieu s'occupe... de si viles créatures... Ce serait uour lui une belle occupation...
Trotemenu est renvoyé. Il chasse doucement le ladre, qui, désespéré, invoque le Seigneur et lui demande la grâce de mourir. Dieu le Père est ému, il a « et compassion et pilié du poure Lazare, » i! se résout à le rappeler dans le sein d'Abraham, et envoie Raphaël chercher l'âme du l'infortuné qui expire.
L'enfer essayed'enlever a Raphaël l'âme de Lazare, mais en vain : Satan, Rahouart y échouent, et Lucifer furieux les accable de sa colère.
Le ladre est arrivé enfin dansle ciel joyeux de son arrivée.
Cependant le mauvais riche est mort ; Satan et Rahouart, émissaires de Lucifer, qui le guettaient, l'un aux pieds, l'autre au chevet de son lit, ont saisi son âme, et l'ont plongée
. . . En la chaudière Où il n'a clerlé ne lumière.
Le tourmenté se plaint, supplie :
LE lUCBE
Hélas! i'ay fait mauvais exploit Quant j'ay ainsi mon temps usé Sans faire nulle charité Oncque de bien laire neuz cure Aux povres gens mais tome injure
Cil qui tout sçait et par tout voit Qui vil et règne et régnera lu tœcutorum sacula. Amen.
IIPLICIT.
MEMBRES ET L'ESTOMAC (Les).— Les membres et l'estomac soin contenus dans le manuscrit anonyme de la Bibliothèque impériale, fonds La Vallière, ri" 63.
Cette pièce date du xvi* siècle
M O. Leroy, dans ses Etudes sur les Mystères fParis, 1837, in-8°, p. 373), en a donné l'appréciation suivante :
« L'auteur anonyme du drame a pour but de faire sentir aux communions séparées do Rome que, privées du chef universel dont l'autorité les guidait, elles doivent flotter à tous vents de doctrine, comme dit Bossuet, et périr dans leur foi. Telle est la moralité résumée dans ces rimes :
Nous sommes lous membres, branches ausy. Crisl, nosire corps el tronce, par ainsy Nousjoinct en luy. Pour nous fruict produyra, Ou aullivmenl en douleur el souley Membre du corps divisé périra.
« Cet ou vrage n'était pasjoué sans doute...»
MICHEL (Jean). — Jean Michel est l'un des deux grands réviseurs du drame de la Passion.
Son histoire est singulièrement incertaine, comme celle des Gresban , du reste, qui ont , avant lui , mis la main h la même œuvre.
Les uns ne savent de lui rien autre chose, sinon qu'il était éloquent et savant ; les autres veulent qu'il ait été évoque d'Angers et ait vécu dans la première moitié du xv« siècle ; pour d'autres, encore, c'est le médecin de Charles VIII. On a dit que l'évêque et lo médecin étaient parents.
La Bibliothèque du théâtre (rançois , ouvrage attribue auduc de La VaUière (Dresde, 1763, in-8% 3 vol., t. I", p. 63), suppose « que le Jean Michel, évoque, était l'auteur de la Passion, connue vêts 1 W2 ; cl que le Jean