LA FEMME, LE JUIF
LE juif. Par le grand Dieu! il ne vient personne. J'ai vu le temps nù l'on venait de loin pour emprunter mon argent. Ju piètais à tout venant, sur bon gage, à bonne usure. C'est ma manière d'opérer, c'est ma vie, c'est mon travail. Mais aujourd'hui ne viemlra-t-il donc personne pour emprunter?
la femme. Vraiment je suis toute troublée, allons pourtant, et vite; il me faut engager ma robe et emprunter au Juif pour me tirer d'embarras et sorlir de cette misère. [Au Juif.) Jacob, je l'apporte ma robe, piêic-iuoi trente sous que je te rendrai sous peu.
le juif. Avec plaisir, mais lu paieras l'escompte. Voilà trente sons, compte-les. Voyons pourtant la robe. (// la regarde).
la femme. Le compte y est bel et bien. Merci. Votre servante, à une autre fois.
le jlif. Entre nous, je le dirai un petit mol : toutes les fois que lu seras gênée , viens me trouver, apporte-moi dus vases de cuivre ou de l'argenterie ou des objets d'or, du linge, des étoffes ou du bon drap, et lu seras la bienvenue. Sois tranquille , n'aie pas de craintes, quand il y aura de l'argent à gagner, ma porle le sera loujouis ouverte.
la femme. Bien, bien. Jacob, c'est «lit. Je revien-. drai certainement. A une autre fois. Adieu.
le jiif. Adieu, m'auiic.