‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 864 sur 1429 · DÉSESPÉRANCE · texte numérisé non relu

DÉSESPÉRANCE

Vecy dagues, vecy cousieaux, Forcelles, poinçons, allunielles (326) ; Advise, choisis les plus belles, Et celles de meilleure forge, Pour le copper à cop (527) la gorge.

(Icy prenl Desespérance une ddgue en sa main, et la monstre à Judas.) (Icy tuy monstre uikj cordeau.) Ou si lu ayme inieulx le pendre, Vecy las et cordes h vendre,

(325) Babillard.

(32(5) Lames de couteaux.

(527) Tout à coup.

(528) Joignons ici une remarque convenable au sujet. Outre que peu de gens connaissent l'auteur d'où nous la lirons, c'est qu'elle servira à jusiilier les noires, qui, en qualité de poêles, pouvaient bien employer quelque fiction dans ce mystère, puisqu'un homme qui se donne pour un voyageur, et pour témoin oculaire de ce qu'il rapporte, l'a bien couchée par écrit dans son livre. C'est le voyageur Jean

Pour te estrangler toul à cop.

Que ailens-tu? tu demeure trop :

Ba le fer tandis qu'il est chault.

« Judas, voyant que c'est une nécessité inévitable, s'abandonne entièrement à Désespérance, et se détermine enfin, après bien des discours, à suivre le second parti qu'elle lui propose

(Icy monte Judas au haull d'ung arbre feullu de branches de Sem", et Désespérance monte avccquesluy pour tuy aider, et les Diables demeurent au bas.)

« Ce malheureux, se sentant proche de sa lin, veut profiter des instants qu'il a encore à vivre, et ordonne à tous les diables de venir reeevbir sa dernière volonté.

JUDAS

Haro! mon niaislre Lucifer, Et tous les grans dyables d'Enfer, En mon despit irespassement Venez passer mon testament, Ainsy que je deviserai.

« Ne t'embarrasse pas , » répond Satan, nous sommes tous prêts.

Dy hardiment ; je signeray.

« Judas ayant déclaré ses dernières volontés, lesciuelles sont dignes de lui, se pend.

(Icy se pend Judas, et les Diables sont dessottbz luy [528].)

« D'abord que Judas s'est pendu , tous les diables accourent pour se saisir de son âme. Lucifer ordonne qu'on la lui amène promptement. Aslaroth la cherche, mais inutilement.

(Ici crevé Judas par le ventre, et ses trippes saillent dehors, et l'Ame sort.)

« Cette âme en sortant répand une foule de malédictions, et s'en va au lieu préparé pour son tourment. Pendant ce temps-là, Désespérance, qui a fait l'office de bourreau, dépend le corps, et les diables l'emportent aux enfers avec une extrême joie.

(Icy [ait lempeste en Enfer.) V. Devant Hérode.

« Barraquin, à la tête des archers qui conduisent Jésus, arrive enfin au palais d'Hérode; il va parler à ce prince, et lui dit que Pilate, son maître, ayant appris que Jésus, accusé par les Juifs, était né son sujet, n'a pas voulu s'en mêler, et qu'il le lui envoie comme à son juge naturel, pour en ordonner ce qu'il souhaitera. Hérode reçoit avec beaucoup d'amitié la politesse de Pilate, et proteste à Barraquin , qu'en faveur de cet

de Mandeville, qui, en parlant des choses curieuses qu'il a remarquées à la terre sainte, se vante d'avoir vu l'arbre où Judas se pendit. Voici le passage tel qu'il est. « Item, à l'endroit de Natatoire Siloë, y a une ymage de pierre u.oult anciennement ouvrée que Absalon lit faire, et pour ce est appellée Absalon; et assez près est l'arbre de Such où Judas se pendit, par despérance, pour qu'il avoit trahi Noslre-Seigneur : Mais sçachez que ce n'esl-il pas, mais c'est urig autre qui est regélce dudict arbre, i (Voyage de Mandeville, édition i'u-4".)

PAS

DICTIONNAIRE DES MÏSTERES.

PAS

Iionnôle procédé, il vont bien oublier toutes les altercations qu'il a eues avec lui, et le regarder désormais comme son ami. Barrâquin, s'élanl acquitté de sa commission, ordonne aux satellites d'amener Jésus.

(Icy mettent Jésus tout seul déviait llérode.)

«Ce prince, <|iii est porté par son inclination aux choses curieuses, et qui a entendu raconter des aclions surprenantes de Jésus, se sent une obligation infinie envers Pilate, oui lui a procuré cet avantage, espérant que Wctre-Seigneur fera quelque prodige devant lui. Dans cette idée, il fait paraître beaucoup de bonne volonté pour lui, cl se dispose à l'interroger avec toute la douceur possible.

(Icy les Seigneurs sont encore ensemble nu Temple, et délibèrent venir après Jésus devers llérode.)

« Les deux pontifes que nous avons laissés assemblés avec les scribes et les pharisiens, craignant qu'Hérode, de l'humeur dont il est, ne prenne Jésus en amitié, et le remette en liberté, se résolvent à traverser ce dessein de tout leur pouvoir, et, pour ce faire, ils vont chez ce prince , afin de l'en empêcher.

(Icy viennent Cayphe étions les Pharisées cl Scribes vers llérode.)

« Hérode fait quelques questions à Jésus, qui ne lui répond rien.

« Les Juifs entrent chez Hérode, qui leur fait beaucoup d'honnêtetés, et les prie de s asseoir.

(Icy se assienl Anne, Cayphe, et tous les Juifz, chacun en son ordre.)

« Hérode fait encore des demandes à Jésus, mais, n'en pouvant tireraucune réponse, il reste fort étonné, et s'imagine que c'est par mépris pour sa personne. Les Juifs, saisissant cet avantage, le confirment par leurs calomnies dans ce sentiment.

« Hérode ne voulant faire aucun mal à Jésus, et cependant désirant !e punirdu mépris qu'il fait paraître par son silence, ordonne à Grongnart de le revêtir d'un habillement blanc.

(Icy Grongnart vest Jésus d'ung habit blanc sur sa robede pourpre, où il y a comme une cappe derrière, et sera long jusgues au dessoubz du gras de la jambe, et pourra eslre caincl de une cainclure blanche.)

« Hérode ordonne qu'on le ramène à Pilate en cet équipage. »

(Icy remainenl Jésus vêtu de blanc vers Pilate, et tous les Juifs vont deux à deux après.)

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