I. Le mystère débute par une invocation à la sainte Yierge
Eli royne ei merc clamée Des anges servie cl muée Comme non pareil de value...
Braves gens, écoulez et regardez bien. Dans ce pieux spectacle, dirigé contre Satan, vous allez voir la vraie mère du monde, celle qui sans tache et sans douleur porta le Jusle crucifié, celle de qui voudrait èlre née mule créature, la reine acclamée de la tontine, la mère de la nature, qu'adorent et queservent seuls les anges. Si j'ai bien dii, saluez-la Ions de ce salut sauveur pour nous que Gabriel prononça en lui révélant les volontés de Dieu, et disons à genoux en son honneur un A\e Maria.
In principio... Gènes, c. 1. Dieu a le premier forme le monde, selon les récits delà Genèse, et David, dans ses psaumes a dit: Ipse di.nl el (acla sunl, — Mandtnil cl creuia sunt. Il lit Adam d'un peu de terre, connaissant qu'Adam retournerait à la terre ; il le plaça dans le paradis et (il Eve d'une des rôles d'Adam. Eve fil le mal d'Adam, elle le tourmenta lant pour le fruit défendu qu'Adam eu prit enfin, en mangea; cl celle desobéissance lut pendant cinq mille ans la cause de la chute en enfer de tous les hommes et des meilleurs, de ceux mêmes à qui Dieu avait laissé connaître qu'un jour son Fils les rachèterait.
Je vous en prie de lotit mon cœur, écoulez de bonne volonté mes paroles, car loui ce que je vous dis est traduit du latin en français.
Braves gens, voici de grandes vérités. Aussitôt que le Fils de Dieu eut élu pour mère el pour amie la Yierge dont il naquit, il prit chair dans son sein; c'esl ce que le prophète Jeiémie avait annoncé en ces termes que j'abrège : Malgré la mort de l'homme, la vie s'échappera du milieu des morts, par l'effet delà pitié... L'homme ressuscitera après sa mort, et on le verra vivant dehors du tombeau. Celle prophétie s'appliquait évidemment à noire salut.
Ce prologue se termine par l'annonce des scènes principales du mystère.
IL La première est celle de la Création.
Dieu apparaît et ouvre l'action : « J'ai tout fait déjà autour de moi : le ciel, la terre, la mer immense, les étoiles, le soleil, la lune; j'ai rempli le monde d'animaux, d'oiseaux, de poissons, j'ai donné des noms à toutes choses ; il ne me reste à faire que l'homme et la femme, et mon œuvre sera entière. Faisons l'homme d'abord et ensuite la femme. »
Adam est élendu par terre el caché sous
une couverture. Dieu le fait lever Le
premier homme remercie Dieu et s'endorl. Le Créateur fait lever Eve a son lour, la donne à Adam et les place dans le paradis. Le diable Belgibus conseille à Eve de goûter du fruit défendu, Adam et Eve sont séduits, mais aussitôt le crime commis, le premier homme s'écrie : « Hélas ! hélas ! que m'as-tu fail faire?... Où aller? J'ai offensé
RES
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mon Seigneur, j'en mourrai. Je ne vois que trop mon crime. » Dieu les appelle et les chasse. Adam exprime sa douleur en ces termes étranges : « Doux Jésus-Christ, lu me v lavais dit, mais j'ai méprisé les commandements... Hélas, Sire, ayez |)ilié de moi. » — L'un et l'autre disparaissent en enfer.
III. Le sujet de l'action change brusquemenl. Caïpheet Pilàte t'ont entourer de gardes le saint sépulcre.
IV. Adam, Eve, saint Jean-Baptiste, Noël retenus en enfer, implorent le secours de Jésus. Les démons s'émeuvent de ces cris ; .et déjà le Seigneur, levé « du tombe! », frappe aux porios du noir séjour.
V. Noire-Dame se plaint à saint Jean l'Evangélisle, aux trois Maries, des conditions terribles dans lesquelles s'est accompli le mystère de sa maternité tout ensemble douloureuse et glorieuse. Tous se rendent au saint sépulcre.
• VI. Les gardes du tombeau s'entre-qucrcl-
• enl, se reprochant aux uns les autres d'avoir manqué de vigilance.
VIL Dieu apparaît aux trois Maries. Madelaine s'écrie :
joules u; sanz fain Ire depuis Qu'il le nous :i ainssy chargié Yrons, quant c'est par sou cougié Sa résureceion anunssanl En général cl exaussanl; Ei vous pr,ie que pour l'exellance De sa loeilge, sans cillante, Nous esmovons sans larder plus, Chaulant : Te Dcum luudamtu.
Amen!
Voij. Sainte Geneviève [Manuscrit de).
xve siècle.
U subsiste deux éditions imprimées à la fin du XV' siècle, de deux mystères différents de la Résurrection.
Le premier, de l'édition de i486, porte le nom de Jean Michel qui l'a remanié. Le second esl considéré comme une
(30-2) M. Edcleslaml Duinéril signale comme dramatiqties quatre petits dialogues de la Résurrection, appartenant au xi« siècle, isl conservés dans les manuscrits île l.i Bibliothèque Impériale, uus 909, loi. 21, verso, 1120, fol. 20, verso, 1210, fol. 30, verso, ël Su p'i'menl lutin. n° 181, loi. 179, reclo (Missel de Corbie).
bu sne siècle, bn trouve encore une Résurrection dans nn manuscrit de la bibliothèque de Vienne (Cf. Denis, Codices mamlsvr. tlteologici Btbl. Pulat. Vimlobonensis, l. Il, col. 2100); une autre dans un manuscrit conservé à Eiusiedelu, n° 79. publiée par Moue. (Scltauspiele îles Miiielul.ers, l. Ier, p. 12.)
Le xm« siè> le fournil, outre les pièces ci-publiees, vu office de la Résurrection selon l'usage de l'église canoniale de Dlosler-Neubourg, publié par Vu'rz (OEslerreicli noter Ilerzog Albiechl IV, ï, 11, p. 425-427); un office du Sépulcre, publié par Moue (Schuusp. T. I, p. 15), d'après le nianuscril de la bi- I liotbeque d'Einsiedeln , n° 500, et reproduit par M. Edelesland Dmnénl dans ses Origines latines du théâtre moderne (Paris, 1849, in-8°, p. lOi); un citntique dialogué de la Résurrection. (Cl. Mone, ib., t. Il, p. 19.)
M. l'abbé Desroches, dans son Histoire du mont Sainl-Michel, t. Il, p. 105107, a publié, d'après un manuscrit du xiv siècle, de la bibliothèque d'Avranches, ii° iuler. 14 el exler. 2524, un Office du Sé-
œuvre originale de ce même Jean Michel. L'un et l'autre appartiennent au mystère de la Passion, et n'en sauraient être séparés, quoiqu'ils aient été représentés à part. On trouvera l'analyse du premier, d'après les frères Parfait, au titre de la Passion. M. Louis Puis (Toiles peintes el tapisseries de la ville de lieiins ; Paris, 1843, in-4", 2 vol., t. 1er, p. 585-G03) ii donné aussi l'analyse de ce mystère. Il remarque que ce n'est que la reproduction du récit de l'Evangile, et que le travail est excessivement médiocre, svi' siècle (juifs).
Ônfaisait'copieren 1337a Saint-Pierre d'Isle
le Jeu de la Résurrection, moyennant trois sous (Tabul. S. Pet. insul., dans Du Gange, Gloss. bel, et ined. Int., v° Luttas Christi, édit. Henscheil; Paris, Didot, 1845, iu-l'ol., 6 vol., t. IV. p. 157.).
De Beauchamps (Recherches sur les théâtres de France; Paris, 1733, in-8°, 3 vol., I. I", p. 228) mentionne « la Résurrection de ISotre-Sdtjneur par personnages, par Eloi Constantin, 2 vol. îii-4-° (392). »
Il nous reste, pour compléter cet article, à reproduite le mystère de la Résurrection qui a Jean Michel pour auteur au xv* siècle; nous en empruntons l'anal vse aux frères Parfait, (llist. du théûlr. français ; Paris, 15 vol. in-12, 1735, t. II, p. 512- 532.;