‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 719 sur 1429 · CIO · texte numérisé non relu

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extrêmement agités de guerres civiles, ne dérangèrent point, autant qu'ils l'auraient dû, le spectacle établi par les confrères ; nonseulement il continua durant ces temps orageux, niais il s'en éleva encore d'autres, tels firent ceux donnés par \vs Enfants sans souci 1 1 les Clercs de la Bazoche. Mais comme ce sont des genres différents, nous avons cru qu'il était à propos, pour ne point embarrasser la mémoire du lecteur, d'en faire des articles séparés, où nous rendrons compte de leur origine, de leur progrès et de leur décadence.

« Après un assez Ions temps, on se las-a de ces mystères, qui parurent trop sérieux ; de sorte (pie les acteurs, pour satisfaire le public et le rappeler, mêlèrent à leurs dévots spectacles des scènes tirées de sujets profanes et burlesques, qui firent beaucoup de plaisir au peuple, qui aime ces sortes de divertissements, où il entre plus d'imagination que d'esprit. Ils les nommèrent, par un quolibet vulgaire, Jeux de pois piles, et ce fut, selon toutes les apparences, à cause du mélange du sacré et du profane qui régnait dans ces sortes de jeux. Mais les confrères, trop [deux pour représenter eux-mêmes ces pièces qu'on appelait sottises (car c'est ainsi qu'elles sont intitulées dans les imprimés qui nous en restent), confièrent ce soin aux Enfant* sans souci, dont le chef prenait la qualité de Prince des sots ou de la sottise, qui s'en acquittèrent avec a, p au lissement.

« Voilà de quelle façon les confrères soutinrent leur théâtre jusqu'au règne de François 1", qui leur donna en 1518 des lettres patentes par lesquelles il confirmait tous les privilèges qui leur avaient été accordés par Charles VI. Ils continuèrent leurs représentations jusqu'en 1539, alors que la maison île la Trinité fut de nouveau destinée à un hôpital, suivant l'esprit de la fondation; ce projet ne fut pourtant exécuté qu'en 1547, mais les confrères furent cependant obligés d'en déloger et de prendre à loyer une partie de l'hôte! de Flandres où ils firent construire leur théâtre, et y représentèrent jusqu'en lo'«3, époque où ils furent forcés d'eu sortir, attendu que François I" ordonna la vente et démolition de cet hôtel, aussi bien que de ceux d'Arias, d'Etampes et de Bourgogne.

» Les commissaires du roi, nommés pour cet effet, en tirent la visite le 29 octobre 15+3 et les jours suivants, et en tirent le partage en plusieurs places; après quoi la vente fut criée les 10 et 19 novembre suivants. Quelques-unes de ces places furent aussitôt vendues, et les enchères de celles qui restaient à- vendre commencèrent le 24 du même mois, et furent adjugées, après les formalités accoutumées, à divers particuliers, qui déclarèrent enfin, le 8 décembre de la même année, que les enchères qu'ils avaient mises étaient au profit do Jean Kouvet, bourgeois de Paris, déjà adjudicataire de quelques autres (247).

Les confrères, lassés des dépenses qu'ils étaient obligés de faire, tant pour le loyer des salles où ils jouaient que pour le transport de leur théâtre, se ré>olurent d'acheter une place et d'y faire bâtir ; de sorte qu'ils s'accommodèrent d'une portion considérable de l'hôtel de Bourgogne, consistant en une masure de 17 toises de long sur 16 de large, tenant, d'une part, à la rue Neuve- Saint-François depuis peu dressée dans ce lieu, et qui avait issue dans la rue Mauconseil, et, d'autre part, aux maisons des veuves et héritiers de Matthieu et Fiacre Kouvet , situées dans cette rue Mauconseil. Cette portion fut acquise de Jean Houvet par les confrères, à condition d'en payerai! roi 10 livres de cens et rente par an, dont elle était chargée, et 223 livres tournois de rente annuelle et perpétuelle à Jean Houvet et ses hoirs et ayant- cause. Pour la sûreté du payement, la confrérie obligea tous ses biens, et en particulier 25 livres de rente rachetable pour 300 livres que devaient à la confier. e Henri Guy oit et Jean Olivier, dit Margot, sur la maison des sots attendants sise rue Darnelal ; il fut aussi stipulé par le marché que Jean Rouvet aurait une des loges qui seraient faites dans la salie de l'hôtel de Bourgogne, pour lui, ses enfants et amis, fur vie durant, sans en rien payer; et que la rente de 223 livres serait rachetable pour la somme de 4,500 livres qu'on lui compterait, ou à ses héritiers, à un, deux, trois ou quatre payements égaux. Le contrat fut passé le 30 avril 134S. Nous croyons qu'on ne sera pas fâché de trouver ici une copie du pouvoir que les confrères donnèrent aux maîtres et gouverneurs de la Pa~sion , pour faire l'acquisition dont nous venons de parler : un y apprend d'ailleurs quelques usages établis parmi les confrères.

:< Pardevant les Notaires du Roi noslre « Sire, auChàslellelde Paris, fuient présens « Jacques le Roy et Jehan le Roy, Maistres « Maçons à Paris, Nicolas de Gendreville. « Courtier Juré de Chevaux, et Jambefurt, « Maislre Paveur de Paris, tous a présent « Maistres et Gouverneurs de la confrairie « de la Passion et Résurrection de Nolrc- « Seigneur, fondée en l'Eglise de PHospital « de la Trinité à Paris, Adrien Gervais, « Doyen de ladicte Confrairie, Marc-Antoine «Caille Maire-sotte, M. Pierre Hémon , « Huissier du Roi nostre Sire, en la Cour « des généraux de la Justice de ses Aydes, « Jehan Louvet, Sergent à Verges au Chas- « tellet, Prevosté et Vicomte de Paris, Jehan « Fade, François Poutriu, Charles le Royer, a et Michel Lyon, tous anciens Maistres « d'icelle Confrairie Toussaihcts, de Fres- « nés, Nicolas de Compans, Jehan Dureau. «Guillaume Hocharl , Martial Vaillant, « Pierre de Rue, Jehan Godefroy, dict Poi- «reaus, Jehan Joyau, Richard Georges, « Jehan d'Esguillier, Denys le Boiteux, Ma-

(217; Celle acquisition de Jean Rouet ne fut fa:Ki en son nom que le mardi 18 mars loi».

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« Ihurin Darnois, Nicolas Hervé, dict Ve- « nise, Jehan Bertrand, Pierre In .Verrier, » François Hueble, Pierre Fouquel, Pierre « Royer, Jehan Reculé, Nicolas Sent, et « Nicolas Cayant , tous Contraires de la- « dicte Cont'rairie, assemblés en l'Eglise el « Chapelle de la Trinité à Paris, rue sainct «Denis, lieu accoustumé pour eux assem- « hier à traiter, ad viser, conclure et déli- « bérer des négoces et affaires d'icelie Con- « t'rairie par lesquelles Jacques et Jehan lo « Roy, Gendreville , et^Jambefort, à pré- « sent maistres d'icelie Confrairie, fut rc- « monstre, exposée! déclairéauxdicis Doyen « et Confraires, qu'ils n'avoient plus de iieu « et Salle ez quels ils pussent faire et ad- <i tninistrer le faict de lad ict Confrairie, « comme ils avoient accoustumé, au moyen « que la Salle dudict lieu de la Trinité « qu'ils souloient tenir et occuper, leur « a voit et a esté ostée par Arrest ou Or- « donnance de la Cour; et que depuis que « ladicte Salle leur avoit été ostée , leur « avoit convenu, el convenoit encores do- « resnavenl louer autre Salle et grand lieu « à grosse somme de deniers par an, de « la piello Salle ainsi tenue, el qu'ils tien- « droient à louage, ils ne seraient seurs « ains pourraient estre contraints en vui- « der après les Baux expirez, et eux accorri- « moder ailleurs, et changer souvent de lieu « et place, et qu'ils ne pourraient aisément « trouver telle en assiete de lieu, grande, « spacieuse, ni commode comme il anpar- « tient, el leur est nécessaire. En quoy faisant « pourraient avoir, et encourir grande perte « et dommage. A ceste cause leur estoil de « nécessité et expédient, pour le bien, aug- « meniation, entretenement, et décoration « de ladicte Confrairie avoir autre lieu en « propriété. El que leSire Jehan Rouvct, Marte chaud. Bourgeois de Paris, avoit en l'hos- « tel de Bourgogne, une masure el place de « longueur de dix-sept toises et de seize « toises de large, qui leur sembloil esire « propre pour baslir, et faire grande salle et « autres éditices nécessaires à ladicte Con- « frai rie, laquelle place, ledict Jehan Bouvet « leur avoit pour ce faire accordé, bailler à « toujours à la charge de seize livres parisis « de cens, et charge foncière envers le Boy « pour chacun an perpétuellement à toujours, « et envers luy de cent escus d'or (248) de «rente annuelle, racheptablo pour quatre « mille cinq cens livres tournois à certains « p.ivemens , à la charge de baslir le lieu « suffisant pour la perception annuelle des- « dictes charges. Mais ils n'avoient voulu a faire ladicte prinse, sans avoir l'opinion, t consentement, et pouvoir desdicts Doyen, « anciens Maisires 'et Confraires dessus nom- « mez ; après en avoir conféré ensemble- « ruent, et le tout considéré, ont esté d'advis « et opinion que ladicte prinse d'icelie place « serait commode, utile el profitable a ladicte « Confrairie, aux charges dessus déclarées.

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a Partant , ont concnrdalemonl ensemble « donné, et par ces présentes donnent plein « pouvoir et puissance auxdiets a présent « Maistres et Gouverneurs d'icelie Confrai- « rie, île faire ladicte prinse aux charges « susdicles, et autres charges, et raodifiea- « lions, et autrement, par la meilleure forme « et manière qu'ils verront bon estre pour « le bien d'icelie Confrairie, etc.

« Fait et passé l'an mdxi.viii, le mercredy « seiziesme jour de Juillet. Ainsy signé , « Alaut et Palanquin. »

« Il y avait déjà longtemps que le mélange de morale et de bouffonnerie qui s'était introduit dans les pièces représentées tant à a Trinité, qu'à l'hôtel de Flanavait scandalisé les honuèles gens. La

l'hôpital de

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religion ne put souffrir davantage cette idée de dévotion, qu'une pieuse simplicité des temps plus éloignés avait attachée au théâtre; et encore moins cette profanation de n >s principaux mystères, qui en fusaient lo plus souvent la matière. Ainsi, lorsque la sa!le, le théâtre, et les autres édifices furent construits (tels qu'on les voit encore aujourd'hui à l'hôtel de Bourgogne), et que les confrères curent présenté leur requête au parlement, pour obtenir la permission de recommencer leurs spectacles, la Cour, par arrêt du 17 novembre 1548, les maintint 'à représenter seuls des pièces sur ce nouveau théâtre, avec défense à tous autres d'en représenter dans Paris et dans la banlieue, autrement (pie sous le nom, l'aveu, et au profit de la confrérie; mais par le même arrêt, i'I fut ordonné aux confrères d« ne donner sur ce même théâtre que des sujets profanes, licites et honnêtes, avec défense d'y représenter au?un mystère de la Passion, ni autres mystères sacrés. Ainsi furent bannies les pièces du premier théâtre français; toutes dévotes dans leur origine , mais qui avaient dégénéré dans la suite en un mélange monstrueux de moralités el de bouffonneries, aussi désagréable aux gens d'esprit qu'injurieux à la religion.

« Celte défense du parlement obligea les confrères de la Passion, à qui il ne convenait plus, par le titre religieux qu'ils portaient, de monter eux-mêmes sur le théâtre, pour y jouer des pièces purement profanes , à louer leur hôtel Je Bourgogne et leur privilège à une troupe de comédiens qui se forma pour lors, en se réservant néanmoins deux loges pour eux el pour leurs amis, qu'on appela les loges des maistres. »

La France entière appela les représentations de la Passion. Le clergé les palrorïait, et y jouait les rôles périlleux el douloureux du crucifiement ou de la pendaison de Judas, portés quelquefois jusqu'à la réalité du martyre.

M. O. Leroy rappelle dans ses Epoques sur l'histoire (le France (Paris, in-8*, p. 382), lu zèle du chapelain de Métrange et du curé do Metz, en U37, qui faillit leur

(Vi$) Il s'casnU de ceci, et de ce que dessus, du S"jol de celle rente spceiGée do 325 d'or valait q.uiiraiitc-1'tiiq sous.

ires, nue l'écu

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DICI I0NNA1UE DES M\STEIIES.

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couler la vie, dans le rôle des deux, principaux personnages de la Passion.

Le célèbre mystère fut joué en 1151, à Abhevdle, dans un emplacement situé derrière l'église Saint-Gilles, et que l'on désignait sous le nom de Camp Cotait Pertris. (cf. F. -G. Louandre , llist. d'Abbeville; Abbeville, 1834; in-8°, p. 237-238). Le dernier jour de l'an 1452, le corps de ville arrêta que la somme de dix écus d'or (111 IV. 00 c. au moins), qu'un certain Wille do llonnœuil avait payés à maître Raoul Gréban à Paris, lui seraient remboursés des deniers de la communne, et que ces jeux, clos et scellés par les écbevins, seraient mis en un coffre en l'eschevinage, tant et jusqu'à ce pj'on les jouât. (Louandre, ibid, 239,) En note, l'auteur ajoute que le manuscrit de R. Gréban n'existe plus dans les archives do la ville. En 1453, l'on représenta, sans par 1er, la passion de Jésus-Christ, et la viede plusieurs sai ils, en réjouissance de la conquête de la Guyenne et de la mort de Talbot. (Ibid., 230.)

En 1451, les chanoinesavaient donné, pour leur part, aux acteurs de la passion quatre livres seize sous. (Tubul. S. Wulfr. Abbavil., p. 9 et 13, dans Du Gange, Gloss. inf. clmed. lat., v°. Luttas Clirisli, édit. Henschell ; Paris, Didol, 18i5, in-4", 0 vol.. t. IV, p. 157.)

L'abbé de Lame, dans ses Essais historiques sur les bardes, les joncteurs cl les trouvères normands et anglo-normands (Caefi , Mancel, 1834, in-8% 3 vol., t. I", p. 100), l'ait mention d'un mystère de la Passion, qui, en 1474, aurait été représenté a Rouen, dans le couvent dos Dominicains.

Mais ce qui fut surtout singulier, c'est l'ardeur do l'Ouest, qui, non plus que le Midi, sauf clans les régions étranges do la Rretagne, n'a pas produit de mystères. A Angers, a Poitiers, ce fut fureur, comme à Monlmorillon, Saint-Espain, Doué, Sainl- Maixent, Saumur. A Poitiers et à Saumur le théâtre fut permanent.

M, de Sainte-Beuve a rappelé, à propos du mystère de la Passion, el du grand succès de" ces représentations h Saumur, la 28e serée de Guillaume Bouchet. (Sainte-Beuve, tableau liist. cl cr. de la poésie française et du lltéal. fr. au xvi' siècle ; - Paris, 1828, in-8" vol. I. 1", p. 217-234.)

M. Louis Paris (Toiles peintes et tapisseries de la ville de Reims, Paris, 1843, in-4°. 2 vol. t. 1", Préf., p. lvii, lxi) donne des extraits des mémoires inédits de J. Foulquart, qui nous apprennent qu'au sacre de Charles VIII, en 1484, fut joué le mystère de la Passion. Les citations de Foulquart sont confirmées par une autre du Livre des conclusions du conseil de Reims, à la même année 1484. Un chroniqueur du x,vi* siècle, Jehan Passot,raj porte, sous ladalede 1330, une série d'antres leprésentationsdola Passion, où « I • peup.o accouroit de toutes parts et y venoit-ou bien de trente lieues à la ronde. »

6°.-— Les autcmsdii Jrume sonl inconnus.

Les auteurs delà Passion sonl inconnus.

Les frères Parf.iit, dans le premier volume de leur Histoire du théâtre françois (Paris, 1734, in-12, p. G0, 73), critiquent Lacroix du Maine qui semble attribuer la Passion à Jean Michel, tandis que le mystère était joué depuis 1402, et que tout prouve qu'il est de plusieurs auteurs. « On commença par la Passion, et ensuite ou rélrograda jusqu'au mariage de Joachim... » Le but des personnes qui s'y entremirent comme auteurs ou comme acteurs, était d'instruire et d'édifier en amusant, et ce but fut en grande partie atteint. — bans le deuxième volume de ce môme ouvrage (1735, p. 283, 294), ils citent les représentations de Metz en 1437, de Poitiers en juillet 1480, d'Angers en août de la même année, de Monlmorillon, Langest, Saint-Espain, Doué, Saint-Maixent, Saumur dans la première moitié du xvi' siècle.

Onn'adenotions que surdeux des hommes qui y mirent la main pour la réviser. Et encore ces notions sont-elles des plus incertaines. Cependant, aujourd'hui, les Gresbans paraissent antérieurs à Jean Michel.

L'abbé Lebeuf, qui ne connaissait d'édition de la Passion que celle de 1539, avec les additions de M. Jehan Michel, remarquait que rien ne distinguait ce qui était d'une première main , pour lui inconnue , d'avec ce qui était de Jean Michel. (Remarques envoyées d'Auxerre ; — Mercure, de France ; Paris, in-12, 1729, décembre, p. 2981-2995.) Le savant abbé ne connaissait donc que Jean Michel , et il le croyait évoque d'An*; gers.

« Ce n'est point un homme entièrement indifférent, dit-il, puisqu'on remarqua en lui tant de piété et de science, qu'il fut fait évoque d'Angers. 11 mourut en odeur de sainteté l'an 1447, et le chapitre d'Angers lit môme quelques poursuites pour sa canonisation. Il étoit natif de Beauvais. Ce seroit peut-êlre de sa plume que seroit sortie une comédie qui est un dialogue entre Dieu , l'homme et le diable, qu'un manuscrit de Saint-Victor de Paris, coté 880, dit avoir été jouée l'an 1420, a Paris, au collège de Navarre. » ( L'abbé Lebelf, Remarques envoyées d'Auxerre, le 0 décembre 1729, Mer* cure de France, 1729, décembre, p. 2985.)

Lacroix du Maine (Bibliothèque françoise, p. 2i8) ne connaissait, de même que Lebeuf, que Jean Michel; mais ce n'était plus lu saint évoque mort en 1447.

« Jean Michel Angevin, poëte très-éloquent et scientifique docteur. Il a écrit en vers françois le Mystère de la Passion de Nuire-Seigneur. Ce mystère fut joué en la

ville d'Angers sur la fin du mois d'août

l'an 1480 , auquel temps fleurissoit l'auteur »

Les frères Parfait observent, à propos de cet article, que Lacroix du Maine sembla croire Jean Michel l'auteur même de la Passion, qui n'a été que remaniée par lui. (llist. du Th. fr., t. 1", p. 07:)

M. Louis Pans, de nos jours, a repris la thèse de l'abbé Lebeuf. C'est à Jean Michel,

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DICTIONNAIRE W.i MYSTERES.

l'As

évêque a'Àngers, mort en 1V37, qu'il atiril)iio le drame de la Passion, le! qu'il fut joué à Metz, en 1W7, à Reims, à Paris, a Angers, avant môme la grande représentation du 1486. Il donne toute une longue série de preuves à l'appui de cette allégation. Il est cei tain (pie la Passion était jouée sur les plar.es publiques des le xm" siècle, et que, depuis lors, elle n'a cessa d'être l'objet de remaniements et de refontes. La plus ancienne édition est celle de 1486, contestée, mais sans preuve, par M. Brunet , comme édition princeps. Celle édition contient la révision de inailre Jehan Michel , très-éloquent et scientifique docteur. « Lacroix du Maine dil que l'auteur étoit Angevin, et «qu'il florissoit » a la date de cette impression ; mais il est évident que o'tte dern ère assertion n'était pour le biographe

qu'une affaire d'induction » qu'il s'est

édifié seulement sur le litre des diverses éditions publiées aux xv' et xvi' siècles. » B. de La Monnoio considère Jehan Michel, auteur du mystère, connue l'évéque d'Angers, que le Gallia chrisliana dit natif de Beauvais, secrétaire de Lnuis II , roi de Sicile et due d'Anjou, ensuite d'Yolande d'Aragon, sa veuve , chanoine de l'église d'Aix , de celle d'Angers en 1428 , évoque de cette ville en 1435, et mort le 11 septembre 1447. Les frères Parfait arguent d'erreur cette supposition , sur ce que Lacroix du Maine dit Angevin Jean Michel, tandis que l'évoque était de Beauvais; que l'on n'eût pas qualifié de « scientifique docteur » un évêque, et (pu1, en 1436, le réviseur do la Passion vivait encore , toujours d'après l'autorité de Lacroix du Maine; ils veulent, en conséquence, que Jehan Michel soit le médecin de Charles \ 111. Mais il est évident que l'édition de 1486 est de beaucoup postérieure aux révisions de Jehan Michel, l'imprimerie, introduite à Paris seulement vers 1470, n'ayant dû s'occuper d'une édition du mystère que longtemps après son établissement ; ces révisions ont dû être jouées à Metz, à Rouen, a Reims, à Paris , h Angers , même longtemps avant 1486. On n'eut pas traité de très-éloquent un médecin; ce litre convient mieux à un évèque. Le mystère de la Résurrection qu'analysent les frères Parfait à la suite de la Passion, est très-certainement révisé par Jehan Michel ; celui qu'ils examinent sommairement dans leur second volume , et qu'ils confessent comme l'œuvre de Jehan Michel, quoique très-différent du premier, fut joué en 1480. Le mystère de la Vengeance semble très-sûrement être de la main de Jehan Michel , et en tète de l'édition de 1480, on voit un évèque dont la tète est nimbée, signe de sainteté, qui se rapporte très-bien à l'opinion qu'avaient les Angevins de leur évoque. Enlin, preuve décisive, Pierre Gervaise, qui vivait à lu lin du s.v' siècle, dit dans une épître :

Ce imistre Jelcin Micliel Qui fui (l'Augiois evesquq ei patron ici

Qu'un le (fit s:iincl. Il feil par personnages Le Pastioiielnulires beaux ouvrages...

(Louis Paiiis. Toiles peintes et tapisseries de la tille de Reims: Paris, 1843, in-4", 2 vol., t. I", Prêt'., p. xi.vii-i.vii.)

Pour amener sans doute uni1 conciliation, et tout eu annonçant un (jranil travail sur la question, M. Vâllet de \ inville [Biblioth. de l'Ecole des Chartes, 18'i2, cahiers de mai et juin) a fait, de son autorité privée, Je docteur Jean Michel neveu de l'évéque du même nom.

M. Magnin, avec plus de modestie et de prudence, a prouvé par la production des deux manuscrits île la Bibliothèque impériale de l'an 1474 qui portent le nom de Gresban, et qui snnl les plus anciens textes connus jusqu'à présent, que les C-resban précédaient Jehan Michel comme réviseurs; en effet le travail de Jean Michel ne semble pas antérieur à i486, date de l'édition imprimée.

Sans se préoccuper plusd'Arnoul Cresban que de Jean Michel, M. O. Leroy attribue la Passion a un homme du Nord, se fondant sur les traits propres au Nord que l'on rencontre dans le texte, sur le grand nombre do manuscrits conservés dans le Nord, etc., etc.

M. Villemain (Journ. des Sav., 1838, avril, p. 211.) s'est rangé à l'opinion de M. O. Leroy, en l'appuyant de cette futile observation que rien ne justifie : « Le Midi et le Nord me paraissent, pour la poésie, bien supérieurs aux provinces centrales. »

S». — Les représentations de la Passion n'oiucessi q^e par arrèl du Paiement.

Les représentations de la Passion n'ont cessé que par un arrêt du parlement. Cet arrêt élait ainsi motivé et conçu :

« Du samedy 17 Novembre 1548, Veo par la Cour la Requête à Elle présentée de la part des Doyen, Maîtres et Confrères de la Confraîrie de la Passion et Résurrection de Nostre Sauveur Jésus - Christ, fondée en l'Eglise de la Trinité, grande rue S. Denis , par laquelle, attendu que par tems immémorial, et par privilèges à eux octroyez, et confirmez par les Rois Je France, il leur étoit loisible faire jouer et représenter par personnages plusieurs beaux Mystères à l'édification et joye du commun populaire, sans offense générale ou particulière, dont ils avoient ci-devant joui lousiours, ils requeroienl, d'autant que, depuis trois ans, la Salle de la Passion avoit été, par l'Ordonnance de ladite Cour, prise, occupée, et employée à l'hébergement des Pauvres, et que depuis lesdils Supplians avoient recouvert Salle pour y continuer, suivant lesdils Privilèges, la Représentation desdicts Mystères, du protit desquels éloit entretenu le Service Divin en la Chapelle de ladi< le Confrairie, qu'il leur fût permis faire jouer en Indicte Salle nouvelle, tout ainsi qu'ils avoient accoustumé faire en celle de la Passion ; et deffenses fussent faictes à lous doresnavau!, tant en ladicte Ville, que Eaubourgs et Banlieue de celle Ville, sinon que ce soit sous le tillre de hulule Confrairie, et

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DICTIONNAIRE Di:5 MYSTERES.

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nu profil d'icelle

F.t sur ce oiiy le Procureur Général du Roy ce consentant : La Coir a inhibé etdetfendu, inhibe et deiïend auxdits Supplians, de joiier le Mystère de la Passion de Nostre Sauveur, ne autres Mystères sacrez, sous ni iue d'amende arbitraire; leur permettant aéantmoins de pouvoir joiier autres Mystères profanes, honnestes, et licites, sans offenser ou injurier autres personnes : Et deffend ladicle Cour à tous autres de jouer ou représenter doresnavant aucuns Jeux ou Mystères, tant en la Ville, Faubourgs que Banlieue de Paris, sinon >ous le nom de ladicle Gonfrairie, et au profit d'icelle, etc. »

9". — I c xvtii' siècle a méprisé la Pusûoii; opinions au xu< de MM. 0. Leroy, Louis Paris Magma, el Paulin Paris.

Depuis la lin des représentations de la

Passion, le draine n'a eu ipie peu d'historiens et do critiques. Au xviu' siècle, les frères Parfail, à peu près seuls, s'en sont préoc-

cupés

au

xix% il n'a guère attiré l'at-

tention que de MM. Magnin, O. Leroy, Louis el Paulin Paris.

La Passion, selon M. O. Leroy, nppai tient au nord de la France; c'est là que ses représentations ont eu le plus de prolongation et de durée. C'est là qu'on trouve le plus de manuscrits : Cambra;, Valenciennes, froyes en possèdent. Dans ces textes, une multitude de singularités sont propres au nord. Tel passage indique un sol inculte, unw nature encore aride :

Ici ne smii t\n? rachinellcs

lier! e!e:iei

Espiiieiies

TVs fœiiillelles,

Lieux desliiiils.

buus Lr.'.iiclielles

Auteleiies

Pommelelies

là poii elles

Suiii les fruiels...

(Etudes sur les mystères ; Paris, 1837, in-8°)

Dans d'autres on dislingue sans doute les

coutumes flamandes. « On peut se croire en

Flandre quand, aux noces de Cana, on entend

le maitre dire aux convives:

Si vous avez peu à manger.

Si beiivcz bien à l'ave iianl.

« Vous avez peu à manger, » est une formule de modestie qu'un amphylrion flamand ne manque jamais d'employer quand la table est couverte de mels. Quelquefois il (l'auteur) cite le te\le même de ce \ieux dicton du pays, où l'invitation est formulée en maxime générale :

Quand à manger il a po (peu) Famée revenclier sur les pois.

« La Flandre a été, au moyen âge, un centre littéraire d'une grande activité, comme i ii témoignent les rhétoriques, les confréries artistiques et les usages encore subsistants de mimes des Trois-Rois ou de la Passion, si nombreux qu'en 183'i- l'evèque de Cambrai a cru devoir les défendre.

« A considérer le drame en lui-même, « le génie des arts et des lettres dans Ion le sa splendeur n'eut point sufii à DO pareil sujet,

mais dans la rep ésen talion du grand mystère, tel qu'il fut joué d'abord, la foi, qui pool tout agrandir, suppléait sins doute a l'insuffisance de l'art... » ;P. 166.) Supérieurs à l'idée d'Alhalie, à celle du Paradis Perdu, « la Passion est l'histoire du monde, de la vertu, des vices et des misères. » Jbid., p. 180.; Aussi les scènes pieuses, t uchai t s, risibles, s'y entremêlent comme dans la vie humaine.

« Le grand drame delà Passion, dit encore, dans un autre livre, le même auteur, est sorti des suprêmes enseignements du christianisme, sans doute, mais aussi des désastreuses leçons des dernières croisades, des justes craintes des débordements de l'islamisme, du désespoir universel des esprits glacés par de tristes présages, par de sinistres apparitions, par d'horribles tempêtes, par une mortalité effrayante; du désir de se reporter sans cesse, en idée du moins, sur ces lieux tant de fois profanés depuis la mort du Christ; de la haine de tous les persécuteurs de la religion, et enfin de la naissauce d'une puissance nouvelle, indéfinissable, qu'on a nommée l'opinion el dont le développement formidable renversera le trône en 93. Les représentations de ce mystère sont assurément la manifestation populaire la plus hardie de la liberté chrétienne. »

Quel est l'auteur de la Passion?

Déjà M. O. Leroy, dans ses Etudes sur les mystères (Paris, 1837, in-8\ Inlrod., p- xiv), élait d'avis que le mystère de la Passion était l'œuvre de plusieurs hommes et même de plusieurs siècles. Il citait, à l'appui, la scène de la Juslice du xu* siècle.

Dans ses Epoques de l'histoire de France (Paris, 18^3. m-8°J,le même auteur poursuit son hypothèse.

Aucun des auteurs, selon lui, n'est connu. La Passion n'est pas l'ouvrage d'un seul homme . plusieurs et plusieurs sièilesont élevé ce monument. Avant lui, sonl jetées çà et là des pierres d'attente, comme pour le recevoir; l'une d'elles est le drame de la Juslice d'Eliennede Langton, archevêque de Cantorbéry. C'est ce jugement de Dieu, prononçant le sacrifice de son propre Fiis, que continuent les Mystères de la Conception et de la Nativité, qui forment, avec les précédents débats des quatre personnifications divines, la Justice, la Vérité, la Paix et la Miséricorde, la première partie du grand mystère, comme l'ont prouvé les manuscrits de Valenciennes, de Cambrai, de l'Arsenal el autres, qui ne portent pourtant que ce, titre : Mysière de la Passion. La deuxième partie du grand mystère contient en substance le spectacle de l'égalité humaine, fis orgueilleux seuls humiliés el Dieu s'abaissai.t lui-même, non pas vers ces âmes si hautes, mais sur les petits elles pauvres, s'entouranl de leurs maux, consolant la misère et n'admettant près de lui les rois qu'après les bergers. Dans la troisième partie de celte œuvre si diverse, ou sent toute l'influence de l'opini n. Des le début on

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trouve la reproduction frappante et prolongée de tous les bruits répandus alors contre

la reine et lo duc d'Orléans. Le duc de

Bourgogne se sert de l'émotion de ces premiers spectacles p mr captiver, abuser la laveur populaire. L'influence des ducs de Bourgogne sur les confrères de la Passion fut considérable. Ces confrères étaient trèsprobablement, selon l'expression do Boileau, des pèlerins. C'étaient au moins des hommes de d-ivers états, venus du nord de la France, car ces manuscrits de leur drame, si rares ai Meurs, y sont singulièrement communs; les lieux de leurs représentations à Paris portent les noms d'Hôtels de Flandre, d'Artois, de Bourgogne; les noms des acteurs appartiennent tous aux provinces du Nord; et si la bibliothèque des ducs de Bourgogne ne contient pas un seul exemplaire de la Passion, c'est probablement par suite de la réaction de Philippe le Bon contre les violences de Jean-sans-Peur que remémorait lo drame, et dont on aura voulu anéantir les dernières traces. Cette troisième partie fut représentée, sans doute, dans le temps que la reine et le duc d'Orléans étaient à Melun. « Qu'on juge de l'effet que devaient produire sur le peuple de Paris les murmures du peuple juif, lorsqu'il se plaint que le désordre règne partout, dans l'Etat, comme a la cour; quand il s'élève contre Hérode qui vient d'abandonner sa femme pour vivre avec la reine Hérodiade, épouse de son frère! Quel remède apporter aux maux dont chacun souffre? et qui osera faire parvenir jusqu'aux oreilles du faible prince la vérité, qu'une femme perfide en écarte? qui? Jean; Jean, l'énergique écho de Jacques Lcgrand... sorti du désert... » (P. 231.) Il n'épargne personne, ni le peuple, ni le régent, apostrophant de bas en haut, et imposant à Hérode, ou plutôt au duc d'Orléans, précisément ce que les hommes sages attendaient de lui. Le duc d'Orléans périt enfin, assassiné par le parti bourguignon; et sa mémoire est poursuivie par la calomnie; !e grand éclat de la passion orléanaise tombe enfin dans les afféteries de la coquetterie de Madeleine. C'est parées puérilités qu'est clos .'e Mystère de la Passion; et « ce grand ouvrage qui offrait d'abord sans doute, à défaut d'autres unités, l'unité catholique, l'intérêt tout religieux... après avoir été l'expression d'une foi naive,.. va s'altérant peu à peu... jusqu'au protestantisme... » llbid., Introd., p. 20.)

M. Louis Paris rappelle que dès le xm" siècle on jouait déjà le mystère delà Passion. En 1402 le répertoire des confrères de la Passion se composait déjà de plusieurs beaux mystères, et la Passion avait été retouchée plusieurs fois, entièrement refondue. L'édition de 14-80, révisée par Jean Michel, est certainement antérieure à cette époque, car Jean Michel ne peut être autre que l'évèque d'Angers qui'iuourut en 1447; on a attrrbué, à tort, au médecin de Charles VIII une œuvre qui lui est bien antérieure. Entin il est très-probable que dans les grandes Dicuonn. des Mystères.

DICTIONNAIRE DES MYSTERKS.

fin»

représentations de Reims, lors du sacre da Charles VIII, en 148'i-, ci! fut le (exle révisé de Jean Michel dont on se servit, de même qu'a Metz, Rouen, Paris et peut-être même a Angers avant les jeux triomphants du 148G. (Louis Paris. Toiles peintes et tapisseries (le la ville de Reims, ou la Mise en scène du théâtre des confrères delà Passion ; Paris, 1843, in-4°, 2 vol., T. I", Préf. p. xlvii-lxi.)

M. Magnin s'est arrêté à l'examen de la Passion dans un article sur le Théâtre Français au moyen dye de MM. Monmerqué et Fr. Michel, publié dans le cahier de juin 1840 du Journal des savants, p. 9-13. Parmi les productions de la prolixe époque cornprise entre l'établissement des confrères de la Passion à l'hôpital de la Trinité en 1402 et la suppression, par arrêt du parlement, de toutes les pièces tirées de l'Ecriture sainte, en 1548, il y a une de ces œuvres colossales, dont les développements n'exigent pas moins quelquefois de 30 à 40 journées et de 60 à 80,000 vers, qui reste encore comme inédile, et dont il faudrait donner un texte critique intégral où l'on se rapprocherait le plus possible de la rédaction primitive des confrères: c'est celle de la Passion. Cet e fameuse Passion qui, depuis 1398 et 1402 jusqu'à la fin du siècle, a produit tant d'enthousiasme, n'est pas perdue, malgré le témoignage du P. Niceron. On peut, sinon remonter au texte primitif, du moins en approcher. Deux manuscrits de la Bibliothèque Impériale, 7206 et 7206» contiennent ce texte révisépar Arnoul de Gresban; l'une de ces copies est de 1472 et semble antérieure au texte de Jean Michel, d'autant que l'édition d'Arnoul contient un prologue de la Création, le mystère de la Conception et Nativité, celui de la Passion et celui de la Résurrection. On ne trouve plus au contraire que la Création et la Passion dans le remaniement de Jean Michel. Malgré le succès obtenu par cette dernière édition abrégée, on revint de temps à autre au travail de Gresban, comme l'indique le manuscrit de la Bibliothèque Impériale, N" 7206, qui date de 1507 à l'édition de Paris de la même année, où le texte, remanié de nouveau et fort altéré, est néanmoins plus complet que celui de Jean Michel et suit évidemment de plus près le dessein même de ce grand drame. Ce n'est plus, en effet, comme les mystères antérieurs, une suite d'une fête, c'est une représentation originale, isolée, de longue durée, comme les mystères analogues des Actes des Apôtres des frères Arnoul et Simon de Gresban, ou du Vieux Testament, et il en résulte une révolution qui est l'établissement d'un théâtre permanent. Outre les deux manuscr ts signalés plus haut, à l'édition de 1507, que les frères Parfait ont en le tort d'attribuer tout entière à Jean Michel, tandis que le milieu seul lui appartient, d'autres textes que fourniraient Paris, Troyes, Valenciennes , serviraient à éclaircir et compléter celui de 1472. (rass. N° 7206'), qui reste lo meilleur connu.

PAS

M Paulin Paris. i!ans ses Manuscrits fran-

çois de la Bibliothèque du Roi (t. VI, 1845), a dit, à propos des deux manuscrits les plus anciens connus de la Passion, dont il donne la description en ces termes :

(Aise.) N- 7206. N° 7206*.

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