‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 69 sur 1429 · SCÈNE XXXV · texte numérisé non relu

SCÈNE XXXV

AMILLE, AMIS, YTIER.

amille. Ytier, Ytier, de mes yeux je vois venir mon compagnon, ton maitre, je vais à sa rencontre. — Très-cher ami, loyal compagnon, embrassez-moi de vos deux mains, et me dites sans tarder comment la chose s'est passée, je vous en prie.

amis. Cher compagnon, quand je m'offris pour vous, Ilardré était devant le roi ; il demandait défaut (outre vous, et disait que l'heure du rendez-vous était passée; néanmoins nous avons été en champclos, et je l'ai tué , en vérité : par là j'ai tant plu aux barons qu'ils ont amené le roi à me faire jurer sur ma foi que j'épouserais sa fille. Ainsi , cher compagnon, vous irez et vous l'épouserez. Cependant je m'en retournerai à Blaye. Mais d'abord convenons d'un fait. Voici deux hanaps tout pareils que j'ai l'ait faire pour nous deux : vous garderez celui-ci pour l'amour de moi toute votre vie; el moi je conserverai celui-là , afin que s'il arrivait que l'un eût besoin de l'autre ou qu'il se transportât si loin que nous ne nous vissions de longtemps, nous puissions nous reconnaître, d mon ami !

amille. Certes, Amis, vous avez agi comme un ami loyal.

amis". J'ai toujours fait, et ferai encore mes efforls pour agir ainsi, Amille. Allons! il vous faut aller a la bonne ville de Paris, et moi à Blaye : ce n'est rien, séparons-nous.

amille. Adieu, loyal et cher compagnon. Celte séparation ne peut s'effectuer sans des pleurs. — Adieu, Ytier ; garde ton maitre. — C'est fait. Retournons à la cour

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