‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 648 sur 1429 · SCÈNE LVI · texte numérisé non relu

SCÈNE LVI

LES MÊMES, L'EMPEREUR, BERENGER, CHEVA- LIERS DE L'ARMÉE DE L'EMPEREUR.

la fille. Sire empereur, que le vrai Dieu vous donne honneur et bonne vie, à vous et à Ions les parons que je vois ici ! et qu'il n'en excepte aucun, hors Berenger, le roi d'Espagne I car, en présence de loui ce baronnage, je donne mon gage muire lui et je l'accuse de trahison. Imposteur insensé, il s'est vanté d'avoir cohabité charnellement avec ma sœur. Elle en prit une frayeur, une peur et une douleur telles qu'elle s'enfuit bois du pays, et que je n'enlendis plus parler d'elle. Voire neveu, sire empeceuc, qui èlail brave et hardi, en perdii l'Espagne, et le chagrin l 'égara tellement qu'on ne sail où il alla; comme j'en ai le cœur serré, je veux vaincre le Irai- Ire en champ-clos. Faites-m'en justice.

othon. Sire, je vous prie de me laisser entrer dans la liée. — Ne nie reconnaissez-vous pas, mon oncle? Je suis OUion, voue neveu, qui depuis ai souffert mainte peine. Je viens d'où ire-mer.

l'empereur. Ollion, beau neveu, puisque, je vous liens, celles, mon cœur esl soulagé. Emlicassezmoi vile el baisez-moi; soyez le bienvenu.

othon. Sire, je me plains devant tous vos barons que je vois assemblés ici, de ce traître félon, elje dis qu'il relient ma terre à lort : je veux le combaine corps à corps el réfuter sou témoignage.

berenger. Olliou, je crois qu'à la lin vous vous trouverez déçu. La vérité est que j'ai cohabité charnellement avec voire femme. N'en parlez pas si haut; cai je vous prouver i en champ-clos que c'est vrai, si vous voulez le combat ci s'il faut qu'il ait lieu, Othon, je me moque bien de vos menaces.

l'empereur. Allons, paix! terminons ce débat-ci. -—Béienger, de bon cœur ou non, il faut que vous vous b.illicz avec l'un des lieux.

berenger. Sire, ne discutez plus à ce sujet. Trèsvolo.iUirs, pourvu que vous me disiez avec lequel d'eux j'aurai affaire pour être quille.

l'kmpekeur. Auquel de vous deux adjugerai-je celte affaire?

otuon. Sire, il est juste que ju combatte, car

c'esl mon fait. — El je vous prie, cher sire qui m'avez pris, de m'accorder celle grâce.

la ru. le. Puisque vous le voulez, je ne veux point m'y opposer.

otuon. Sire, grand'iuerci plus de cenl fois pour ce consentement.

l'empereur. Allnns, vile! pour savoir qui a lort, seigneurs; allez promplemenl monter à cheval, et revenez en cet endroit.

othon. Puisque vous m'en donnez la permission , sire, j'y vais.

berenger. Regardez, faii-il de l'embarras! Il croit m 'a voir déjà vaimu sans doute. Ah! une fois unis deux dans le champ-dos, je l'attaquerai rie telle sont; qu'il aura moins de caquet. Je vais mouler.

la fille Uni, sire, j'omis couler aux amis intimes de nia sœur, qui savaient le mieux sa manière d'être, qu'il n'y avait pas en Espagne de femme de meilleure réputation. Quand le bruit île la gageure lui parvint et qu'Oiliou eul perdu l'Espagne , elle eut le cœur brisé; elle se pâma conice terre; el la nuit elle s'enfuît an plus vile, par l'inspiration du ciel, car on lui avait annoncé que, si Othon pouvait la tenir, il la ferait périr honteusement , sans l'épargner.

LE PREMIER CHEVALIER DE L'EMPEREUR. Qu'> Ûl-il

gagné à cela? c'eût clé une vilaine affaire; maintenant, s'il plaii à Dieu, la chose est venue à bien.

le deuxième chevalier. Certainement, je le pense ainsi , et tout esl pour le mieux , suivant mon opinion ; el Dieu veuille prèler son aide au droit encore aujourd'hui !

l'empereur. Ne vous chagrinez point, nous verrous ce qui pourra en èire.

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