‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 972 sur 1429 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

LA FEMME, L'HÔTELIER DE SENLIS, l'hÔTE- L1ÈRE.

LA femme. Seriez-vous assez lion pour prendre à voire service, pour Lien peu d'argent, une pauvre malheureuse? Auriez-vous besoin de quelqu'un? Sinon, il ne me reste quà aller plus loin.

l'hôtelier de senlis. Et combien voudriez-vous gagner?

LA MAUVAISE FEMME. Oll ! blCU peu.

l'hôtelière. Encore... Parlez.

la mauvaise femme. Peu m'importe, pour vous être agréable.

l'hôtelier. Voilà une bonne servante , nous ne trouverons jamais mieux, etc., etc.

Les dérèglements de la Mauvaise femme iilliant l'atlcnlion; la voix publique l'accuse d'infanticide, la justice informe, se convainc et condamne la coupable à mort ; la sentence est exécutée, et ce singulier drame, dont nous avons donné de si longs extraits, se termine enfin par un discours du bourreau, dont voici les derniers vers :

Nous priions Jésus, le friiicl de vie, Qui est la vraye et sacrée hostie, Dont e en faicl, tous lesjeudis de l'an, A Paris, en greue, a saincl Jehan, Grand solenipnilé de la saincle hostie; Toute femme grosse est begnie; Aussi sont toutes gens grans et petits ; Jésus nous doint à la lin Paradis ! Amen !

SAPIENCE. — Cette pièce de Hrolsvitha, qui date du x' siècle, est empreinte de traits de mœurs et d'idées du temps où vécut la célèbre religieuse, plus qu'aucun aulre des drames qu'elle nous a laissés. Plusieurs ont été signalés par les critiques qui s'en sont occupés avant nous ; mais le plus grand nombre et les plus importants leur ont échappé. Parmi ces derniers, nous en

(417) « Au lieu du nom d'Hadrien, le manuscrit porte ici le nom de Dioclélien. J'ai pensé qu'il ne fallait voir dans celle variante qu'une faute de copiste, el j'ai rétabli dans l'argument le premier nom qu'on lit dans tout le cours de la pièce. Cependant relie leçon acquiert un certain intérêt, quand on voit dans la dissertation préliminaire îles Bollandisies « qu'on ne sait pas bien si le martyre (les trois sœurs Foy, Espérance et Charité a eu heu à Home on à ISicomédie, ni même si cet événement s'est passé du temps d'Hadrien ou sous le règne de Dioclélien. i (M. Magmn.)

(•118) t Les noms significatifs des principaux acteurs de ce drame m'avaient d'abord induit à croire mie Foy, Espérance et Charité, filles de Stipfence, étaient une pièce allégorique du genre (le nos anciennes moralités , plutôt que l.i mise en action

choisirons quelques-uns des plus curieux. Ainsi, scène VI , l'empereur Hadrien dit à ses soldais : Yenyez mon injure, lout comme parlaient les barbares du v' siècle, établis en Gaule, ou les farouches barons allemands au temps de Hrolsvitha. Dans le cours du drame domine l'idée de l'autorité inviolable : on sent le mot populaire de la Fiance étranger à la société romaine : ah ! si le roi savait! En effet, ce n'est pas l'empereur qui fait le mal; s'il domine des ordres, s'il est cruel, impitoyable, c'est Antiochus qui l'y pousse; le maître suprême reste partout inconscient et non cou; able. — Voy. Hrotsvitha.

SAPIENCE OU FOI, ESPÉRANCE et CHARITÉ.

Argument. — Passion des vierges saintes. Foi, Espérance el Charité, qui, sous les yeux de leur misérable mère Sapience.donl les enlrailles maternelles les invitaient à supporter les tortures, furent soumises par l'empereur Hadrien (417) a divers supplices el périrent. Ouand le martyre fut consommé, la sainte mère recueillit les corps de ses lilles, les embauma el leur douna, à cinq inities de Rome, une honorable sépuluire. Elle-même; au boul de quarante jours, rendit son àuie au ciel auprès de leurs tombes, en prononçant les derniers mots d'une pieusa oraison (418).

PERSONNAGES

antiochus, préfet de Rome espérance , idem.

(419). CHARITÉ, idem.

Hadrien, empereur. matrones romaines,

sapience, princesse greo- soldats et bourreaux",

que. personnages muets.

foi, tille de Sapience.

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