‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 721 sur 1429 · livre appartient à madame m'explique pas comment · texte numérisé non relu

livre appartient à madame m'explique pas comment

ta princesse de Rochesur- on le retrouve encore

yon. 'ci.

Et sur le verso de la même garde : Mûrie de Malingre, famé de noble homme Hector de u fcesl (ères sete Pastion.

La princesse de la Le second propriétaire

Hoche - sur - Yon était fut Philippe de Clèccs,

Louise de Bourbon, tille dont la signature est

«le Gilbert de Bourbon, au bas de l'avant-dernier

comte de Monlpensier , feuillet. Immédiatement

mort en 1496. Elle avait après, le copiste Jacques

(249) M. Vallet de Virivi'le dans sa Nolite, fort remarquable d'un mystère »ar versonnuqes... a eilc

Riche a ajouté sur la feuille blanche qui suit :

Faicl , escripl el accomply par inoy, Jacques Riche. Febre indique le lundi xMfjourde février, l'an mil quatre cent soixante el douze.

épou-é d'abord, en 1492, André de Chauvigny, seigneur de Chàieau-Roux, el en secondes noces Louis de Bourbon, fils de Jean, comte de Vendôme et prince de la Knchesur-Yon. Ce deuxième époux mourut vers 1520, el elle lui survécut jusqu'au 5 juillet 1561. (Cf.

Labbe , Tableau yénéaloqique de ta maison de Bourbon; Paris, 1632, p. 286 ci 501.)

« Contre notre habitude, nous réunirons la notice de ces deux manuscrits, parce qu« le second fournit plusieurs renseignements que nous demanderions en vain au premier. Ils contiennent le même ouvrage: seulement le premier, que nous désignerons par la lettre A, est accompagné de rubriques nombreuses qui souvent complètent l'indication de la mise en scène déjà donnée par les miniatures. Le second, B, répare ce désavantage par la précieuse rubrique du commencement: «Ce présent livre contient « le commencement et la création du monde « en brief par personnages; la nativité, la « passion et la résurrectiondenostreSauveur •'< Jésus-Christ traitées bien au long selon les « sainctes évangiles. Et devez savoir que « maislre Arnoul Gresban, notable bache- « lier en théologie, lequel composa ce pré- « sent livre, à la requeste d'aucuns de Pa- « ris, fist cesle création abrégée, seulement « pour monstrer la dilférence du péché du « déable et de Tomme ; el pourquoi le péché « de l'omme a été réparé et non pas celluy « du déable (249). Et pourtautqui vouldrnit « jouer le présent livre par personnages, « il fauldroit prendre et commancer à ce « prologue qui s'ensuit; et, ce fait, dèlais- « sier la dicte création abrégée et commari- « cer à Adam estant en limbe qui dit ainsi: « O souveraine Majesté. En ce point l'ont « l'ait ceulx de Paris qui ont jà par troisfois « joué celte présente passion. »

« Cet avertissement et la date du manuscrit B nous permettent d'affirmer :

« 1° Que le récit de la Création, par lequel commence la transcription, ne fut pas destiné à être joué par personnages, l'auteur l'ayant fait en manière d'avant-propos, pour y récapituler ies causes premières de la Rédemption.

« 2° Que pendant longtemps on donna 1<3 nom général de mystère de la Passion à un drame comprenant quatre journées. La première journée renfermait la naissance du Sauveur et son histoire, jusqu'au moment où la sainte Vierge le retrouve dans le Temple enseignant les docteurs. La seconde journée était remplie par sa prédication et par les circonstances de sa tradition aux Juifs dans le jardin des Olives. La troisième

[usque-là cette rubrique. (Ribl. de l'école desCkartet,

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niClUKVNAIltK l)LS MYSTKRLS.

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racontait sa passion et sa mort ; la quatrième sa résurrection.

« 3° Que le mystère de la Passion, ainsi distribué, avait élë déjà joué trois fois àParis, au commencement de l'année 1473.

« 4" Que l'auteur do la composition, ou du moins de cet arrangement, était un bachelier en théologie' nommé Arnoul Gresban.

« Voilà de nouveaux points acquis à l'histoire du Mystère de la Passion, et, comme ou va voir, ils ne sont pas étrangers à la vraie connaissance des origines de notre Théâtre,

« C'est depuis quelques années seulement qu'on a senti l'importance des anciens manuscrits qui contenaient le Mystère delà Passion. Les frères Parlait n'avaient, de leur aveu, consulté que les éditions imprimées dans les dernières années du xv' siècle (250), et ces éditions diffèrent du texte de nos manuscrits par une foule d'additions et omissions graves. Et puis la distribution n'en est plus la même. Notre première journée forme, dans ces imprimés, un mystère à part (251), celui de « la conception, nati- « vite, mariage et annoneiation de labenoite « vierge Marie avec la nativité de Jésus-Christ « et son enfance. »

« Notre seconde journée y devient les trois premières du Mystère de la Passion de Noslrc- Seigneur Jésus-Christ., joué moult triomphamment à Angers l'an 1486 (2ï2).

« Notre troisième journée répond à la quatrième du précédent mystère imprimé, e* notre quatrième a fourni la matière d'un autre drame imprimé séparément sous le titre de Mystère de la résurrection et ascension de Nostre-Seigneur (253).

■■< Ainsi de ces trois mystères taillés dans l'étoffe de notre grand mystère de ta Passion, le second a seul conservé ce titre primitif. Les critiques et les bibliographes ont cru, sur la foi de plusieurs éditions, pouvoir attribuer à Jean Michel, docteur très-éloquent et scientifique, la composition du troisième mystère et la révision des deux autres. M.Onésime Leroy, dans ses prérieuses Etudes sur les mystères, et mon frère Louis Paris, dans son grand ouvrage sur les Toiles peintes et tapisseries de Reims, ont fortifié cette opinion. Mais d'abord, quel était ce Jean Michel, a quelle époque vivaitil? Louis Paris et après lui M. Paul Lacroix, ce savant et ingénieux bibliophile, ont soutenu contre les frères Parlait et contre Niceron, que c'était l'évoque d'Angers, sacré en 1438, et mort vers 1447 en odeur de sainteté. L'argumentation de mon frère est vigoureuse. Les champions de Jean Michel, secrétaire et premier médecin de Charles VIII, s'appuyaient sur l'autorité de Lacroix du Maine, qui écrivait en 1584: Louis Paris répond par celle de Pierre Gervaise, lequel, dans une épitre adressée à son ami Jean

(250) Niccron va même plus loin : t Comme on n'a, dit-il, aucun manuscrit ni aucune édition qui précède les changements de Jean Michel, on ne peut savoir en quoi ils consistent. > (T. X.XX.VI1, p. 398.)

(251) Paris, sans date, on 1532 cl 1530, à lc\-

Bouchet, mort vers 15j.'j, dit do Jean Michel,

évoque d'Angers, qu'il ht

Par personnages

La Passion et autres beaux ouvrages.

« Ou objectait que si le saint prélat avait été l'auteur du mystère, les éditeurs n'auraient pas manqué do le saluer de ce titre d'évêque d'Angers , au lieu de l'appeler simplement très-éloquent et scientifique docteur; Louis Paris répond que Michel avait pu fort bien écrire avant d'être élevéà l'épiscopat, et que le litre de très-éloquent convenait mieux en tout cas à l'homme d'église qu'au suppôt d'Hippocrate. Certes, en l'absence des manuscrits que mon frère n'avait pas eu le pouvoir de consulter, il était impossible de raisonner d'une frçou plus irréprochable et plus persuasive. Combien il m'en coûte aujourd'hui de proposer une solution différente! Je vais dire mes raisons, et je ne demande pas mieux en vérité que de perdre ma cause.

« Ici l'argument capital est le vers do cet ami de Jean Bouehet. Mais à la rigueur, maître Gervaise ne pourrait-il pas s'être trompé? S'il jugeait vers 1530 que l'évêque d'Angers était l'auteur du mystère, c'était sur la fui des éditions imprimées; mais ou celles-ci gardent un parfait silence, ou bien elles se contentent de signaler \esudditions et corrections de maître Jean Michel. Et si Michel, évoque ou médecin, n'a fait que des corrections et additions adoptées pour la première fois à la représentation d'Angers en 1486, il n'est pas l'auteur du mystère, il doit céder la place à notre Arnoul Gresban. — L'évêque en est-il l'auteur ? Comment tous les écrivains qui parlent assez longuement de sa vie, de sa piété, de ses bonnes œuvres, ne disent-ils pas un mot de son admirable ouvrage? Comment les imprimeurs, dans le temps même où son homonyme, secrétaire et premier médecin du roi, jouissait de la plus haute considération, n'ont-ils pas averti que le réviseur dont ils adoptaient les corrections n'existait plus, et jadis avait été évoque d'Angers? Comment Jean le Maire, Geotfroi Thory, Marot, Lacroix du Maine et Pasquier ne prononcenlils pas même son nom? Comment prodiguent-ils leurs louanges aux deux frères Gresban et surtout à notre Arnoul, qu'aucun autre grand ouvrage ne recommanderait. — Si l'évêque Michel en est l'auteur, lui mort en 1448, comment en 1472 les Parisiens demandent-ils d'Arnoul Gresban un mystère de la Passion? Et comment enfin le plagiaire de Gresban, en livrant la plus belle partie des vers de Jean Michel, pouvait-il espérer de leur l'aire accroire que l'œuvre entière était sienne.

« Voilà des arguments plus nombreux et plus décisifs que le distique de Pierre Ger-

ception de l'édition de 1507, que l'on n'a pas remarquée, et qui reproduit la distribution d'Arnoul Gresban. Elle est extrêmement rare.

(-252) Paris, 1490-1512. 1532, de, eic.

[i">7,j l'iris, sans date, et 1541.

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vais..-; cependant ils tirent leur principale force de l'examen et de la comparaison des textes de Gresban et de Michel. De deux choses l'une : ou le premier auteur du mystère n'est pas l'évèquc d'Angers, ou nous avons perdu les copies de son ouvrage. On ne gardera plus sur ce point le .moindre doute après avoir vu les manuscrits. Mais il est aisé d'admettre avec tous les biographes que Jean Michel II, natif d'Angers, se trouvait dans celte ville en •J V86, quand on voulut y monter le Mystère de la Passion ; qu'il revit alors l'ancien texte, le coupa, allongea et modifia dans une foule d'endroits; que son travail fut généralement approuvé; qu'on l'adopta môme à Paris, où bientôt après commencèrent les représentations du vieux drame, et que ce fut avec toutes ces nouvelles additions et corrections que le mystère fut imprimé.

Le scientifique arrangeur était d'ailleurs un homme de mérite. André de la Vigne a cru devoir parler de sa mort dans ['Histoire de la conquête de Naples : « Le 22 août li95, a mourut a Quiers maistre Jehan Michel, pre- « mi er médecin duroy, très-excellent docteur ». en médecine, duquel le roy fustfort marry.»

« Quoijqu'il en soit, le drame de la Passion dit Sauveur remontait aux premiers jours du théâtre moderne. Cette sublime légende réunissait toutes les qualités; car elle était vraie, édifiante et susceptible de tous les efforts de mise en scène.... »

M. Paulin Paris indique parmi les épisodes précurseurs de la Passion, le Lazare d'Bilaire, les drames du manuscrit de saint Martial de Limoges, le draine de la Résurrection du xir siècle et le Jeu du Christ mentionné par Muratori.

La Passion est représentée d'abord par dès bourgeois, associés des Puys et des Palinods; il se forme ensuite des troupes 'd'acteurs pour la jouer, tels que les fameux confrères de la Passion, qui de Paris se répan lirent dans la province.

C'est alors que, « dans chaque ville, dit M. Paulin Paris, le récit de la Passion dut subir des modifications nombreuses en raison du temps, de la place et des acteurs dont on pouvait disposer. Telle partie fut abrégée, telle autre développée; on ajouta cei tains épisodes, on supprima jusqu'à des journées entières, ou d'une seule journée on en fit deux, trois et même quatre... »

Ces conjectures si heureuses expliquent 'e grand nombre des textes tous légèrement différents de la Passion que l'on trouve çà et là. M. baron Taylor en a acquis un exemplaire, dans la vente de la bibliothèque de M. de Soleines, que l'on dit des premières années du xv' siècle. Troyes en possède un autre des dernières années du même siècle ; Yalenciennes un troisième du xvi' siècle. « Reste notre leçon "206, «dit M. Paulin Paris, «achevéecerlainementle22février 1V73. »

« Quel qu'ait été le livret des confrères de la Passion en liOO, » conclut \ç sagace critique, o il est certain que vers ti"2 les Parisiens, ayant vouju jouir de nouvelles

représentations de l'histoire du Sauveur, chargèrent Arnoul Gresban d'en composer le livret, de l'écrire et de le mettre en état d'êlre joué. Gresban fit alors le chef-d'œuvre de notre ancien théâtre religieux. Sou ouvrage eut un grand succès, puisqu'on le transcrivait encoreen 1507, et puisqu'on en faisait à celte époque une édition assez correcte. Mais en le composant, le désir d'enchaîner tous les événements l'avait parfois aveuglé sur l'inconvénient des longueurs. Par exemple, le tableau de l'enl'auco de Jésus-Christ rompait l'uni lié d'intérêt, et quand on voulut le jouer d'une manière triomphante en U86 dans la ville d'Angers, ou sentit le besoin d'y faire des additions et des suppressions notables. Celle représentation d'Angers eut dans toute la France un grand retentissement; les Parisiens voulurent la renouveler; ils acceplèrenl les changements que Jean .Michel avait faits à l'œuvre de leur Arnoul Gresban, et le mystère fut rejoué chez eux tel qu'il l'avait élô à Angers quelques années auparavant; alors les éditions s'en multiplièrent, et dans les titres on eut grand soin de rappeler la conformité du texte avec la représentation d'Angers et les additions et corrections de maître Jean Michel.

u Dans ce remaniement de Jean Miche!, legrand travail d'Arnoul Gresban est, comme nous l'avons déjà dit, divisé en trois ouvrages distincts, et Je second des ouvrages, coupé lui-même en trois journées», a été fortifié d'une foule de nouveaux épisodes...»

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