‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 947 sur 1429 · SA · texte numérisé non relu

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Les frères Parfait, dans leur Histoire du théâtre français, ont donné une assez longue analyse du mystère rie la Sainte Hostie (Paris, 15 vol. in-12, 1735, t. II, p. 305-377). Ils fixent la date de ce drame à l'an 1U4, s'appuyant sur deux mentions de représentations du mystère cette même année. « Ce mystère, disent-ils, est d'un genre singulier, et o'est la raison pour laquelle nous nous sommes un peu étendus. »

De Beaueliamps (Recherches sur les théâtres de France; Paris, 1735, in-8°, 3 vol., t. J", p. 226), et la Bibliothèque <7>t, théâtre français, ouvrage attribué au duc de La Vallière, (Dresde, 1768. in-8", 3 vol., 1. 1", p. 13), ont mentionné aussi ce mystère.

Négligé par les critiques modernes, il nous a paru assez curieux pour mériter une version complète en français, qui en mît la lecture à la portée de tout le monde.

Il est basé sur un fait qui se passa à Paris, en 1290, et dont parlent en ces termes dom Félihien et dom Lobineau.

« Au commencement du pontificat de Simon Matiphas, arriva dans la rue des Jardins le miracle de l'Eucharistie, devenu depuis si célèbre... »

[Ici le récit du miracle, d'après un monument contemporain, qu'a édité Labbe (Nov. Biblioth., 10, 1, p. 663). Comme le drame ne supprime ni n'ajoute rien, et suit exaclement la légende, nous supprimons la narration des deux Bénédictins; toutefois, il est à remarquer qu'ils ne font nulle mention de la mort de la Femme et que l'acte IV du mystère semble tout à fait original. ]

« Telle est l'histoire de la sainte hostie que l'on conserve encore aujourd'hui dans l'église de Saint-Jean en Grève, où elle est portée en procession tous les ans, le jour de î'Oclave du Saint-Sacrement. Le miracle fit bruit dans les pays étrangers, et Jean Vil lani, auteur du temps, le rapporte dans son histoire de Florence. « Un Bourgeois de Paris, nommé Ramier Flaming baslit au mesme lieu où la chose estoit arrivée, une chapelle qui fut appelée la Chapelle des miracles, en 12'Ji. On la donna ensuite aux frères hospitaliers de la Charité N. D. de Châlonssur-Marne, à la demande de Louis de Joinville, pour y fonder un monastère... »

« Les religieux qui « portaient aussi le nom des Billet tes qui estoit peul-estre celui de la maison du Juif» vendirent, le 2i juillet 1631 leur établissement aux Carmes. Les Bénédictins ajoutent :

« Us (les Cannes) ont conservé la fêle solennelle de la Quasimodo establie par leurs prédécesseurs en mémoire du miracle de la 5ainte hostie, cl montrent encore !e canif

dont le Juif s'esloit servi pour son crime, avec le vase de bois dans lequel l'hostie fut portée au curé de Saint-Jean... » Histoire de la ville de Paris; Paris, in-fol., 5 vol., 1725, t. IX, § 6ï, t. I-, p. 158-'*60.

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