‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 714 sur 1429 · LA MÈRE DE DIEU, MADELEINE, LES CHOEL'HS · texte numérisé non relu

LA MÈRE DE DIEU, MADELEINE, LES CHOEL'HS

Madeleine. Que dites-vous, dame Vierge, joie du genre humain ?

la mèiie de DtEU. Jeracontais à ces jeunes filles loutce que tu asdilavoil vu la première, dans ton récit aux disciples...

madeleine. Tout est, Madame, comme vous l'avez dit; et vous savez que j'arrivai la première au tombeau; vous avez entendu tout ce que j'ai dit. Il in'csi donc inutile de répéter comment, accourue à ce tombeau asile de tout bien, je fis, d'abord avec vous, el ensuite avec les deux disciples, au milieu d'une abondante rosée de larmes, un examen et une recherche minutieuse de toutes choses...

Je vis deux anges, vêtus d'aubes blanches, asris an-dessus el au-dessous du sépulcre, l'un à la tète, l'autre aux pieds, entourés l'un el l'autre de rayons [lumineux] comme des habitants des ciettx, et je restai immobile, toute tremblante île joie el de crainte. Alors vint frapper mon oreille une voix, sans pareille; en me tournant épouvantée, soudain j'aperçus le Christ, combien différent d'autrefois ! (n'ai-je pas d'il qu'il m'apparut dans tout son éclat?) Je tombai sur le sol, m'efforçant d'embrasser ses pieds. Il me retint, et m'envoya vers les disciples. J'ouïs alors mes plus curieux désirs, son retour dans les cieux auprès de son Père... Mais il n'y est pas monté encore. . Il me dit encore qu'il devançait ses disciples dans les terres stériles de la Galilée el qu'il les y attendrait, selon ses promesses. Telles furent les nouvelles que je donnai aux disciples bien-aimés. Auprès d'eux uns discours furent de peu, car ils coururent précipitamment au tombeau, pour n'y voir que ce que vous savez. Il est inutile de répéter ce que, peu auparavant, el eu voire présence, |ô daine ! ] }'ai entendu et demandé, car vous le savez aussi hien que moi; cl vous ave/, eiilendi. ces récils, ainsi que ces jeunes filles chéries. On sail qu'empêchée par la crainte de marcher seule avec moi, ayant

(238) M. Dûbner (Praef. ,p. i.xxvi) a fait remarquer que, dans le lliftliusctil de la bibliothèque du

pris les deux autres M. hic, vous courûtes pour voir ce que vous aviez, appris, et vous ave/, tout vu, même votre Fils, ainsi qu'il convenait. Mais je sais encore à celle heure (pie deux des disciples qui erraient au travers du pays ont vu le Christ cl ii ignorent plus rien de leurs plus chers souhait*. Ils accourent pour parler de cela aux autres disciples, c'est pourquoi il nous faui nous remettre eu route à l'instant. Peut-être verrons-nous de nouveau le Seigneur. Voyez, le crépuscule du soir tombe déjà, hâtons-nous, allons vile dans ces lieux, où les ténèbres de la nuit auront, je crois, réuni les disciples. LE CHOEUR. .Nous voici arrivées à la demeure de Marie, c'est ici, je le sais, que sont les disciples aimés, derrière ces portes closes, car ils redoutent encore tout de la part des meurtriers. Mais que ces portes soiit fermées avec soin... Comment, maigre cet buis si bien gardé, entrerons-nous?.. Eh! la chère Marie a enteudu déjà, elle ouvre lout doucement et nous fait signe de passer... Entrons donc d'un pas léger, pour ne pas causer de nouvelles craintes à nos amis effrayés...

(Elles entrent.)

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