LA CARDE, PII.ATE, LES PONTIFES
< [la garde.] Hélas! malheur à mois! ali! nli! : Il !
< [piLATE-l Qui est là? qui gémit el pleure à ma porte?
« | les pontifes.] C'est le bataillon qui gardait le corps ilu condamne, 6 gouverneur; et il se lamente sous le coup d'une grande crainte.
« [PILATE.] Ils sont les bienvenus, quoiqu'il y ait quelque chose d'étrange à leur visite. Pourquoi ces pleurs? pourquoi ces cris, ces gémissements? D'où v eut qu'ils ont peur? dites.
i [les pontifes.] Ils sont là, qu'ils parlent.
< [la garde ] Gouverneur, les disciples de Jésus sont ve us pendant la nuit; ils ont trompé notre vigilance el ont enlevé le corps.
« [pilatb.] Comment, race de bandits, comment les disciples se sont-ils approchés du sépulcre, y sont-ils en 1res, sans être vus, el ont-ils enlevé le mort? Vous ne les avez pas vus entrer dans le tombeau, ni sortir? Qui doit supporter la peine d'un tel méfait, sinon vous? Vous aviez la garde du tombeau, n'est-ce pas? Vous vous êtes entendus pour me rendre la risée de tous, el, ouire la boule, je p ierais pour le sang versé ! Ali! les voleurs se sont joués de vous el se moment à leur aise «le moi. El quel intérêt avait-on de dérober ce; corps iuaiii ..é? Comment t'aurail-on osé, au milieu de tant de gardes, munis de torches allumées, quand, d'ailleurs, la 'mit marche sous le disque au plein de la lune? Comment ce-> hommes intimidés ont osé et pu approcher, rouler lu pierre, quand ionienne légion ne l'a pas placée sans peine, et quoiqu'il y eût, en dehors, un sceau placé en votre présence par l'Assemblée même des anciens. Est-ce que je connais ces i isciples qui, selon vos dires, ont dérobé le mort? C'est vous qui êtes les artisans de loul, el je n'enlends à rien, puisque vous teniez de m'abuser par vos discours artificieux. Croyez que vous auriez -besoin de longs el solides argumen's pour me mettre dans la léleque votre récit n'est pas un mensonge. Vos paroles n'ont rien de la vérité; les desseins déguisci t les discours, elles discours sont le jouet des dessi ii s.
« [la garde.] Vous dites vrai, ô gouverneur ; airsi vont les choses. Mais, quant à nous, nous avons, toute la nuit, tenu l'œil ouvert : ni somnolence, ni assoupissement, nous en attestons votre t le, nous avons toujours eu les regards partout, et nous accourions ici pour vous loul révéler. Nous nous étions, «eue nu î t même, mis en roule en toute bàle, pour vous parler ei éviter le châtiment. Ma s les sages connaisseurs des choses divines nous oui persuades «l'attendre le brillant éclat du jour... celles l'absence «les Icux éclatants «lu soleil ne nous a pas retenus, nous nous sommes précipités auprès de ces pontifes-, nous leur avons dit ce «pie nous avons vu et entendu ; mais eux, non plus, n'onl pas eu loi dans nos «iiscours.
< [riLATF.] J'ai bien peur, soldats, que vous ne me débitiez de vaines labiés. Car si les disciples sont les voleurs [de celle nuit,] nous les connais-; sons bien mal; loul cela m'est singulièrement sus j"'< t; quelles preuves pourrez-vous fournir ?
« [la garde.] O gouverneur, vous éles prompt;
(•i~>~) i L'arrangeur, oubliant de plus en plus la situation critique du messager, qu'il a laissé, hou- « lie béante, au milieu de sa narration, prolonge im-
P'iïuihabtem celle monstrueuse parenthèse. Il
eh:.) ific même une seconde fois le lie ! de la scène.
vous ne savez même pas ce qui s'est passé. Un voleur «le nuit a de grands avantages. Au resle, faites comparaître d'abord les hommes du bataillon, et si un seul d'entre eux, le plus lestement même possible, a quitté son poste celte nuit-, qu'il soit arrêté, nvs aux b-rs et battu de verges, pour apprendre son devoir, car ce serait une boute el aussi un grand tort, avec l'aide de Dieu, de ne pas punir el de ne pas meure la main sur ceux qui, à notre désespoir, oui commis un si grand crime.
t [rii.ATE.] Je ne crois pas à vos voleurs de nnil; non, je n'y crois pas ; tout cela m'est suspect, trèssuspect. Comment ces gens en fuite oni-.ls dérobé mon celui que, dans leur extrême épouvante, ils ont abandonné vivant? Votre cohorle n'était pas non plus accablée d'un sommeil tellement lourd qu'elle ait oublié toute surveillance du loin! eau. Non, ces hommes n'ont pas commis cette action, au plus profond «le leur abattement, el si près du lemps où, dit-on, la simple question d'une servante les amenait à renier leur maître par crainte...
i [les pontifes.] 0 vous qui éles si firme en toutes rencontres, vous voici bien troublé; et ces récits vous donnent bien de vains soupçons. Piûl à Dieu que vous fussiez homme de conseil, comme vous êtes homme d'exécution ! Mais il n'y a pas d'homme à qui la natuie ail donné de lout. Les uns ont un don, les autres un autre. Vous avez la bravoure; il y en a qui ont la pénétration. Au récit de ces gardes porteurs de torches, vous vous emportez, vous ne pouvez comprendre que le Séducteur [Jésus] ait élé ravi par ses disciples. Il y a un terme de guerre : Il faut avoir la main armée...
« [pilate.J C'est vous qui avez débauché ces soldais, et vous essayez maintenant de me tromper. Tout cela est voire œuvre, vous en verrez les suites, n'en doutez pis...
< [les pontifes.] Décidez-en donc, à votre fantaisie, puisque vous avez le pouvoir de tout dire et tout faire... •
Instruit ainsi de l'audace de ces pervers qui veulent étouffer ainsi par ruse le bruit de la Résureclion du Christ, je suis accouru, Madame, pour vous prévenir. Ne refusez pas de me croire, car lout ce que vous avez entendu est vrai. Je suis sur même que le bruii en esi répandu par lonie la ville; car la plupari des gardes publient sans crainte ce miracle ou en font le récit dans des entretiens secrets- Il va venir de tous côtés vers vous bien des gens, el vous connaîtrez tout, Moi je suis venu en toute haie vous porter les premiers indices, pour avoir place dans la joie de votre âme et «laus vos plus doux transports.
la MÈRE de dieu. Soyez le bienvenu, el Dieu vous bénisse en récompense ! Soyez le bienvenu, pour avoir dénoncé le crime le plus affreux de ces méchants vieillards remplis jusqu'au fond de l'âme de fausseté et de vanité.
Et comment un sépulcre, un sceau posé sur nue pierre, une cohorle de gardes, auraienl-ils pu retenir le corps du Verbe insaisissa! le reloiiruant vers le l'ère, dont il procède ? Retenir celui qu'on a vu autrefois fouler de ses pas les flots de la mer, comme si c'eût élé la terre; ce Maître qui est son principe à lui-même el sou propre créateur; celle Pierre angulaire qui, se soutenant elle seule par son unique vertu, porte l'univers; &• Dieu dont la grandeur a paru en venant an jo.ir sans faire v olei ce au sein qui 1 enfermait, et sans en altérer la virginité. Je l'ai enfanté; et je sais comment. Mais une cohorle de soldats a-i-clle pu comprendre la résurrection de celui qui échappe même à l'intelligence des anges?
el nous conduit de la synagogue dans le palais de I'iime-I'ilaie. > ( M. Mac.m.n, Journ. ries Sur., 18ii', mai, p. :JS0.) — V. noie 255. — Au lieu de deux acteurs, le Messager eu iiiiuie trois.
PAS
DICTIONNAIRE f>F.S MYSTERES.
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De quelle manière son corps s'cst-il formé d'un sang mortel t Comincnl cet Elre incorporel, el qui, auparavant, était le Verbe, s'csi-il fait chair? Comment, tout en restant tout entier avec le l'ère dans le ciel, et tout entier au milieu de l'univers, fm-il enfermé dans iikiii sein ? Ce sont là les mystères qui oui excité l'envie et la colère des pontifes,
(Au ehteur). Mais maintenant, amis, courons au sépulcre, allons-y de nouveau le. plus promptement, examinons encore toutes choses avec soin, afin d'en taire le rapport à nos amis; eux-mêmes, une fuis arrivés, vérifieront complètement.
lk ciicciiu. Pierre, avec Jean le bien-aimé, courant en toute lia le vers le tombeau qui enferme en soi la vie, après avoir tout examine, ont parlé aux amis, dans les mêmes termes que Marie-Madeleine, à qui toute foi est due, et qui, la première arrivée, avait tout vu avec soin cl avait fait connaître que le tombeau était vide.
la HÈRE de dieu. Oui, avant tonte autre, Madeleine était arrivée au monument, cl moi j'étais derrière elle, et nous avons vu vide le lieu où auparavant était le cercueil. C'est .Madeleine qui a eu l'idée qu'on avait enlevé le corps du mort bien-aimé, pour le déposer en un autre lieu. Mais, aussitôt, nous avons su ce qui s'elail passé; et Marie l'a promptement fait savoir aux disciples. Pierre, debout à l'instant, a pris précipitamment le chemin du sépulcre; non moins vile que lui s'est élancé le disciple vierge, el tous deux ont vu ce qu'avait annoncé Marie. El nous-mêmes, nous voici pour la seconde fois sur la roule du sépulcre; nous voici auprès...Mais, Madeleine elle-même... Eli bien! qu'elle nous raconte ce qu'elle a entendu et ce qui a été fait.