V. Le Traité du Mariage Joachin
« lîarbapanter et Arbapnnter, oncles de saint Joacbim, songent à l'établissement de leur neveu, qui commençant sa vingtième année est dans l'âge d'être marié, pourvu que ce soit à quelque fille de bon lieu. Comme il est nécessaire de prendre une li'le de sa môme tribu, ils jettent les yeux sur celles d'Ysacar, Anne et Ysmérie. Sur cela Abias vient leur apprendre la violence des soldats d'Hérode. Cette nouvelle les raffermit encore dans leur dessein, allendu, disent-ils, que comme il est certain que de Joachim ou de sa race doit naître le roi promis aux Juifs, ces violences témoignent le prochain avènement de ce Rédempteur.
Ils vont tous trois proposer l'affaire à Joachim, qui l'ayant acceptée avec plaisir, se joint avec eux pour aller voir Ysacar, qu'ils trouvent s'entretenant avec sa fille Anne de la naissance d'une Vierge, qui, selon les prophéties, devait enfanter le Messie. Joachim et ses deux oncles font leur demande a Ysacar. Ce dernier la leur accorde, et ordonne à Anne de suivre Joachim au temple, dont ils prennent le chemin.
« D'un autrecôté, Achinel Melcliy, qui ont apparemment déjà appris toutes ces choses, se réjouissent du mariage de leur maître et de son bon choix. Leur conversation tombe enfin sur la malice des femmes.
mei.chï à son compagnon.
Femmes ont les lesies ligeres, El ne peut-on trouver manières Leur faire garder la maison.
ACIUN.
Aucunes usent de bl.izon, El mettent de leur foy promise.
Après qu'ils ont fait nicsprison, Selon le leinps el la saison, etc.
« Le prêtre Ruben vient aussi se promener à la porte du temple et moraliser en attendant quelqu'un.
ruben, Prestre.
Qui ne vil en bonne espérance, Est réputé pour une beste ; Et qui n'a aujourd'liuy clievance, Il est en peine el souffrance,' Il n'est point réputé honnesle.
Parquoy il fault que m'appresle A amasser deniers, et prendre Faisaui en ce Temple ma qncsle,
De tout cela que je y acquesie Compte à nully je n'en dois rendre; Moiulaineinciil me failli despendre Les biens qui de ce Temple viennent; Mais en sny noler et comprendre Que nourrir en failli el apprendre Les Pucelleites qui si tiennent.
Ainsy doneques ceulx qui sousliennent La Loy, déparient de leurs biens, Que les Preslres par bons moyens Départent aceulx qui en ont, Nécessité, voire el qui font Service à Dieu le Créateur.
« Ce prêtre fait ensuite quelques réflexions sur l'état présent de la race des rois de Jutla. Il trouve qu'elle se réduit au seul Joachim (l'auteur se dément par la suite au xxiic mystère). Voici son raisonnement.
Quant je considère et contemple
L'esiat de lignée Royalle,
Qui au temps présent se ravalie.
Amant du eosié paternel,
Comme du costé maternel;
11 me semble, pour faire lin,
Qu'encore le bon Joachin
En est exlraict. Qu'il soit ainsy,
Je ireuve en esc.ript sur c&y,
Que David eut (cela nolon)
Deux lils, Nathan, el Salomon
IVesl ce qui mc'rend assouvy.
De Nalan est venu Levy,
Lequel engendra Panlheia,
Kl Panlbera liarpanlera,
Dont est Joachin descendu
Ainsy doneques, bien entendu,
Joachin esl de la lignée
Royaulx : Si quelqu'un le nye,
Je luy prouveray qu'il a lorl.
« Enfin arrive Joachim, Anne, Ysacar, les deux oncles de Joachim et son cousin Abias. Ruben marie Anne avec Joachim, et leur souhaile mille bénédictions.
(Ity s'en vont chacun en sa place.)
« Après qu'on a reconduit les nouveaux mariés chez eux, on se relire. Lorsqu'ils se trouvent seuls, Joachim déclare à son épouse la résolution qu'il a prise au sujet de ses revenus. Anne l'en loue fort, et tous deux promettent de vouer à Dieu l'enfant qu'il leur plaira accorder. »