JOSEPH, NICODEME, LES VALETS
« Arrivés devantla croix, Joseph cria à voix haule :
joseph. Ah ! Jésus, fils de Marie, vierge sainte, douce et pieuse! quelle grande trahison fil Judas, et d ns son audace quelle grande folie, de l'avoir vendu par ambition à les ennemis !
MciiODEM. Son aine y a succombé, quand luimême s'est ôié la vie. Ces misérables Juifs, mes propres paren is, peuvent, non moins que Judas, être désespérés, car ils sont plus infortunés que lous autres. Aussi vrai que lu ne mens pas...
« Nicoilème prit ses outils et don Joseph lui dit alors :
joseph. Allez aux pieds d'abord.
nichodem. Volontiers, sire, ei doucement. Joseph. Moulez aux mains, ôlcz les clous. nichodem. Eh ! seigneur, de loul mon cœur, lous les deux.
« Quand Nicodèmu eut fini, il dit a Joseph qui soulen.iit le corps :
nichodem Doucement, prenez-le enlre vos bras. joseph. Oui, c'est ce (pic je fais.
« Ils descendirent le corps avec soin, et Joseph dit au valet :
joseph. Donnez-moi là les onguents, nous en oindrons lout ce corps.
« Tandis qu'on donnait l'onguent, Nicodèmedit tout haut :
nichodem. Ah ! Dieu lotit-puissant ! le ciel el la terre el l'eau el le vent, lout, sans faille, est soumis à ton commandement, (oui ainsi, hormis sur la terre les méchantes gens qui ont mis clui-c. aux tourments, qui l'ont sans ingénient livré à la mort. Un jour la vengeance viendra ; mais lu es un Seigneur bien patient !.. Accorde-nous d'inhumer dignement ce saint corps.
« Le corps oint, ils le mettent ujans la bière.
nichodem. Seigneur Joseph, vous clés l'aîné : allez à la tèie, je vais aux pieds. Allons vile l'ensevelir. Avez vous quelque lieu où le déposer ?
J >seph. J'ai un très-beau sépulcre de pierre lout neuf; allons-y sur-le-champ. Nous l'enlerrerons làdedans.