ZOROBABEL
Christus vault à dire comme unctus
«Christus signifie donc oint? réplique « Roboam : cela étant, il faut qu'il soit roi; « el c'est une conséquence nécessaire. » Ici la dispute recommence avec plus de chaleur, et chacun s'empresse d'assaisonner ses discours de longs passages latins. Jésus les ramèneencoreàsonsentiincnt cnleur parlant de l'étoile qui conduisait les trois rois qui sont venus adorer ce Messie ; il leur rappelle la paix universelle qui régnait dans ce tempslà par tout le monde, assujetti à un seul empereur. Les docteurs qui se voient convaincus par tout, ont recours à une dernière objection, qui est de demander à Jésus si tout cela pouvait s'accorder avec le nombre des semaines prédites par le prophète Daniel. « Oui, répond Jésus, et il est aisé de « le supputer. » Les docteurs acceptent le parti, et se mettent en devoir de l'accomplir. »
(Icy font semblant d'eslndier, et les autres de nombrer.)
'292) Grave, précise.
PAS
TAS
LUI. Comme Joseph cl Notre-Dame chercherait Jésus, a Noire-Dame prend congé des deux Maries ei d'Aquêline, et, «entant une inquiétude mortelle sur la perte de son fils, elle court pour le trouver. En chemin, elle rencontre Joseph et lui demande s'il ne sait point ce qu'il est devenu. « Je ne l'ai point « vu, lui répond-il, depuis que je vous ai « quittée. » Esdras et Zébédéus, en arrivant, prennent part à la douleur de la Vierge, et vont avec elle chercher le petit Jésus « Joseph a eu grand tort, dit Esdras; « il ne devait pas le quitter. — Ce n'est pas « sa foule, » répond Aquelinc.
AQCEL1NE.
Ha! le poure homme n'en pont mais, Il en pence comme «le soy mesmes ; Il a euidé qu'entre nous femmes L'eussions par deçà amené.
« Cependant on cherche Jésus de tous côtés; les deux Maries y emploient tout leur soin; on s'en informe, mais en vain, à Adormala et à Herbeline, deux des voisines de Marie. Joseph le demande à Priséus cl à sa femme Raphaël , et croyant qu'ils pourront le reconnaître, il leur en fait le portrait.
JOSEPH
11 a douze ans, ou environ,
Nonobstant qu'il est grandellet,
Ung beau filz assez vermeille!,
Les yeulx vers, la chaire blanche et tendre,
Les cheveulx blonds à tout comprendre ;
11 a la bourbe vermeille.
Il est bel Enfant à merveille,
Bresvement le failli ainsi dire.
« Notre-Dame, accablée île tristesse, fait une longue complainte, et Joseph la console de son mieux. D'un autre côté, les docteurs, que nous avons laissés occupés h calculer, après bien des peimset des soins ont la honte de se voir confondus par les discours du petit Jésus, qui leur objecte do si fortes raisons, qu'ils ne peuvent répondre et restent dans l'admiration. Cependant la Vierge apercevant Jésus, en avertit Joseph , et court embrasser ce cher entant. (Icy tient Xoslrc-Dtime à l'Enfant et le baise, cl ciil :) luniE.
O mon donlx Enfant gracieulx, Filz de toute doulceur parfait, Mon cher lilz, que nous ;is lu fait?
Qu'as lu fait à la pourc mère ?
Dieu scet combien je, et ton père T'avons quis douions el yrez.
ZOR0BABEL.
Cbere Dame, je vous supplie.
Esi-il voire Enfant, ce beau Filz'
MARIE
Ouy, Monsieur, c'est mon Filz.
UANASSÈS.
Belie Dame, gardez qu'il n'enlrc
(293) Ce prologue finable devait être intitulé : Epilogue; mais il y a apparence que dans ce temps on n'y prenait pas garde de si près.
Ci'M (>s quatre derniers vers nous apprennent
Eu oyseuse et jeunesse folle; Mais l'enlrelenez à l'Esrolle, Plus songnensement que pourrez .
El au leinps futur vous venez Qu'il tiendra ung noble chemin;
« Après que lesdorteurs ont félicité Marie d'avoir un enfant si charmant, et donné mille louanges à Jésus, Joseph lui dit s'il veut revenir. «Je le veux bien, » dit Jésus.