‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 574 sur 1429 · MIR · texte numérisé non relu

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Michel, médecin, corrigea, augmenta et fit imprimer cet ouvrage II est incontestable que c'est ce dernier qui est auteur du mystère de la Conception, ainsi que de celui do la Résurrection. »

On ne sait ni le lieu do sa naissance, ni son temps. Ses ouvrages ne sont pas moins incertains. Il a révisé la Passion, ceci est incontestable. Les additions et les changements d'une édition du drame de la Résurrection, suite inséparable et complément de la Passion, lui appartiennent; et aussi un drame entier do \a Résurrection. LaVengeance de Notre-Seigneur est-elle son œuvrej c'est ce qui devient plus incertain. Enfin l'abbé Lebeuf lui attribue le Dialogue entre Dieu, Yhomme et le diable. — Voy. Passion (la) ; Vengeance de Notre-Seigneur Jésus-Christ (la); — Dialogue, etc.

MIRACLES DE SAINTE GENEVIÈVE (Les).— Voy. Sainte-Geneviève (Les miracles de).

MIRACLES DE NOTRE-DAME.- De Boauchamps (Recherches sur les théâtres .-Paris, 1735, in-8°,3vo1., t.I", p. 234-240), avait signalé le manuscrit des Miracles de Notre- Dame, et donné la liste des mystères qu'il contient.

M. Magnin, dans son cours professé en 1833, à la Faculté des lettres, commença d'appeler fortement l'attention sur les drames. Quoique loujoursaccompagnésd'un sermon, il les déclara joués par des laïques, hors de l'église, et peut-êlre par une confrérie de la Vierge demi-laïque, demi-religieuse; enfin il les attribuait au xiv' siècle, (/aura. génér. de l instr. publiq., 19 nov. 1835, cours, 2* semestre, si* art., p. 43.)

M. Onésimc Leroy s'empara, pour les développer, des opinions de M. Magnin. Dans ses Etudessur les Mystères (Paris, 1837, in-8% p. 40-110); il consacra un chapitre entier aux Miracles de Notre-Dame , qu'il intitulait inexactement Mystères. Il se rangeait à l'opinion qui attribue a la première moitié du xivc siècle le manuscrit des Miracles; mais non sans critique, celte date étant, à l'en croire, incertaine, à un siècle près. A n'en juger que par les sermons en prose qui accompagnent chacune de ces pièces, on pourrait croire que «ces drames sont monastiques » et que nous avons l'œuvre de quelque autre Hrotswilhe; mais comme, outre le sermon, il y a à la suite, ou en tôle de chacun d'eux, une pièce de vers qui a été présentées un concours, ou couronnée d'un prix littéraire, il est probable que ce recueil appartenait à une de ces confréries religieuses et littéraires, communes dans le nord de la France dès le xnr siècle. C'est aux princes, c'est-à-dire aux chefs de ces sociétés, que s'adresse cet envoi :

Princes, servons de cuer et de pensée L'Arche en qui lu la sainte char (cA<iir)fourm£e De Jésucrist...

et ces mois : couronné on dit Puy, qu'on lit après un serventoys, indiquent une de ces sociétés du Puy (Pays d'Amour, Puys de la

Conception, Notre-Dame du Puy) communes à Vnlenciennes, Arras, Amiens, Beauvais, Rouen, Caen, Dieppa, etc.

Quelques annéei plus tard , le même auteur, dans un autre ouvrage qui ne reproduit guère que le premier avec quelques développements de plus [Epoques de l'Hist. de France; Paris, 1843, in-8°, p. 134-195), attribuait aux débats sur l'immaculée Conception, qui s'élevèrent dans les premières années du xiv' siècle, le grand développement des confréries do Notre-Dame. Ce sont ces confréries qui nous ont laissé les deux volumes de légendes dramatisées de la Bibliothèque impériale. — La plupart de ces pièces sont profondément obscures. Marie n'y intervient que plus heureusement; c'est, suivant l'expression de l'Ecriture, « l'étoile du matin, slella matutina, qui succède à la nuit.» (P. S39.) Dans le Rapléme de Clovis, sainte Clotilde n'est point une héroïne, c'est une simple et faible femme qui ne se tient que pour la chambrière du roi. Dans un autre sujet, qui est aussi de l'histoire, la beauté morale de Théodore a frappé les savants. Tel de ces drames prouve que le sujet de Tancrède est tout français, et nous a été emprunté par l'Italie. Beaucoup de ces drames, sans doute, sont loin de ces caractères de grandeur; mais l'esprit delà Vierge y respire la pureté, la piété, l'amour et la résignation.

Enfin , M. Paulin Paris (Les manuscrits français de la Ribliolhèque du roi ; Paris, Téchener, 1845, in-8-, t. VI, p. 331-341), a retracé en ces termes l'histoire des Miracles de Notre-Dame.

« N" 720S * A et * B. — Les miracles de Notre-Dame, par personnages. — Deux volumes in-fol. parvo, vélin, à deux colonnes; le premier de 2G2 feuillets; le second de 298 feuillets; petites miniatures; commencement du xv' siècle. Reliés en maroquin rouge. — Fonds de Gange, n"' 13 et 14.

« Ces deux précieux manuscrits furent achetés par Cangé pour la faible somme de cent francs, comme ce somptueux amateur nous l'apprend par une note de la seconde feuille de garde de chaque volume, mais sans nous dire le nom du précédent propriétaire. De notre teaips , MM. Magnin, Francisque Michel, Jubinal et Onésime Leroy les ont consultés avec un grand soin; ils en ont fait ressortir l'importance littéraire { ils en ont enalysé, et M. Michel en a même publié quelques morceaux.

'(Ils contiennent quarante, miracles, ou jeux dramatiques fondés sur autant d'histoires dans lesquelles Notre-Dame joue le rôlu du Deus ex machina dans l'ancienne comédie. Il y en a vingt-deux dans le premier volume, dix-huit dans le second. Ces histoires sont, en grande partie, fondées sur les miracles rimes deux siècles auparavant, ou plus anciennement encore, par Gautier de Coiney, Bntebeuf, HermanI, et outres trou=vères. Les titres en ont été déjà donnés par Beauchamps, dans les Recherches sur les théâtres de France, Paris, 1733 ; et redonnés, en

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1837, par M. Achille Jubinal dans la préface de son édition de Mystères inédits. Nous n'en sommes pas moins tenu de reproduire celle labié, en l'accompagnant de quelques courtes observations.

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