SCÈNE X
« Comme ils s'en allaient tous ensemble, quelqu'un leur parla :
quelqu'un regardant sur le chemin Où allez-vous en si grande hâte ?
un des soldats. Nous allons garder le tombeau de Jésus, qui esl enseveli el qui a dit qu'il ressusciterait le troisième jour.
le même. Pilale l'a donc commandé?
un autre soldat. Oui, en vérité, sachez-le. Voici le grand prêlre Caïphe qui vient avec nous de ce pas cl qui nous commandera. A préseul vienne qui voudra.
« Caïphe les ayant amenés, leur fit ces recommandations :
caïphe. Vous êtes enfin au tombeau, gardez-le avec soin. Si vous dormez el qu'on vous ravisse le corps, jamais nous ne serons bons amis...!
( La fin est perdue. )
xin' siècle, Allemagne. — Neubourg. — « Il y a aans un manuscrit du chapitre de Neubourg un
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Jeu penchai, dont le manuscrit date au moins du x\W siùcle , et qui expose la Résurrection du Seigneur en vers élégants et avec une action dramatique.
« Commencement :
« D'abord s'avance Pnate.
« Etant entré, il s'asseoit dans un lieu préparé d'avance.
« Ensuite.... les prêtres cnanlent : « O « Seigneur, nous avons gardé bonne mé- « moire de ces paroles de la foule; le sé- « ducleur avait coutume de dire : Je veux « ressusciter sous trois jours..-. »
« Pilate répondra : « Selon ce que veut la « discrétion, » etc.
« A la lin, tout le peuple ayant vu le Seigneur, le chantre entonne : Christ der ist erslanden. »
( Doni Bernard Pez, Thésaurus anecdotor. noviss., Augustae Yindelicor., 6 vol. in-fol., t. H, 1721, Dissertât, isagogica, p. lui. ) xm' siècle (suite).
Allemagne. — Saint-Florian, — Uom Bernard Pex(Thesaur. anecdotor. nov.; Aug. Vindel.,6 vol.in-fol.,t. Il, 1721. Dissertât, isayng., p. lui) signale ainsi une scène ligurée de la Résurrection pratiquée dans le monastère de Saint-Florian à la lin du xm' siècle.
« Dans les notes du chapitre xxm de la Vie de la vénérable recluse Wilburge ou ^Vi I bi rge éditée par nous (1715, Augustae Vindelicor., in-4" ), nous avons été d'avis que le Jeu pasehal auquel la vierge de Dieu regrettait si vivement de ne pouvoir assister, ne pouvait èlre qu'une de ces scènes draniaiiques relatives à la glorieuse Résurrection du Christ, et analogues à celles de la Nativité et de la Passion que l'on représente aujourd'hui en tant de lieux divers... » On lit dans la Vie de sainte Vilburge : « Une nuit du dimanche de la Résurrection, comme le clergé et le peuple jouaient dans le monastère le Jeu pasehal, la sainte, empêchée d'y assister, l'ut prise du vif désir de recevoir de Dieu quelque grâce spéciale au milieu des réjouissances par lesquelles on célébrait la Résurrection... »
xiv siècle, « On trouve h la Bibliothèque royale une pièce manuscrite portant : « Charles... a « nos ninez et féaux les gens de nos comptes « à Paris.... nous vous mandons que la « somme de soixante bancs d'or, que nous « avons receuz comptant de Taque Hemon « gênerai receveur des aides ordennés pour « la guerre... les avons donnés et fait baiJ- « 1er et distribuer... assavoir quarante « francs à certains chapelains et clercs de la « Sainte-Chapelle... lesquels jaucVent <le- « vaut nous le jour de Pasques nagaircs « passé le jeu de la Hésurrection Notre- « Seiunelr, etc., du 5 avril 1390. » (Journal des Savants, 183li, juin, art. de Al. Raynouard sur le Mysl. de saint Crcspin, p. 309, note 2. )
xve siècle, Le mystère de la Résurrection ae Notre- Seigneur est tiré d'un manuscrit de la
Bibliothèque de Sainte-Geneviève à Paris.
Il date du xv' siècle.
Il a été iiHiilionné, pour la première fois, dans la Bibliothèque du théâtre frunçois : ouvrage attribué au duc de La Vallière.
( Dresde, Michel Groell, 1768, in-8°, 3 vol. t. I", p. 30. )
M. Jubinal l'a publié dans ses Mystères inédits du xv' siècle. ( Paris. T'echener, 1837, in-b°, 2 vol., t. 1", p. 312-381.)