‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 711 sur 1429 · LES MÊMES, UN MESSAGER · texte numérisé non relu

LES MÊMES, UN MESSAGER

le messager. Daine, mère d'un Fils (el que jamais je n'ai ouï dire que femme en eut enfanté...

la mère de ntr.u. Lequel de nos amis les-vous* L'étendue de ma vue est affaiblie par les ténèbres, et je ne vous reconnais pa-: bien...

LE messager. Je suis un ami toujours sûr pour vouset voire Fils mort, à cause des miracles qu'il a faits cl de sa bonté.

la mère de dieu. Que m'annoncercz-vous de nouveau? Quoi? parlez vite.

le messager. Salut, Dame! (el est mon premier mot. Joie el force ! c'est le plus I el exor le que jamais personne ait pu dire; el j'apporte des récits non moins remarquables. Quelle nouvelle j'apporte, cl pour laquelle je suis venu...

la BÈiiE dl dieu. M'aitiioiicercz-vous que mon Fife est déjà de retour des enfers?

le messager. Vous l'avez dit ; me voici plus lég r d'un discours de moins. Il est ressuscité, il est là. Le bruit qui s'en répand le conslite. Il a quitté les Cnfets et marche sur la terre. C'est là ce dont je suis venu vous informer.

la mère de dieu. Nous le savions. Mais, vous, d'où Pavez-vous appris? Eh bien ! parlez. Que dites-vous? Comment dites-vous? Comment le savez-vous? Quel indice assuré en possédez-vous?

le messager. La troupe des gardes, qui, dura::t la nuit entière, était restée, el qui avait veillé sur le tombeau avec le plus grand soin, s'enfiiyant en tumulte dans l'ombre, a couru vers les piètres tout épouvantée, et, dans son trouble, n'a pas caché ce nouvel événement. Les messagers delà nuit étaient saisis d horreur, et ils ne tremblaient pas tous ainsi sans raison. J'en ai appris par hasard les motifs. Celte nuit, étant entré dans la ville, dans I intérieur des murs, je les reconnus, et, marchant sans lirait, j'écoulai, par derrière, les discours de toute la cohorte.

Dans leurs discours, longs et diffus, où la liberté se mêlait à la crainte, ils racontaient les événements effrayants du sépulcre.

[La garde] parla donc; |elle] dit r.ux anciens et aux princes des piètres, fauteurs du meurtre, qui étaient réunis el qui se consultaient :

< O petpelraleurs de ce crime horrible, assemblée des scribes et des anciens, je viens voo> annoncer, à vous et aux citoyens de cette ville, bien des choses surprenantes ; tous ces prodiges inouïs, étranges, dont a frappé mes yeux ce Mort dont je m'étais de bon cœur fait celle nuit le gardien, me glacent encore d'horreur. Ah! vous-même, avec nous làbas, vous qui nous avez envoyés pour garder le Mort

(235) V. 2170 — M. Dubner considère le passage q clarc avoir suivi la traduction des Bénédictins, faute de

ui suit comme intraduisible el inintelligible, et démieux.

dans son tombeau, vous lui auriez peut-être adressé des prières au spectacle de tam de choses inconnues encore. Mais je veux savoir d'abord si je puis dire librement ce qui s'est passé, ou meure un frein à mes paroles. J'appréhende surtout de faire le rapport au terrible gouverneur; je redoute la violence de son caractère, son irascibilité cl son humeur hautaine, t C'est ainsi que celle soldatesque parla aux anciens. Ceux-ci, s'etanl tournés les uns vers les autres, se parlèrent entre eux et prirent euli'i celle résolution puérile : < Voici que, disaient-ils, l'injure que nous avons commise contre Jésus s'allume près de nous comme un incendie, et nous sommes la proie d'une grande perplexité. Mais il faut qu'on ne nous voie pas inquiets, et que nous fassions bon accueil a ces gardes. • Alors se tournant vers les gardes: « Ecoutez, soldats, dirent-ils. Voici noire avis : gardez le silence sur tout ce que vous ne pouvez raconter qui soit dans notre intérêt, et nous nous faisons fort de vous faire reconnai re pour innocents; dites seulement que les disciples- oui subtilement dérobé le corps, et nous vous ferons de trèsbeaux présents. Non, certes, il ne faut pas que vous alliez couler au gouverneur ce qui est à la gloire de l'Enseveli et à noire cuisante boute; ce sérail enflammer la colère du peuple et exciter contre nous l'universelle indignation. > Les soldats répondirent : i Eli bien \ nous ne révélerons rien de ce que nous savons, puisque cela vous plail ainsi, et que vous vous portez garants pour nous auprès du gouverneur. Mais il faut que vous, vous sachiez tout.

« Cet homme n'est vraiment pas moins qu'un Dieu, à en juger d'après les miracles qu'il a faits autrefois el qu'il vient d'accomplir. Il est sorti de sou tombeau, dont un bloc de pierre fermait l'ouverture, laissant intacts , comme ils sont encore, tous les sceaux, cl pendant que nous veillions en cercle alentour, tout s'est illuminé, et l'horreur dont nous étions frappés nous a laissés comme morts. L'édifice de la terre a tremblé dans ses fondements, la pierre du monument a roulé tout à coup, comme il est aisé de le voir et de le comprendre eu examinant le sépulcre. Une voix a retenti dans l'espace, et, sans doute, Dieu le père lui-même s'est l'ait en-

(230) M. Magnin ayant supposé le Christ souffrant . Itéré par divers compilateurs, a dit :

V. 2-270. « Ici l'arrangeur, par une inadvertance 6aus égale, oublie que nous sommes au milieu d'une narration l'aile à la Vierge par un partisan de Jésus, et il intercale deux scènes en action dans la trame même du récii que le messager reprendra plus lard au poinloù il l'a laissé. L'étourdi compilateur n'a pas même pris le soin facile de supprimer, dans ce qui va suivre, les noms des nouveaux interlocuteurs pour se rapprocher, tant bien que mal, de la forme narrative. Les noms sont rubriques dans les manuscrits, el places en vedette dans les éditions imprimées. > (I*. 278-279.)

Nous croyons, au contraire, qu'il n'y a pas là une scène distincte. Le messager continue son récit, non plus sons forme oratoire, mais sous forme dramatique. Si les anciens manuscrits et les premières éditions ne portent pas de noms de' personnages, c'est (pie le moyen âge et les premiers temps de la Renaissance ont mieux compris l'intention de saint Cregoire de Nazianze qui était, en interrompant l'action propre du narrateur, de faire donner par lui la pantomime des scènes auxquelles il avait assisté. On ne peut dire non plus que le messager reprenne son récit où il l'a laisse, car, en le laissant, s'il ne donnait sous forme dramatique la réponse des princes des prêtres, c'est alors que le récii seraii tronqué. Ce passage ne prouve qu'une chose, c'est que le (.linst souffrant a été représenté.

M. Magnin cite comme une variante notable que b pierre du sépulcre i a roule... d'elle-même > et

tendre dans ce fracas étrange. En même temps, le tonnerre a grondé, le m I el la terre oui clé enflammes de feux divins. Bientôt l'air s'est tu, les bois ombreux ont suspendu en silence les frémissement! de leurs feuilles; d'aucun côté on n'eut ndail plus aucun bruit. Ainsi donc, ô amis, ne repoussez pas cet homme, quel qu'il soit, car il csi bien grand. On dit même, et je l'ai entendu, qu'il répand sur les nommes une grâce qui éloigne le mal, et qu'en dehors de lui d n'y eut, il n'v aura jamais rien de !>,„:. hi ces rems sont vrais, j'aimerais mieux lui offrir •les sacrifices que de regimber en furieux contre I aiguillon, et, faible mortel, lutter contre Dieu »

PaialAinSme.

LA G\n.i>E, LES PONTIFES (536).

« [les pontifes.] Vous avez bien dormi el vous nous contez vos rêves... Les disciples, pendant les douceurs de voire somme, ont dérobé le mort : dites cela au gouverneur, et rien de plus.; et gardez le silence sur ce qui nous est défavorable. Si vous èlcs discrets, vous recevrez de nous des présents... Probablement, vous vous êtes entendus pour vendre le corps... Si vous ne retenez pas voire langue, le gouverneur sera mis au fait...

< [la garde. ] II sérail impossible de vous donner foi dans mes paroles. Mais, si niai que vous les .ayez reçues, je dir i que vous avez tort de vous emporter ainsi , apaisez-vous. Sinon, ce serait intolérable Nous n'avons rien xsmiu ; la présence du sceau s'j; lit pour le prouver. Vous n'avez nul sujet île nous accuser, car les scellés sont intacts, la pierre dit tombeau est à sa plate, ei, prodige inouï! il est soi ii du sépulcre.

« [les pontifes.] Oubliez loul cela et recevez c«sprésents.

i [la garde.] Quoique vous ne veuillez pas agir selon mes vieux, je nie conformerai aux vôtres. Mais occupez-vous deme tirer sain el sauf de eu mauvais pas auprès du gouverneur.

« [les pontifes.] Soyez sans inquiétude. Je loi persuaderai d'autant plus aisément de n'avoir pour

que les soldats racontent qee « au contraire... el.'o est restée à sa place. » Trois passages oui trait à es mirai le.

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