ANNAS
Or ne voy je plus de quoy rire.
t Ils offrent deux cents francs à chacun de ces prêtres, à condition qu'ils ne feront p;\rt de cette nouvelle à personne, et qu'ils .sortiront de Jérusalem. Les prêtres acceptent la condition ; et, en quittant cette ville, ils prennent une route détournée, dans la crainte où ils sont que Cayphas ne les fasse voler sur le grand chemin.
« Les apôtres rassemblés dans le cénacle, attendent le Saint-Esprit avec impatience. « Je croyais, dit saint Jacques Mineur, que « nous le recevrions le dimanche qui a « suivi son Ascension , parce que, à pareil « jour, il a créé la lumière. — Et moi , le « lundi, répond saint Jacques le Majeur, à « cause que ce jour Dieu fit le firmament, et « divisa les eaux. — Je ne l'attendais que « le mardi, parce qu'il créa ce jour-là les « plantes , réplique saint Barthélémy. — « Moi, le mercredi, jour qu'il a formé le Soie leil , ajoute saint Matthieu. — Ou bien « plutôt le jeudi, continue saint Simon, qui » était l'octave de son Ascension.— J'aurais « plutôt cru le vendredi, qui est le jour de « sa Passion , dit saint Jude. — Pour vous « prouver que nos sentiments sont bien « différents, je vous avouerai, reprend saint « Philippe, que je complais fort que nous « recevrions celte grâce hier, attendu que « ce même jour nous allâmes visiter le « tombeau de Jésus le lendemain de sa « mort. »
SA1NCT Tnosus.
Et je suis le poure Thomas, Qui nesçail souldre cesle double; Fors seulement que je me double Qu'il y ail quelque occasion.
« Les apôtres redoublent leurs prières, et la sainte Vierge les console.
(Icy endroit se meelent tous el toutes en Oraison à genolz , c'est assavoir tes femmes d'une jiarl et les hommes de Vautre, en ladicte Maison du Cénacle, laquelle doibteslre dessoubz Paradis.)
« Pendant que les fidèles chantent Veni, sancte Spirilus, etc., le Saint-Esprit descend sur cetle assemblée (416).
«Après avoir remercié le Seigneur, les apôtres composent les douze articles du Symbole que saint Pierre récite en hébreu, en grec et en latin, et saint Jean évangéliste on français. On charge ce dernier d'en fairo
ROB
plusieurs copies lient tous con
ensuite de quoi ils prende la sainte Vierge, et se
séparent pour aller annoncer l'Evangile en plusieurs endroits de la terre. »
ROBERT LE DIABLE.— Robert le Diable est tiré du manuscrit des Miracles de Nostre
(41G) « Icy en droit doitdescendre, ayant brandon de fen artificiellement faicl par eau de vie, el doit visiblement descendre en la maison du Cénacle, sur Noslre-Dame el sur les femmes el aposlres, qui alors iloivcal esirfi assis, et tant comme il descendra, se dx>ii l'aire uiifc tonnerre d'Orgues au Cénacle, et qu'ils
Dame, II" volume, fol. 157, qui roulent quarante mystères, et date du xiv siècle.
Il y est intitulé : De Robert le Dyable, (ili du duc de Normandie.
Il a été éJité en 1836, sous les auspices de M. Edouard Frère, à Rouen, par plusieurs membres de la Société des antiquaires de Normandie, et avec une préface de M. Deville et des notes de M. Paulin Paris.
M. O. Leroy en a donné une analyse dans ses Etudes sur les mystères (Paris, 1837, in-8% p. 104) ; et dans ses Epoques de l'histoire de. France (Paris, 1843, iu-8°, p. 180) ; il a dit, en appréciant le même sujet une seconde fois :
« Nous serions tenté de regarder le héros de notre drame comme le type de l'idéal de tous ces tyrans du moyen âge, sous lesquels l'humanité gémissait trop souvent en vain , mais qu'un éclair d'en haut ou de la chaire évangélique venait arracher à leur vie désastreuse, pour los faire entrer dans la voie de réparation...»
Avant M. Leroy, M. Berger de Xivrey avait donné de l'édition de M. Frère, et du drame lui-même, une notice et une analyse que nous empruntons au Journal général de l'instruction publique, 13 et 20 mars 1836, (p. 310.)
« M. Deville, dans une savante disscrlalion..., a publié des recherches fort curieuses sur l'histoire de Robert le Diable, sur les faits historiques qui en sont la base, et sur les compositions diverses dont elle a élé le sujet... L'auteur du miracle que vient de publier M. Frère, étant du xiv' siècle, a donc traité un sujet très-connu de son temps, et qui paraît avoir joui d'autant de popularité qu'en eurent, dans l'ancienne Grèce, les malheurs des familles de Laïus et d'Alrée. Il ne faut pas plus voir dans le vieux poète français un inventeur, que dans Sophocle et dans Euripide. Ce qui lui appartient, comme à eux, c'est la combinaison dramatique, c'est la manière de concevoir son sujet et de le mettre en œuvre. Dans cette mise en scène se reflètent les mœurs du moyen âge, avec une vérité que fait ressortir... l'intérêt des situations. » (P. 310.)
« Pour peu que l'on soit familiarisé avec notre ancienne langue, celte lecture offre i'entrainementde toute action bien conduite. Joignez à cela quantité de remarques curieuses sur le style, comme, par exemple, la règle du demi-vers qui, terminant chaque couplet, indique toujours la reprise à l'interlocuteur, retour régulier qui donnait probablement à la déclamation théâtrale d'alors une nuance particulière d'harmonie.
« Des archives silencieuses où la lecture exclusive des livres imprimés relègue aujourd'hui les manuscrits, on a extrait si peu de pièces de théâtre, qu'on se demande en
soieni gros tuyaulx bien concors ensemble, cl en doulceur surcliascun d'eulx doit choir une langue de feu ardanl dudicl brandon : et seront xxi en nombre, ci ce faicl, ilz chantent Veni, Creator Spirilus, etc.; Qui paraclytus, etc. i
KOB
l>ICTIONN.\lf\E DES MYSTERES.