PHARES
Ce pourc a si grant froidure, Qu'il se met presque jusqu'au feu.
HÉDROIT.
Il m'est advis que je l'ay véu Aller souvent par la Cité.
Homme, viens çà, dy vérité, Ks lu pas d'aveeqnes celuy Jcsus de Nazareth?
SAINCT JEHAN
Qui luy !
HÉDROIT.
Voire luy, je cuide qu'il est Des gens de Jésus de Nazareth .
Des l'oys lui ay vu plus de dix.
(Icy la première interrotjacion Saincl Pierre, cl le coq {hante tissés bas.)
SAINCT TIERRE
Femme, je ne sçay que lu dis :
Je ne congneus en ma vie, Ne ne lus de sa compaignie, Je ne sçay qui est ce Jésus.
« D'un autre côté, le pontife Anne oraonne
qu'on lui amène Jésus, pour l'interroger.
(Icy rient Anne asseoir en une Chaire parée, et or amené Jésus (leva ul luy tout hjé.)
« Anne fait plusieurs questions à Jésu.*
PAS
PAS
sur sa doctrine ; il tâche de le iaire couper, et de pouvoir lui imputerquelques erreurs : comme il ne peut venir à bout de ses desseins, il prend le parti de le faire tourmenter, et ordonne à ses tyrans de le lier à unecolonne.
(Icy hjeul Jésus nu pilier tout vestu.)
« Pendant ce temps-là , saint Pierre est fort embarrassé ; dans la crainte qu'il a que l'on le reconnaisse, il veut se retirer, mais son inquiétude ne sert qu'à le découvrir.
il.NCT IMEIiRE.
Je trembles de peur El ay an cueur telle frayeur D'csire congneu tel que j<: suis Qu'il me vaut miculs ail viser l'nis(522i. El m'en sortir debois.
UÉDROIT.
H semble
Que cet bi>mme a ,elie peur qui tremble, Jamais ne vys bouline si simple, El erny de vray uu'il csi Disciple
De Jésus.
« Oui, assurément, il est de ses disciples, « dil Nembroth. — Je crov que vous avez « raison » répond Bédroit. Saint Pierre, pour leur ôler celle pensée, leur proiesto avec serment qu'ils se méprennent.
SAINCT PIERRE
Ce me seroil trop gran le injure; Par ma conscience le jure, l.i par le Dieu île Paradis, Je ne suis pas Ici i|ii« lu dis, Ne je n'en sçay cliose qlielqiionqiics Jésus ne coiignois, ne vys oneques, Puisqu'il en laull jurer si baiilt.
(Icy sortent S.iincl Pierre et Sainct Jehan dehors, et ne s'estomjneni pus de lit, le coq citante.)
« Les trois tyrans d'Anne, Uoullart, Den-
arl et Gadiffer, exercent touie leur fureur
sur Jésus; au bout de quelque temps, il
prend une curiosité à Anne, qui descend
pour voir à quoi ses gens s'occupent.
« Il les loue fort et leur permet, pour se délasser, de passer le reste de la nuit à jouer, pendant que, de son côte, il va se mettre un peu sur son lit. Le jour venant les douve accablant d'outrages le Sauveur. Et Anne, s'éiant réveillé, leur ordonne de conduire Jésus à Caïphe. »
(Icy inclinent Jésus à Cayphe.) XVII. En la Maison de Cayphe.
« Saint Pierre et saint Jean, inquiets du sort de Jésus, le suivent chez Caïphe ; et,
loin de même que chez Anne, ils vont prendre place auprès du feu, avec les six. tyrans de ces deux pontifes.
Ucy demeure Jésus tout seul aevanl Cayphe lié des mains et le corps, et se tirent ses tyrans et Juif» arrière.)
« Caïphe interroge Jésus; mais voyant qu'il ne répond poinl à toutes les demandes qu'il lui fait, il appelle Ma u cou rail 1 , et lui
(322) La poi le.
oraonne de publier à haute voix, que si quelqu'un a quelque sujel de plainte contre Jésus, il peut librement s'adresser à lui, et qu'il promet de lui en faire raison. Maucouranl sort pour exécuter cet ordre. Pendant ce temps-là, saint Pierre, qui est aupi es du feu avec les Juifs, souffre une étrange peine, on l'examine beaucoup, on lui demande s'il n'est point un des disciples de Jésus, et enfin, ou le reconnaît justement pour celui «l'entre eux qui a coupé l'oreille à Malchus. Cet apôtre, pour démentir toutes ces preuves, prend le parti de leur faire croire le contraire à force de sermer '
SAINCT PIERRE, près du feu.
Je puisse eslre excommunié Anaibémalisé de Dieu
El mourir en se propre .ieu.
Maudisl avec les uiauiliz, Si j " sçay «pie lu d s :
Car par le Dieu vivant lassus, Je ne sçay, ne congnois Jésus.
gadiffer.
Croire le laull, en conscience.
Puisqu'il iure, ei qu'il se maudit Si fou.
(A donc le Loq chante bien hnult.)
(Icy Sainct Pierre se part de la maison de Cayvhe
tout seul.)
« Pendant que saint Pierre va pleurer son crime, Maucourant publie l'ordre dont il est charge. Aussitôt accourt un giand nombre de Juifs, les uns pour accuser Jésus demille crimes imaginaires, et les autres pour le défendre des calomnies des premiers. Dans le nombre de ces derniers, se trouvent Zachée, Nico lème, Tubal, Gédéon, Moab, Abacuc, Nepralin et Célius.
(Icy arrivent tous les Jui[z ensemble chez Cayphe.)
« Pour être au fait de la forme de celte procédure, il est bon de savoir que voici comment s'en fait l'instruction. D'abord un des accusateurs se présente, et charge Jésus de quelque crime. Un des Juifs, zélateur de la vraie religion, répond à son accusation, soit en endémonlrantla fausseté, oueii taxant son adversaire d'une ingratitude extrême, de reprendre Jésus pour des actions qui ne vont qu'au profil de la nation. A ce iiJèle citoyen succède un nouvel accusateur; et à ce dernier un second défenseur, et ainsi do suite. Voici eu deux mots de quoi les Juifs l'accusent. Emélius lui fait un crime d'avoir dit qu'il est né avant Abraham. Salinanazar lui reproche qu'entre les guéri sons, qu'il prétend qu'il a opérées par enchantement, il a rendu la vue à un aveugle-né. Habanus lui impute comme un mépris de ia Loi, d'avoir fait desguérisons miraculeuses les jours de sabbat. Nembroth soutient qu'il s'est dit descendu des cieux. Abiion s'écrie hautement que c'est un séducteur, qui veut se faire chef d'une nouvelle secte, et introduire une religion inconnue à leurs pères. Nembroth vient encore l'accuser de s'être vanté, devant tout Je peuple, de rebâtir le temple en trois jours. Et Celcidou lui objecte d'à-
DICliONNAItlE DES MYSTERES.
PAS
voir tenu des discours séditieux, Attentatoires n l'autorité de l'empereur, dans le (iessein de détourner le peuple de lui payer le tribut ordinaire. Toutes ces calomnies et ces fausses imputations sont bientôt détruites par les Juifs fidèles : cependant, comme Jésus ne répond rien, Caïphe qui ne cherche qu'à le .perdre, fait retirer l'assemblée, et veut l'interroger à part, pour tâcher do lui trouver quelque apparence de crime.
(lcy met Jésus tout seul devant Cayphe, et puis se reculent de lui.)
« Caïphe le conjure, au nom du Tiès-Haut, de lui dire s'il est le Fils de Dieu. « Oui, » répond Jésus. A ce mot, ce pontife cuire dans une fureur qu'il n'est pas possible d'exprimer.
caïphe eu criant.
Blasphémai il, blusphcmavit :
Qu'esl-il bésoing u aller plus loing?
« Que nous faut-il davantage? ajoute-l-il « avec transport ; ne venons- ions pas d'ap- « prendre de sa propre bouche l'arrêt de sa « mort ? Il ne reste plus , pour lui donner « une forme juridique, qu'à le faire prononcer « par l'ilale. » Tous .'es Juifs, à l'exception d'un très-petit nombre, applaudissent an sentiment nu pontife; mais, comme il est encore trop matin pour parler r Pilate, Caïphe ordonne à ses val, ls d'employer ce temps à tourmenter Jésus; les tyrans d'Anne s'offrent à leur tenir compagnie.
(lcij les six tyrans prennent Jésus, et lui crachent au vix<tge, et Layphe et tous les Juifs se retirent à bar/.)
« Lorsqu'ils sont las, ils le frappent avec leurs butons.
(lcy le butent de basions.)
a Au bout de quelque temps, comme ils s'aperçoivent que tous ces tourments l'ont extrêmement défiguré, ils se retirent et laissent Jésus tout seul. « J'ai mal au cœur « quand je le regarde, dit Roullart. — Fai- « sons autre chose, dit Dragon, couvroris- « lui le visage, et en le frappant a grands « coups de poing, nous lui dirons de îiom- « mer celui qui lui aura donné le coup. »
(lcy le bendenl et le laissent sur une selle basse.)
« Comme Caïphe voit qu'il est h peu près l'heure de parler à Pilale.il descend, et trouvant ces six bourreaux dans l'occupation que nous venoiisdedire.il leur dit de cesser, et de conduire Jésus chez ce gouverneur, où il s'apprête à les suivre avec sa troupe. Jinsuil.e il ordonne à Maueouranl d'aller prier Anne de s'y rendre aussi.
(lcy va Maueouranl quérir Anne cl ses gens.)
(lcy s'en vont les tyrans les premiers, qui meinenl Jésus lyé : cl puis Cayphe vient luul seul, et les Pharisiens, Scribes et Juijz après, chacun en son ordre.)
« Maueouranl arrive chez Anne. Ce pontilc, apprenant le sujet qui l'amène, lui dit
qu'il est prêt, a aller chez Pilate, et ordonno a ce messager de le suivre. »
(lcy s'en va Anne et Maueouranl Meisayier à l'Osel de l'ilatr, ou il trouvera Cayplte il ses Pharisiens et Seiibes, qui maillent Jésus. El est la fin de la Tierce Journée du Mystère de la Passion Jésu- Chrisl.)
Fin de la troisième journée du Mystère de la Passion.
PERSONNAGES
De la quatrième journée du Mystère de ta Passion.
DIEU LE PERE. 1SACIIAR, Sri ibe.
JÉSUS CIIRIsT. NATHAN, idem.
LA SAINTE VIERGE. NACIHIIt. idem
sainct miciikl, Ange, phare., Juif ennemi de
GABRIEL. iJem. Jésus.
Raphaël, ilem. abiron, idem.
uriel, idem. SALMANAZAR, idem.
chérubin, idem. nfmbroth. idem.
séraphin, idem. cei.cidon, idem.
saint pierre, Apôtre, rabanus, idem.
SAINT ANDRÉ, idem. EMÉLIUS. idem.
saint Jacques ilu Major, pilate. G -il vi rneur da
idem. la Jinté<*.
saint jf.iian, idem. progilla, femme de Pi-
SAint pdilippe, idem. Iule.
saint bartrei emy, idem, barraqcin, Confident do
SAINT MATTHIEU, idem. Pil;ile.
saint tiiomas, idem. griffon, Tyran de Pilalr.
saint svmon, idem. brayabt, idem.
saint jlde, idem. diiili.art, idem.
saint Jacques, dit Miiinr, cLAQuiDENT, idem.
idem. le centurion,
judas, idem. rubiiin, Sol. lai du Ccntil-
harie jacob, Sœur do la rion.
Vieige. ascanius, idem.
marie salomé, irfeni. iiarchaktoNne, idem.
LAZARE. LO.NGIS, Sol lai Romain.
MAGDALEiNE.Sœur de Ln- HÉRODE.TétrarqueileGa-
zarc, lilée.
Marthe, idem. noDicoN, Seigiiour de la
pérusine. Demoiselle de Cour d'Héiode.
la Magdeleine. andalus, Maislre d'Hôtel
pasiphée, idem. d'Hérode.
nicodeshe, Docteur da la grongnart, Donicsli<iuo
Loy. d'ilérnde.
josepu d'arimathie, Olïî- disjias, bon Larron.
cier Juif commis par barrabas. Meurtrier.
l'empereur. gkstas, mauvais Larron.
javrcs, Arcliisynagogue. roullart, T.yran d'Anne.
SVMONLÉrREUX. DENTART, idem.
jullye, veuve de Naîm, capiffer, idem. et inarcliaude de Suai- bruyant, Tyrans do carres, plie.
véronne, Juive attachée malchus idem.
à l.i doctrine de Jésus, dragon, idem.
barthimêe aveugle de hédroit, Servante d'An-
naissance , guéri par ne.
Jésus. braïàult. Geôlier.