‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 921 sur 1429 · DEUX VICAIRES · texte numérisé non relu

DEUX VICAIRES

(Très-anciennement, anus l'église de Sens, après le dernier répons : Et valde...., on chantait la prose suivante :)

le choeur. Les décrets élernels avaient, pour le court espace u'une semaine, choisi, non loin de la cilé glorieuse, un jardin, moins riche encore en bons fruits qu'immense, magnifique, semldable à l'Elysée. C'est là qu'un grand deCUrion el un noble centurion ensevelirent dans le tombeau qui leur appartenait la ('leur de Marie; celle Fleur, fleurie depuis les siècles, qui, le troisième jour, pril un nouvel éclat dans le tombeau, à la première aube du jour.

(Un enfant, en habits d'ange, assis sur un siège élevé, au coin gauche de l'autel, chantait.)

l'ange. Chrétiennes, qui cherchez-vous dans le sépulcre?

les trois maries répondent ensemble, en s'agenouillaiil. Jésus de Nazareth, le crucilié, ô habitant du ciel.

l'ance soulevant la tapisserie de l'autel et faisant seml'lunl de regarder dans le sépulcre. Il n'y est plus, il esl ressuscite comme il l'avail prédit. Allez, annoncez qu'il est resssusc'ué.

les trois maries s'en allant dans le chœur. Le Seigneur esl ressuscité aujourd'hui ; il esl ressuscité le lion puissant, le Christ, Fils de Dieu.

deux vicaires, revêtus de chapes de. soie, chantent au milieu du chœur. Dis-nous, Marie, ce oue tu as vu dans ton chemin.

LA première marie, à gauche, répond. J'ai vu le sépulcre et la gloire du Christ vivant el ressuscité.

la seconde varie. Les anges portaient lémo ■ gnage, ainsi que le suaire el les vêlements.

la troisième marie. Le Christ, notre espoir, est ressuscité, il précède les siens en Galilée.

les deux vicaires, faisant le rêvons. Il vaut mieux

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RES

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croire en laivéridiqiie Marie lonie scuK- que dans la tourbe trompeuse îles Juifs.

tout le choeur- Nnus savons que le Christ est vraiment ressuscite d'entre les morts; 6 roi vainqueur, aie pitié de nous.

(On dit alors te deim, elc.)

un* siècle.

1° Allemagne. — Saint-Biaise de la Forêt- Noire. — Au xiv' siècle, le jour de la Résurrection , dans un Rituel de l'abbaye Saint-Biaise dans la Forêt-Noire, on iiouve les traces d'une représentation figurée de la scène du sépulcre que le temps semble avoir tninformée et mitigée a cette dernière époque. (Cf. Martin Gerbert, Monum. veter. îtturg. Alemann., pars altéra; Saint-Biaise, 1777, l 1", et 1779, t. li, p. 236-237.)

11° France. — 1" Tout. — A Toul, au xiv* siècle) dans l'Ordinaire de saint Apre, on trouve une coutume dont l'analogie avec celle d'Angleterre et des rites consacrés par saint Dunstan, au x.' siècle, a été remarquée par don Marlène. (/« Tullensi S. Apri Ordtnàrio, dans le De antiquis Ecclesiœ ritibus, studio R. P. dom Edmundi Martene; Antuerp., 1738, iri-fol., 4 vol., t. IV, col. 420,

2° Strasbourg. — Un passage d'un Ordinaire du diocèse de Strasbourg, dont le manuscrit date de l'an 136V, et qu'a cité tloiu Marlène [De nnliq. Eccles. disciplina; Lyon, 1706, in-4°,l vol., p. 504, et fie anliq. Éccles. ritibus; Autuerp., 1736, in-fol., 4 vol., t. III, col. 507) prouve que l'Eglise de Strasbourg conservait aussi, clans les cérémonies du jour de Pâques, une trace obscure de quelque ancienne représentation figurée ; mais il ne subsistait plus qu'un dialogue entre les prêtres et les diacres.

3" Laon. — Dom Marlène (De anliq. Eccles. disciplina .-Lyon, 1706, iu-4°, 1 vol., p. 478, et De anliq. Éccles. ritibus; Anluerp., 1736, ih-fol., 4 vol., t. 111, col. 482, J a cité, d'après l'Ordinaire du diocèse de Laon, un rite de ce diocèse sur la Résurrection datant du xiv' siècle , qui se célébrait le jour de Pâques.

Les clercs, les enantres, ies chanoines se formaient en procession pour aller au sépulcre.

les diacres arrivés h lu porte du sépulcre. Le sépulcre esi illuminé.

le petit clehc dans le sépulcre. Qui cherchezvous ?

les diacres. Jésus de Nazareth.

le petit clerc II n'esl pas i< i.

LE CHANTRE et LE SOUS CHANTRE. Le ScigllClir est

ressuscite. Alleluiu !

Ensuite le Victimœ paschali Laudes, » etc.

4° Tours. — L'Eglise de Tours, îe jour de Pâques, d'après un Ordinaire de ceu*oçès£, datant du xiv* siècle et cité par dom Martène (De anliq. Ecc'es. disciplina; Lyon, 1706, in-4% 1 vol., p. 501 et De anliq. Eccles. ritibus; Anluerp., 1736, in -fol., 4 vol., i. III, col. 505), célébrait encore, dans un dialogue entre les clercs, le souvenir de quelque antique représentation figurée de la Résurrection.

DEI \ ENFAKTS, en aubes, l'un à droite, l'autre à gauchede l'autel, chantent Qui cherchez-vous?

trois chapelains, en dalmaliques blanches, la tête couverte, devant l'autel. Jésus île Nazareth.

LES ENFANTS. Il nVsl pas ici.

(Les trois chapelains montent à l'autel, regardent, se tournent vers le chœur, et à haute voix : Alléluia ! Le Seigneur est ressuscité.)

xv siècle,

France. — i'Yienrtc. — Le diocèse de Vienne, d'après dom Marlène (De anliqua Ecclesiœ disci/)lin(t, Lyon, 1706, iu-4", 1 vol., p. 504 et 536, el De ant. Eccï. ritibus ; Anluerp., 1736, in-lol., 4 vol., I. III, col. 506) répétait encore, au xv' siècle, dans l'ofiiee de Pâques et du mur de l' Ascension, une scène de la Résurrection; mais il ne subsistait plus qu'un dialogue entre deux chanoines et les chantres, que l'on chantait aux offices des deux solennités. M. de Moléon (Lchrun-Desmaretles) (Voyages liturgiques en France; Paris, 1718, in-4% p. 28 et 31) observa que cet asage antique se renouvelait deux fois dans l'année : à l'Ascension, ainsi que l'avait remarqué dom Marlène, et à Pâques, où l'on figurait la scène du sépulcre, outre que le dialogue était dit entre les chanoines et les chantres.

2° Narbonne. — L'Eglise de Narbonne

i d'après dom Edmond Martèle, De antiq. ïcclesiœ disciplina ; Lyon, 170*5, in-4°, 1 vol., p. 479, el/>e ant. Eccl. ritibus; Anluerpiœ, 1736, in-fol., 4 vol., t. III, col. 483 et 484) gardait encore, au xve s:ècle, des rites dramatiques de la Résurrection, lo jour de Pâques, qui furent continués presque jusqu'à nos jours, où ils furent abolis par le très-éinineiil cardinal de Bouzi, archevêque de Narbonne.

Après le dernier répons, suit la petite prose Almum te; ensuite s'avancent trois clercs en chapes blanches, l'amict sur la tète, e' portant chacun un flacon d'argent. Celui d'entre eux qui fait le personnage de Madeleine prend le milieu. A l'entrée du chœur, ils chantent ensemble : Omvipotens Pater allissime, elc. A la lin, à genoux, ils disent : Hélas! quelle douleur est la nôtre! Arrivés en face du pupitre : Nous avons perdu notre consolation. A l'autel : Allons acheter des parfums.

Il y a sur l'autel deux enfants parés d'aubes, d'amicts, avec des étoles violettes, un ruban ronge sur le visage et des ailes aux épaules, qui disent : Oui cherchez-vous dans le sépulcre ?

les trois maries répondent : Jésus de Nazareth.

les enfants. Il n'est pas ici.

(Ils soulèvent le voile étendu sur les livres d'argent qui

figurent sur l'autel le sépulcre. Les trois ilaties se

tournent vers le chœur et Madeleine chante seule:

Gloire à la victime «le Pâques.)

marie jacob. L'Agneau a racheté ses brebis.

VARIE saLOHÉ. Mors et vita duello, etc.

deux chanoines se nom placés auprès dupupiire. Die nobi.ï. Maria, i le.

madeleine, seule. Sepnlcrum Christi viventis, elc.

(Arrivée à angelic.os testes, elle montre de la main les anges de l'autel, puis, se ■ our/ia/ti vers le chmur;

Credendum magis soli, etc., el Scimus Christian surrexisse, etc.

le ciioei'R. Te Deum laudamus.

(Alors les Maries el les enfants rentrent au vestiaire pour se déshabiller.

xvr siècle.

RES

France. — Troyes. — La représentation figurée des trois Maries subsistait encore à Troyes au xvi' siècle, d'après le témoignage des historiens de cette ville. (Cf. Vallbtde Virivii.le, Archiv. hislor. de l'Aube; Paris, 1841, in-8% p. 3-29.)

xvn" et xvni' siècles.

France. — l'Angers. — A Angers, a la fin du xvn' siècle, le dimanche de Pâques, subsistait encore une scène figurée de la Résurrection; le dialogue ordinaire s'échangeait entre les deux maires-chapelains du chœur et deux corbeliers; chose très-singulière, en entrant dans le sépulcre, les corbeliers qui figuraient les Maries prenaient deux œufs (l'autruche enveloppés dans une étoffe de soie. On trouve ces détails dans les Voyages liturgiques en France, par M. de MoiÉoh ; Paris, 1718, in-4", p. 98.

2° Bourges. — A Bourges, le malin du dimanche de Pâques, avait lieu un petit spectacle puéril, sous le nom des Trois Maries (Cf. Fevret, Traité de l'abus\ qui fut supprimé par le parlement.

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