‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 649 sur 1429 · SCÈNE LV1I · texte numérisé non relu

SCÈNE LV1I

LES MÊMES

othon. Dame de la gloire céleste. Vierge, en qui toute grâce abonde, Mère, qui n'cûies ni n'aurez jamais de pareille, rose de lis, cyprès de beauté, qui répandez un parfum de bonnes œuvres, ouvrez vers moi vos yeux de douceur, regardez-moi dans votre pitié et gardez-moi de morl vilaine, Daine, dans ce combat qbe je vais livrer, donnez-moi sur mon adversaire une victoire telle qu'il confesse et qu'il lui sorte de la bouche comment il a traîtreusement et à lort lenu nia terre. Dame, en vous seule est mon espérance; Daine, j'ai en vous une conlianee si grande, elje me lie tellement en voire aide que je fais fi de ma force el de nies armes (Dame, écoulez-moi), en les coni.uar.inl à l'aide que j'allends de vous.

berenger. Othon, Othon, puisque je vous vois dans la lice, vous n'eu sortirez jamais que moi l avec ignominie cl par mes mains.

Othon. Ah, iraîlre! menace moins, lu agicas Sagement.

l'empereur. Allons vite, seigneurs! ma volonté esl que vous descendiez tous deux à terre. Renvoyez vos chevaux tout de suite.

Othon. Sire, je ferai de bon cœur ce qui vous

plan.

berenger. Moi aussi, je ne désire rien autre. C'est fait, je suis à terre.

l'empereur. Beaux seigneurs, il faut, ce me semble, qu'aujourd'hui votre prouesse se montre et que l'on sac lie la vérité louchant Votre conduite. Il n'y a plus à dire, allez ensemble et que chacun fasse son devoir, puisque vous ne pouvez avoir autrement la paix.

othon. Je le délie , traître ; dès à présent gardeloi de moi.

berenger. Je ne te prise pas le moins du monde. Je me défendrai bien conlre loi, el bientôt tu seras prisonnier el vaincu.

OTH

OTH

othon. Non, non pas, (ant que j'aurai écu ou épee au poing.

Jet ils combattent.)

bérenger. Je ne puis pins îésisler : Olhon, je vous rein -ls mon épée et je me rends prisonnier. J'ai mal agi et j'ai eu lort.

othon. Certes , j ■ vous mr tir i à mon , traître, à l'instant. Vous ne commettrez jamais île trahison ; car vous n'emporterez point d'ici votre tête sur son

l'empereur. Otlion, Ollion , ho! je vous défends de le Faire périr; avant dj mourir, il nous dira tout son méfait.

othon. Puisque tel est votre plaisir, qu'il en soit fait ain-i. — Avoue, larron!

bérenger. Je le dent uide grâce, noble baron : je vais déclarer tout mon méfait, et je ne mentirai pas d'un seul mot. Ayant eu la présomption de gager qu'il n'était [euuue sage dont je ne disposasse \iu gré de mes désirs, pourvu i ue je pusse lui parler, je m'entretins avei voire femme. Mais elle vit bien qu'en me croy ml elle pourrait tomber dans un grand déshonneur, et ne daigna plus me voir ni m'écou- 1er, comme bonne el belle qu'elle est Alors te me tonnai vers sa demoiselle , qui avait nom Eghniline; je lui promis et lui donnai tant qu'elle m'apporta les preuves convenues, et surtout celle du signe que porte votre respectable femme, et de la place où il est, si elle n'est pas morte. Mais je ne la vis pas nue et je ne cohabitai jamais avec elle , bien que je m'en sois vanté. Alors je mentis.

othon. Traître, in m'as bien anéanti: par toi je l'ai perdue, en vérité, car jamais je ne pus savoir où elle alla.

la fille. Sire empereur, ce fourbe-là , ne souffrez point qu'Othoil le lue; faites-le venir encore devant vous : vous verrez bientôt une chose dont vous serez fort émerveillé.

l'empereub Puisque vous me le conseillez, cela sera fait. — Mon cher neveu Olhon , je veux que vous veniez ici ions deux ; mais Bérenger sortira le premier, pour nous révéler encore quelque méfait.

othon. Sire, qu'il soit fait selon votre volonté. — Dehout, traître, sortez du champ-clos; vous n'êtes point cependant, ne le croyez pas, quille de la mort.

la fille. Très-cher sire, veuillez me donner la permis>ion de dire en public pourquoi je suis venue

l'empereur. Je le veux bien : allons, dites vile, mou cher ami.

la fille. Je suis venu ici comme messager pour empêcher, si je puis, la guerre, el amener la paix entre vous el vos ennemis, qui ont fait invasion dans ce pays. Si cela vous plaît , j'en demanderai deux d'entre eux. Mais ils auront de vous un saufeonduil pour l'aller el le retour. Je le requiers.

l'empereur. Ami, mandez-les, je le veux, et j'y consens.

la fille. Beaux seigneurs, je vous prie, allez vile à nosseigneurs les rois, et faites lani que vous leur parliez. Dites-leur que chacun vienne ici sans retard : ils verront leur (ille et leur nièce désirée pendant si longtemps.

LE PREMIER CHEVALIER D' ALPHONSE. Sire , IlOUS Obéis-

soiis sans objection et sans relard.

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