ANTMSES DE LA PASSION
Une analyse définitive du grand mystère de la Passion était impossible. Entre 1398 et li"i, il y a soixante -seize ans, trois quarts de siècle, que l'on doit désespérer de dévoiler. La découverte d'un manuscrit antérieur h celui de li7i, ou d'une édition antérieure à celle de 1186, (détruirait tout travail tenté aujourd'hui.
Pour donner une idée de ce drame, nous n'avons trouvé de moyen que d'en fournir trois analyses qui se complètent sans se répéter :
La première est celle donnée par M. Paulin Paris du manuscrit de l'an li"i, œuvre des Gresban.
La seconde est celle qu'a publiée M. O. Leroy, d'après le manuscrit de Valencienues, datant seulement du x\V siècle, mais reproduisant évidemment un texte du xv*.
La troisième est empruntée aux frères Parlait, partie d'après Jean Michel, et partie d'après l'éditiou de 1507, qui reproduit .Je remaniement des Gresban.
Nous l'avons préférée au travail de M.
Louis Paris, d'après Jean Michel et l'édition de i486, son analyse n'occupant pas moins de 58i pages in-4°. Outre le défaut de son extrême longueur, elle a celui bien plus grave de ne donner qu'un texte altéré et inférieur à d'autres que, malheureusement pour M. Louis Paris, son frère même a décou-
DICTIONNAIRE DES MTSTERES.
PAS
verts etn'a pas cru devoir celer à la science
SCI'. Toiles peintes et tapisseries delà ville de leims; Paris, 18V3, in-4',2 vol., 1. 1", p. l-58i.) 1° Anal 1/ se de M. Paulin Paris.
« V Introduction, ainsi que l'auteur nous en a prévenu, ne doit pas être jouée; elle expose en quinze cents vers la création du monde, la chute dos anges et celle de l'homme, le mcurtro d'Abel et la mort d'Adam. Tout cela coupé par trois prologues, dont le premier commence ainsi ••
Ouvrez vos yeulx et reperdez, Dévoles gens qui entendez. ..
« Après cette introduction, un épilogue annonce l'objet du véritable mystère :
Au limbe nous commencerons Et puis après nous traiterons La iiaullaine narraeion, Pour venir à la Passion De nosire Saulveur Jésu-Crist.
Après, la Résurrection Kl l'admirable Ascension lit mission du Saint-Esprit.
(Msc. B., p. 14.)
« Puis on rubrique : * Cy commence le « premier livre de fa Passion île notre Saul- « veur dont le prologue est tout au premier « de celivre. Ibïpeni. » Ce mol veni eslen effet le premier mot du prologue ou sermon en 220 vers, placé dans le msc. B avant \'introduelion, et dans le msc. A après elle. En général la meilleure leçon du mystère est dans le msc. B.
PREMIÈRE J0UR.NÉE
« Début :
Veni ad Ubernndum nos,
Domine Deus virlutnm.
Pour l'offense du premier père
Que loin le gendre humain compère.
« Après avoir indiqué le luit qu'il veut atteindre dans ce mystère, l'auteur ajouto :
Se la révérence de vous
Faillie y voit dessus on dessoulis
Trop dit-on faillie de langaiges,
Soyez amiables et doulx,
El nous corrigez sans courroux,
l'en serons autre lois plus saiges.
(B., f. I, verso, p. 5.)
« Le- meneur du jeu, après un Ave Maria, reprend le texte sacré Veni ad tiberandum nos. « Les assistants, dit-il, vont avoir sous « les yeux le tableau des limbes et des an - « goisses que les justes y souffrent par leur « impatience do la venue de Jésus-Christ. « On moralisera ensuite un petit, en inlro- « duisanteinq personnages pour plaider de- « vaut Dieu la cause do l'homme ; pais on « suivra Jésus-Christ dans les merveilles do « sa naissance et de ses premières années. »
Si vous prions, seigneurs et dames.
Conjointement, hommes cl femmes, Que silence vueillez garder; El brief vous verrez procéder.
(A, (° 14, verso.)
« Dans la première scène paraissent Adam
et Lve, que les miniatures représentera nus-; Isaac, Jérémie, Ezéchiel, David, en marteaux.Tous conjurent Dieu de les arracher uu séjour des ténèbre*. Premiers vers :
ADAM
0 souveraine majesté.
Bon Dieu qui eu Eternité Règnes, sans jamais prendre fin...
(A et B, f». 14, verso.)
« Deuxiômescène : Icysont cinq personnages cnjparadis, et premier s'esleva une dame i.